Naissance de l'écologie profonde.

La subversion écologique est née dans la nation la plus avancée dans le processus d'industrialisation de la planète, plus exactement en Californie, là où l'aventure conquérante de la civilisation judéo-chrétienne occidentale ne pouvait que s'arrêter. En effet, l'énergie et la soif de conquête de terres nouvelles, transmise d'une génération à l'autre depuis les premiers pas de l'homme blanc sur le continent américain, tombaient là sur un mur infranchissable... le mur du Pacifique. Le berceau historique de la conscience écologique moderne est donc la contre culture californienne des années 60. Cette nouvelle pensée écologique reste encore largement ignorée de la francophonie, si fortement marquée par la tradition cartésienne. Le principal courant de pensée qui cherche à redéfinir nos relations avec la nature, avec la biosphère GAÏA, la "planète vivante " dont nous faisons partie au même titre que des millions d'autres espèces, se reconnaît de nos jours dans l'expression lancée en 73 par le Norvégien Arne Naess de "depp ecology". L'écologie profonde est, entre autres, une critique de la civilisation occidentale, de son illusion technicienne, scientiste, réductionniste et mécaniste.

Le vieux chef indien Lakota -- Luther Standing Bear.

C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement... Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le cœur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Pourtant, prenez garde, murmure-t-il de sa tombe : chaque fois que nous portons atteinte à la nature, nous nous amputons d'un morceau de notre propre chair. La terre n'appartient pas aux êtres humains, ces forêts, ces champs, cette vie et bien d'autres choses encore, ne sont pas nos propriétés.