Jacques Duboin (1878-1976).

Jacques Duboin est né à Saint Julien en Genevois, le 17 septembre 1878. Son père, magistrat issu d'une longue lignée de magistrats, ayant une conception de l'éducation dont la sévérité est impensable de nos jours, envoya ses deux fils, encore adolescents, deux ans pensionnaires dans un internat de Königfeld, en Allemagne, puis deux ans en Angleterre, à Londres d'abord, puis à Oxford. Jacques Duboin en rapporta le souvenir de cruels "bizuthages", une parfaite connaissance des règles du cricket et un diplôme "avec distinction en Français". Il revint en France pour passer, la même année, la première partie du baccalauréat dit de "rhétorique", puis à la rentrée, la seconde partie, dite alors "philosophie-mathématiques". Après quoi il commença son Droit à Lyon et le termina à Paris. C'est vers la carrière diplomatique qu'il s'orienta d'abord. Mais le stage d'attaché commercial qu'il fit à New-York le déçut, et il abandonna la carrière pour partir à l'aventure au Canada, pays dont les immenses possibilités, au début du XXème siècle, offraient tout ce qu'un esprit créateur, courageux et entreprenant comme le sien pouvait souhaiter.

Bien que réformé "pour faiblesse de constitution", il ne rencontra pas la moindre difficulté quand il se proposa, le 2 aôut 1914, engagé volontaire comme simple soldat. "Monté" trois fois à Verdun, il en revînt avec une blessure, la croix de guerre avec deux citations et le grade de capitaine. Mais aussi avec le souvenir de telles horreurs qu'il refusa toujours ensuite de parler de ses exploits. Il racontait plus volontiers des anecdotes sur les grands de ce monde, qu'il cotoya ensuite. D'abord lors de la période qu'il passa au Grand Quartier Général des Forces Alliées, à Chantilly, où, en raison de ses compétences, il fut nommé pour servir d'interprète entre les alliés. Ensuite aux côtés du Général Estienne, surnommé le "père des chars", à qui il vouait une profonde estime. Et enfin lorsqu'il participa à la Conférence de la Paix, à Versailles, en 1919, comme secrétaire de Clemenceau.
Démobilisé, il commença une carrière politique. D'abord comme conseiller général du canton de Chamonix (qu'il fit transformer en "Chamonix-Mont -Blanc"), puis comme député de la Haute Savoie, de Février 1921 jusqu'en avril 1928. La Chambre des Députés, au lendemain de la guerre, était confrontée à de graves problèmes. D'abord il fallait tout faire pour éviter une nouvelle guerre, et tirer pour cela les leçons de celle qui venait de s'achever. C'est à cette occasion qu'on trouve le premier exemple de la portée que Jacques Duboin savait tirer de son expérience pour, par la seule logique de ses déductions, voir venir l'avenir et comprendre comment s'y préparer : le 14 mars 1922, il interpella publiquement, à la Chambre des Députés, le Ministre de la Guerre, pour le convaincre qu'il fallait procéder à la motorisation l'armée. Dans ce discours, publié au Journal Officiel n°30 du 15 mars 1922, et que l'on retouvera dans les Pages d'anthologie ci-a après, il dit : Vous m'avez demandé ce qu'était une armée moderne. Je vais essayer de vous en donner une définition. Une armée moderne, c'est une armée qui se reconnait à l'odorat : elle sent le pétrole et ne sent pas le crottin. A quoi le Rapporteur général répliqua : Les idées exposées par notre collègue Duboin méritent d'être écoutées. Il peut apparaître ici peut-être comme un précurseur, mais ce sera le seul reproche que l'on pourra lui adresser. En fait, il ne fut pas suivi. S'il l'avait été, c'est la défaite de 1940 qui était évitée. Malheureusement, son discours ne fut découvert que plusieurs années plus tard, à l'école militaire, par un militaire de carrière, le colonel de Gaulle, qui le reprit à son compte en publiant son livre Pour une armée de métier. Il était alors trop tard et la catastrophe eut lieu...

Malgré cette remarquable intervention, le souci primordial de Jacques Duboin n'a jamais été l'armée, mais l'économie de la société. Or l'autre problème grave de l'après-guerre était évidemment dù au fait qu'une dizaine de départements français avaient été détruits. Il fallait les reconstruire et cela rencontrait de grosses difficultés de financement. On avait beau dire "L'Allemagne paiera", l'Allemagne n'avait pas les moyens de payer. Et le problème des dettes interalliées était aussi insurmontable. Pourtant la France se croyait riche, puisqu'elle avait émis 35 milliards de nouveaux billets de banque, 60 milliards de bons du Trésor ou de la Défense, et qu'il y avait des milliards en comptes courants dans les banques. Il semblait donc que la fortune de la France avait doublé, triplé, et plus encore. Jacques Duboin, qui sait de quoi il parle puisqu'il vient de créer une banque avec deux associés, explique alors dans ses Réflexions d'un Français moyen (1925) que tout cette fortune n'est qu'apparence. Billets de banque et autres signes monétaires n'ont que l'apparence de la richesse, parce que l'étalon de valeur a varié : on ne saurait mesurer des longueurs avec un mètre élastique ! C'est toute la question de la valeur du Franc qui est soulevée, celle de sa dévaluation de fait, qui doit, explique alors J.Duboin, être suivie de sa dévaluation officielle.

Ces réflexions attirent l'attention, au point qu'Aristide Briand, Président du Conseil des Ministres (le Premier Ministre d'alors) fait appel à lui et le nomme Secrétaire d'état au Trésor, aux côtés de Joseph Caillaux, Ministre des Finances. Mais les gouvernements d'alors n'ont qu'un temps, très court, et Edouard Herriot, alors Président de la Chambre, descend de son "perchoir" pour inciter, ce qui ne s'était jamais vu, les députés à faire tomber un gouvernement qui proposait une dévaluation que lui-même ne voulait pas. Peu aprés, c'est Raymond Poincaré qui fit la dévaluation, car elle était inévitable.

Ces expériences suffisent à décourager Jacques Duboin de faire de la politique. Mais pas de penser. Il publie en 1931 Nous faisons fausse route, ouvrage dans lequel il constate que les progrès techniques font plus que changer les méthodes de guerre, ils en bouleversent le sens. Pourquoi faire une guerre? Pour en tirer un tribut? Il n'en est plus question, c'est inutile. Pour dévaster des richesses? Mais cela n'enrichit pas le vainqueur et ne détruit pas le potentiel économique car celui-ci dépend des richesses naturelles, qui sont vite reconstituées, et de l'activité laborieuse des habitants. Un pays pousserait-il la barbarie jusqu'à exterminer la population elle-même? Mais alors ce sont des clients éventuels qu'il détruirait et ce sont ses propres industriels et commerçants qui en subiraient les conséquences !

Il fait remarquer qu'en moins de douze ans, non seulement les régions dévastées par la guerre ont été reconstituées, mais que la France a acquis une capacité de production très supérieure à celle qu'elle avait avant-guerre. Il y a eu, en définitive, une accélaration du progrès technique, qui se traduit par une augmentation sans précédent du potentiel de production. Après la relève des troupes au front, il faut constater qu'il s'agit maintenant de La grande Relève de l'homme par la machine. Ce titre, publié en 1932, résume le point de départ de toute ses réflexions et de toutes les propositions qui vont en découler. Il vient de se produire un bouleversement des rapports de l'homme à son économie, mais, hélas, l'humanité n'en a pas encore perçu toute la portée, de sorte que là où la machine, ou la science, rend inutile le labeur de l'homme, celui-ci est mis à la porte, et c'est le chômage qui en découle et qui s'étend, ce sont des millions et des millions de chômeurs qui se retrouvent dans la misère la plus noire. Ce qu'on appelle la crise (1934), explique-t-il, n'est pas à proprement parler une crise, en ce sens que les choses ne redeviendront plus jamais comme elles étaient avant : il s'agit d'un tournant dans l'histoire de l'humanité, d'une véritable mutation, d'un changement de civilisation, c'est La grande révolution qui vient (1934) et qui voit l'homme capable de produire désormais ce dont il a besoin pour vivre sans être pour cela condamné à travailler à la sueur de son front, tout son temps, toute sa vie. Une ére nouvelle vient de s'ouvrir, au cours de laquelle l'homme pourra s'épanouir, se consacrer à loisir à d'autres activités que celles de produire. Mais il ne sait pas s'y adapter. Les moyens de production sont devenus tels que la France, comme les autres pays industrialisés, regorge de richesses, mais de plus en plus de chômeurs sont privés de tout pouvoir d'achat. C'est La misère dans l'abondance, sous-titre d'un ouvrage publié dès 1934, qui conte l'histoire de Kou l'ahuri personnage imaginaire ainsi nommé parce que venu visiter la France pour comprendre les causes de la crise il est stupéfait de trouver un pays si riche mais où tant de gens n'ont rien pour vivre.

Ce livre plein d'humour, réédité en 1935, est une véritable caricature de la pensée économique. Resté oublié jusqu'à une nouvelle réédition en 1982, il a inspiré une remarquable pièce de théâtre, mise en scène en Belgique par Christine Delmotte, qui a montré, hélas, qu'il n'a, incontestablement, rien perdu de son actualité. La scène dans laquelle Kou est introduit dans l'abbaye de Sainte économie et assiste aux dévotions que les économistes rendent à St Jean-Baptiste Say, dans un local fermé sur l'extérieur, afin qu'aucune nouvelle ne vienne contredire leur enseignement, est un chef d'Ïuvre du genre. Citons aussi la dernière phrase du livre : à la derniére feuille (laissée par Kou) était épinglée une convocation de la Préfecture de Police, service des étrangers. Il est à présumer que la carte de séjour de Kou ne lui a pas été renouvelée. Et c'est écrit en 1934 ! Ce livre contient en annexe des déclarations de responsables politiques, relevées entre 1920 et 1934, qui tous jurent qu'ils vont rétablir l'équilibre budgétaire. On est stupéfait de s'apercevoir ainsi que c'est, presque mot pour mot, ce qu'on entend encore aujourd'hui : en trois quarts de siècle les promesses n'ont pas évolué, les politiciens en sont au même point.

Que faire pour que les prodigieux progrés accomplis par la science et les technologies se traduisent par un véritable progrés social? Cette question sera désormais la préoccupation essentielle de Jacques Duboin. Il y consacrera toute sa réflexion, toute son activité en y mettant tout son talent et toute son énergie jusqu'à la fin de sa vie, c'est-à-dire pendant encore quarante ans après la première édition de Kou.
Il constate d'abord que tous les gouvernement font exactement tout ce qu'il ne faut pas faire, à savoir : freiner la production de richesses, pour la simple raison que l'abondance tue le profit. Et c'est ainsi qu'il part en guerre contre les destructions massives de produits agricoles, qualifiées d'excédentaires non pas parce que personne n'en a besoin, bien au contraire, car la misère s'étend, mais parce qu'elles ne trouvent pas de clients solvables. plutôt que d'en baisser les prix, on préfère détruire pour rendre plus rares les produits mis en vente, ce qui permet d'en maintenir les cours. Pour dénoncer ces absurdités, en montrer le côté véritablement criminel, pour inciter les gens à réfléchir sur la façon dont tout le monde pourrait profiter du progrés accomplis dans les techniques de production, Jacques Duboin crée en 1934 une association-loi 1901 qu'il appelle Le Droit au travail et au progrès social puis il crée un journal La Grande Relève des hommes par la Science dont le titre est inspiré du livre qu'il a publié trois ans plus tôt. Il s'entoure ainsi d'un grand nombre de collaborateurs dévoués et de militants actifs qu'il stimule par son propre exemple. Car non seulement il assure régulièrement l'éditorial du journal, mais il multiplie les conférences au cours desquelles il expose avec brio ses réflexions, les soumet aux débats avec un public très varié, en France, en Belgique, au Maroc, etc., ce qui lui permet dans le même temps de peaufiner ses expressions et de trouver les formules qui frappent. Il en résulte plus d'une dizaine de livres, aux textes longuement travaillés et retravaillés sans cesse. Certaines pages auront été "tapées" dix fois, quinze fois de suite au besoin, par une compagne dévouée qu'aucun effort ne rebute non plus.

Dans les deux volumes de En route vers l'abondance, publié en 1936, six lettres sont adressées à un cultivateur, à qui Jacques Duboin explique :
"Dis-toi qu'il n'y a plus place aujourd'hui dans tous les grands pays modernes, que pour deux partis politiques, celui des partisans de l'abondance et celui des bénéficiaires de la rareté. Les partisans de l'abondance proclament que l'homme est né pour vivre et qu'il doit travailler dans la mesure où c'est encore nécessaire. Ils réclament donc leur part de travail, leur part de loisir, leur part dans la richesse produite grâce au patrimoine scientifique qui nous appartient à tous indistinctement. Les partisans de l'abondance ne parleront jamais de surproduction tant qu'il y aura des être humains qui manqueront du nécessaire. Les bénéficiaires de la rareté veulent artificiellement recreér de la rareté qui permet le profit..."

Le combat de Jacques Duboin et de ses compagnons se concentre sur les destructions de richesses, de vivres et d'outillages, dont ils dénoncent l'absurdité, jusqu'à intenter un procés contre l'Etat, destructeur de ces richesses avec l'argent des contribuables et dans le seul but de soutenir les prix. A cette époque, on n'avait pas encore mis au point la production à flux tendus, mais si certaines méthodes ont changé, on en est toujours à adapter la production à la seule demande solvable, au mépris de tous ceux à qui la production ne distribue pas de pouvoir d'achat parce qu'elle n'a plus besoin d'eux.

Lettre à tout le monde sur la Nature des Réformes Nécessaires (1938) est un recueil de billets publiés en 1936 et 1937 dans l'Ïuvre ou dans La Grande Relève. Dans son introduction, on sent que Jacques Duboin voit venir le conflit mondial : Si vous pensez que le moment approche où les gens exaspérés vont se jeter les uns sur les autres... essayons de nous comprendre. Alors il entreprend d'expliquer le sens et la raison des changements nécessaires : il décrit pour cela l'économie d'autrefois comme celle où chaque producteur, spécialisé dans quelque travail, l'accomplissait avec ses outils, puis échangeait sa production contre de l'argent, et enfin, échangeait cet argent contre le produit réalisé par un autre.
" Mais voici l'économie d'aujourd'hui. Grâce aux progrès de la technique, les hommes ont construit un puissant outillage, actionné par des forces extra-humaines, qui crée abondamment les richesses dont tous les hommes ont besoin...Tous les travailleurs d'autrefois ne sont plus nécessaires et une partie seulement d'entre eux trouve un emploi dans le secteur moderne de la production. Cependant on conserve stupidement la loi de l'échange...Les économistes orthodoxes ont fait croire qu'il ne s'agissait que d'une crise passagère. Il suffirait d'avoir confiance et de prendre patience... Qui ne voit qu'une seule solution est possible ? Elle consiste : 1° à faire fonctionner l'outillage, de façon à ce qu'il fabrique au maximum les produits, 2° à ce que tous les travailleurs sans exception, passent à tour de rôle dans le secteur de la production; ils accomplieront ainsi un service social qui assurera la perennité de la production et dont la durée diminuera au fur et à mesure des nouveaux progrès de la technique; 3° à gager la monnaie non plus sur l'or, mais sur la production annuelle elle-même; cette monnaie, dont la valeur disparaîtra avec la production qui lui sert de gage, sera répartie entre tous les consommateurs...Tel est le sens des réformes de structure imposées par les perfectionnements de l'équipement économique."
Et J.Duboin passe au crible du bon sens toutes les absurdités entreprises pour essayer de résoudre les problèmes du chômage et de la misère, tout en expliquant, à chaque occasion, pourquoi il n'y a pas moyen d'en sortir sans changer le système économique lui-même, ce qu'aucun homme politique ne peut se résoudre à entreprendre. Il aborde ainsi, au fil d'une chronique vivante et qui paraît, hélas, toujours aussi actuelle, les problèmes des rapports entre électeurs et élus (au passage, il souligne la nécessité du vote des femmes), la relation entre la crise et l'équilibre budgétaire, dont il montre qu'il est devenu irréalisable, la répartition des matières premières dans le monde, etc. et il fait une collection de perles montrant les contradictions de notre temps. Au passage, il analyse aussi bien l'action du Front Populaire en France que le New Deal de Roosevelt aux Etats-Unis.
"Les hommes ne veulent pas comprendre que la science, en les relevant de leur labeur, leur apporte des produits et des loisirs. Les produits, ils les détruisent. Les loisirs, ils en font de la misère."
Voici un extrait de l'avant-propos de la seconde édition de Libération: Ce livre a été écrit en 1936. A cette époque pas plus qu'aujourd'hui, le public ne discernait clairement le sens ni ne soupçonnait la portée de ce que les économistes distingués appelaient la crise. Il s'agissait de lui expliquer que les troubles économiques et sociaux dont le monde était le théâtre, provenaient des transformations immenses que les nouvelles méthodes de production , issues du machinisme, provoquaient dans l'existence des hommes. Depuis que l'humanité avait fait la conquête des forces élémentaires de la nature, elle réussissait à les mettre à son service, dans des proportions si gigantesques , que la machine, bientôt, libèrerait l'homme de son labeur millénaire. Nous étions impliqués dans une révolution comme le monde n'en avait jamais connu : c'est un nouvel âge de l'humanité qui commence, celui de l'abondance et des loisirs. Mais de considérables réformes de structures s'imposaient, sinon les pays supérieurement équipés glissaient infailliblement à la misère et à la guerre ... Dédaigneusement, les économistes classiques haussèrent les épaules. Et l'excédent d'énergie créa une abondance d'armements, pour lesquels il ne restait plus qu'à trouver des débouchés...
"Les progrès du machinisme se sont précipités pendant la guerre à une cadence plus rapide encore qu'en temps de paix. On remplaçait les hommes mobilisés par de nouvelles machines et personne ne craignait plus de surproduire puisque l'ennemi se chargeait de tout détruire. Les moyens de production sont donc plus puissants que jamais et si l'on s'obstine à conserver notre mode de distribution des biens de consommation, les cohortes de sans-travail seront plus nombreuses qu'elles n'ont jamais été. Et le chômage des travailleurs entraînera celui des patrons. Le monde retombera dans une misère stupide."

Un article publié par Bernard Kapp dans le supplément Economie du Monde du 22 juin 1999 rappelle l'actualité des thèses de Jacques Duboin : http://perso.wanadoo.fr/grande.releve/J_Duboin.html
Nous glissons au fascisme (Extraits) par Jacques Duboin : http://perso.wanadoo.fr/grande.releve/Pages_anthologie.html
Jacques Duboin, le dernier des utopistes : http://www.yhad.org/yhad_eco/comprendre/precurseurs/7-duboin1.htm
La monnaie distributive : http://www.globenet.org/transversales/generique/58/dist.html