Thomas-Robert Malthus, 1766-1834

Économiste britannique (près de Dorking, Surrey, 1766 - Claverton, près de Bath, 1834). Fils d'un gentilhomme ami de Jean-Jacques Rousseau et de Hume, il est ordonné pasteur anglican en 1788. Préoccupé par le nombre important de pauvres dans la société anglaise de la fin du XVIIIe siècle, il estime que la cause essentielle de cette situation réside dans le fait que la population croît plus vite que la production. Dans cet esprit, il publie anonymement, en 1798, un Essai sur le principe de population, qui a immédiatement un grand retentissement. En 1805, il est nommé professeur d'histoire et d'économie politique au collège d'Haileybury, près de Hertford. Il a publié également De la nature et du progrès du revenu (1815), Principes d'économie politique (1820), Définitions en économie politique (1827).

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MALTHUSIANISME : Doctrine héritée de l'économiste et pasteur anglais Robert Malthus (1766-1834). Malthus avait développé l'idée, en particulier dans "l'Essai sur le principe de population", qu'il existait un écart croissant entre une population qui augmente en progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16,...) et des ressources, notamment alimentaires, augmentant moins vite, en progression arithmétique (1,2,3,4,5,...). Cette "loi" de la population de Malthus résulte en fait d'une observation très partielle : à une époque où la chute de la mortalité avait précédé celle de la natalité, la croissance démographique avait été temporairement très rapide. Malthus propose alors diverses recettes pour éviter cet écart excessif entre population et subsistances, en particulier diverses vertus morales et le mariage tardif, pour freiner la croissance démographique.

Par extension, on entend aujourd'hui par malthusianisme deux types de propositions:
- au sens étroit, toute politique visant à restreindre la natalité; le malthusianisme vise donc l'ensemble des mesures anti-natalistes;
- au sens large, toute mesure artificielle de limitation de la production - ce qui est paradoxal avec la pensée de Malthus. Le malthusianisme vise alors tout ce qui freine le dynamisme de l'économie : les atteintes à la concurrence, les professions fermées, ce qui a pour effet de freiner la croissance économique et de pénaliser le consommateur.

L'étude des divers obstacles à la croissance économique en France montre d'ailleurs qu'il s'agit le plus souvent d'obstacles réglementaires et institutionnels : ce sont les positions dominantes, les privilèges administratifs ou corporatifs, qui freinent le dynamisme des entreprises et paralysent peu à peu la vie économique.

MALTHUS Thomas Robert (Rookey, près de Dorking, Surrey, 13 février 1766 - Bath, Somerset, 23 décembre 1834)
Pasteur anglican et économiste,Malthus est le fils d’un petit propriétaire campagnard qui le destine à l’Eglise. Il fait ses études au collège de Jésus à Cambridge et y passe son diplôme en 1788. Entrée dans les ordres en 1797, il est chargé d’une cure près d’Albury. La lecture d’Adam Smith et de Hume l’attire de bonne heure vers l’économie politique. En 1796, il écrit un essai sur la crise que subit l’Angleterre, mais il ne le publie pas. En 1798, paraît, sans nom d’auteur, son Essai sur le principe de population, qui connaît un immense succès et déclenche de nombreuses polémiques. Malthus entreprend alors d’approfondir ses recherches grâce à un champ d’expériences plus vaste que l’Angleterre et fait un long voyage sur le continent, visitant le Danemark, la Suède et la Russie. En 1803, il donne une nouvelle édition, très augmentée, de son Essai et le signe de son nom. Le retentissement est considérable et, grâce à la protection de William Pitt, Malthus est nommé professeur à Haylebury, au collège qui vient d’y être fondé pour les agents de la Compagnie des Indes (1805). Il compose d’autres ouvrages, notamment des Principes d’économie politique et les Définitions, mais c’est surtout l’Essai qui le rendi célèbre. Contre les réformateurs « moraux » qui attribuent au gouvernement la responsabilité des maux de la société, Malthus veut démontrer que ceux-ci viennent en réalité de lois naturelles et inéluctables. Parmi ces lois, la plus importante est la loi de la population, dont il propose une formulation mathématique : « Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle double tous les 25 ans et croît, de période en période, selon une proportion géométrique ». Mais « les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique ». L’équilibre, selon Malthus, n’est rétabli que par les obstacles répressifs et par la « contrainte morale » (prévoyance intellectuelle et morale) qui limite les naissances. Malthus n’a jamais préconisé la limitation volontaire des naissances par des procédés déterminés et c’est bien à tort qu’on a baptisé de « malthusiennes » certaines pratiques qu’il aurait sans doute condamnées. Il étudia également le rôle de la monnaie, de l’épargne et des investissements. Bibliographie : Petersen W., Malthus, le premier anti-malthusien, traduit de l’anglais, 1980.

http://www.acfas.ca/congres/congres66/coll420.htm
Thomas R. Malthus et son Essai sur le principe de population, 200 ans plus tard.

http://www.libres.org/francais/actualite/archives/actualit%E9_1202/malthus_a50.htm
MALTHUS PAS MORT