Santideva

Qu'il marche, qu'il soit debout, assis, ou repose, qu'il parle ou fasse silence, il demeure constamment recueilli. Son état de recueillement ne le quitte plus... De corps apaisé, de parole apaisée, de cœur apaisé, par son comportement il donne un témoignage de sa satisfaction en public comme en privé...

Même dans la foule, il reste à part; qu'il gagne ou qu'il perde, il demeure le même, inchangé; il ne cède ni à l'exaltation ni à la dépression. Heureux et malheureux, loué et blâmé, [au cœur] de la gloire et de son contraire, vivant et mort, il demeure le même, il ne varie pas, il ignore exaltation et dépression. Avec ses amis ou ses ennemis, avec ce qui est agréable et ce qui ne l'est pas, avec les êtres nobles comme avec ceux qui ne le sont pas, avec les sons, les formes plaisantes ou non, il reste le même, il ne se montre ni condescendant ni frustré. Et pourquoi? Parce que, pour lui, les choses sont comme vides de caractère propre, dépourvues de réalité, incréées, non produites...


citation(s) / poeme(s) n° 757: Santideva, (VIIe siècle), philosophe et mystique bouddhiste, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

Siksasamuccaya, XII, p. 202-203, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.158

Je travaille dans le but d'édifier pour tous les êtres le royaume de l'incomparable Connaissance. Ce n'est pas à ma propre délivrance que tendent mes initiatives, car ce sont tous les êtres en vérité que je dois sauver du flot du devenir quasi infranchissable, à l'aide de la nef qu'est un cœur omniscient. je dois les tirer du profond ravin des calamités, leur faire traverser le flot du devenir. je dois moi-même mettre fin aux innombrables douleurs des êtres.


citation(s) / poeme(s) n° 732: Santideva, (VIIe siècle), philosophe et mystique bouddhiste, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

(Citation du noble Vajradhvajasutra) dans le Siksasamuccaya, XVI, p. 280-281, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.145

Bien que mes ennemis,la haine,l'attachement et ainsi de suite,n'ont ni armes ni bras ni jambes,ils me font quand même du mal,me torturent et me traitent comme un esclave.


citation(s) / poeme(s) n° 1992: Shantideva [presentation], , , Bouddhisme, Mahayana

Trésor de contemplation, Guéshé Kelsang Gyatso ,éditons tharpa 1994.

Jusqu'aux extrêmes limites de l'endurance, j'éprouverai tous les degrés de la souffrance inhérente aux malheurs que l'on rencontre dans les mondes divers. Et aucun être ne doit être privé des réserves de mes mérites.

"J'ai pris la résolution de demeurer d'innombrables périodes dans chaque destinée douloureuse. Ainsi aiderai-je tous les êtres à se libérer en quelque destinée qu'ils puissent se trouver, dans quelque monde que ce soit. Car mieux vaut que j'éprouve seul les douleurs et que tous les êtres ne soient plongés dans des états douloureux. Dans ces états, parmi les animaux, chez le roi de la mort, dans la jungle des enfers, je me livrerai en otage pour racheter le monde entier. Puissé-je éprouver en mon propre corps la multitude de toutes les douleurs pour le bien de tous les êtres.


citation(s) / poeme(s) n° 425: Santideva, (VIIe siècle), philosophe et mystique bouddhiste, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

(Citation du noble Vajradhvajasutra) dans le Siksasamuccaya, XVI, p. 280-281, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.145

Lorsqu'on adopte l'impression du vide et qu'on s'en imprègne, [celle de l'existence disparaît]. Ensuite, s'exerçant à l'idée de l'universelle inexistence, l'impression du vide elle aussi se trouve éliminée.

Quand on n'appréhende plus une existence que l'on puisse nier, comment alors se présenterait à la pensée la non-existence, démunie qu'elle est désormais de tout support?

Et quand ni existence ni non-existence ne surgissent plus dans la pensée, alors celle-ci, privée d'alternative et dépourvue de point d'appui, s'apaise.


citation(s) / poeme(s) n° 353: Santideva, (VIIe siècle), philosophe et mystique bouddhiste, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

Bodhicaryavatara, IX, 33-35, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.177