Le nucléaire dans tous ses états


Des chiffres... qui parlent !

5 ans d'efforts des Nations Unies pour sauver les forêts tropicales = 18 jours de dépenses militaires du Japon.

Plus de 1 milliard d'individus vit avec moins de 1 dollar par jour

chaque habitant des Etats-Unis dépense 3,5 dollars chaque jour pour la défense de son pays.

Le budget pour réinsérer des milliers de miliciens après la guerre du Congo = Le budget de la Direction des Chantiers Navals (DCN) pour rallonger la piste d'envol du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle.

Le budget annuel du programme annuel des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) = 300 jours de navigation d'un sous-marin nucléaire français.

Un jour d'opération " Tempête du Désert " contre l'Irak = 5 années de fonctionnement de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Vous avez dit " dissuasion " ?
Les événements du 11 septembre 2001 ont éclaboussé ceux qui prétendent depuis belle lurette que l'aventure nucléaire est un long fleuve tranquille. Avec ou sans essais indien, pakistanais, avec ou sans fantasmes sur la bombe iranienne ou irakienne, tous les prétextes sont bons pour accélérer le débat sur la finalité originelle de l'arme atomique : son utilité sur le champ de bataille. Les tensions actuelles entre les nouveaux venus au sein du Club Nucléaire, en l'occurrence l'Inde et le Pakistan, risquent bientôt d'enterrer le mythe de l'arme nucléaire, " arme de non-emploi ". Il s'agit là d'un débat refoulé depuis Hiroshima et Nagasaki… Vous avez dit " dissuasion " ?
Le nucléaire n'est pas seulement une centrale ou une arme,
ou encore la combinaison des deux ; non, c'est d'abord une manière de penser.
Depuis le projet Manhattan, les aventures nucléaires se caractérisent par leur aspect irrationnel ; d'ailleurs, tous les scientifiques qui ont abandonné leurs recherches évoquent leur " conversion ".
Il ne s'agit pas seulement de désarmer les marchés. La lutte contre la globalisation/mondialisation libérale passe inévitablement par une analyse de la répartition internationale de la menace de mort. Cette menace est d'abord nucléaire.
Jusqu'à nouvel ordre, nouvel ordre mondial compris, ce sont les armes nucléaires - avec les vecteurs appropriés, missiles ou sous-marins - (et non pas les armes chimiques et biologiques) qui déterminent la hiérarchie des États sur l'échiquier international.

Chapitre 1 : Guerres et Paix, la confusion des genres

Chapitre 2 : L'arme nucléaire, une arme pas comme les autres

Chapitre 3 : Les bluffs de la diplomatie atomique

Chapitre 4 : Les guerres inavouées

Chapitre 5 : La prolifération, une spécialité occidentale

Chapitre 6 : La fabrication de l'ennemi

Chapitre 7 : CONCLUSIONS De la militarisation des marchés

ANNEXES

PARIS Juin 2002

À L.,

Mes remerciements vont à Sarah et Marie qui m'ont donné le devoir d'expliquer. Ils vont aussi à Prune qui a pris la peine de tout relire pour rendre cette prose moins indigeste. Ils vont à celles et ceux qui m'ont ouvert les yeux, ont nourri ma réflexion au fil des années et ont soutenu cette démarche.