Les sources bouddhiques sur la vie du Bouddha (et ses vies antérieures) sont surabondantes. En Inde, on a moins quailleurs le sens de lhistoire. Les textes bouddhiques nont pas pour visée principale décrire lhistoire historique du Bouddha, au sens où nous lentendons aujourdhui. Lexistence du Bouddha, telle que nous la présentent les sources bouddhiques palies est profondément mythologisée. Il nest pas facile de démêler lhistorique du mythologique. Rappelons quen histoire des religions le mythe nest pas une fable, mais un récit qui a trait aux origines, ce qui sapplique particulièrement bien ici.
Ainsi les sources bouddhiques nous affirment-elles que le futur Bouddha, le Bodhisattva, a choisi pour son incarnation Shuddodhana et Mâyâ comme parents. Ce qui veut dire que le Bouddha a eu la pleine maîtrise de son destin.
Cest aussi un discours sur la préexistence du Bouddha. Car le Bouddha, pour le bouddhisme, a eu, comme chacun dentre nous, de multiples incarnations antérieures.
Les naissances antérieures du Bouddha
Les Jâtaka
Les Jâtaka sont un texte assez tardif (rédaction finale au + 5ème S.), mais dont la tradition est assez ancienne. Ce texte classique, assigne au Bouddha 557 naissances antérieures (en fait la série des naissances antérieures du Bouddha est infinie, mais pour des raisons de commodité évidente, on sen tient à 557 naissances antérieures )
Ces biographies soccupent en détail des existences antérieures du Bouddha, où il jeta les fondements karmiques de sa montée progessive vers la bouddhéité. Comme on ne peut remonter indéfiniment le cours du temps; l'hagiographie se borne donc à remonter dans les naissances antérieures du Bouddha seulement jusqu'au moment où le Bodhisattva (futur Bouddha) prit la décision, aux pieds du Bouddha Dîpankara, de devenir à son tour un Bouddha. Cela prit, nous disent les textes traditionnels, 4 asamkyeya. Un asamkhyeya étant une période de temps incommensurable: si une montagne en fer était touché une fois par siècle par une étoffe de mousseline, cette montagne serait érodée avant qu'un asamkhyeya n'arrive à son terme.
Dans le livre des Jâtaka, on nous présente 557 récits où le Boddhisattva agit en tant que poisson, grenouille, pigeon, perroquet, cygne, faisan, paon, singe, gazelle, lion, chacal, porc, lièvre, serpent, candâla, voleur, matelot, artisan, coiffeur, commerçant, fils de roi, ministre, prêtre et ascète, et en tant que divinité hindoue (Indra, Brahmâ), son principe karmique passant de vie en vie.
Le livre des Jâtaka comprend trois parties:
La première partie traite de la maturation progressive du Bodhisattva
de son existence en tant que Sumedha jusqu'à son existence en tant que
Vishvantara, et sa renaissance finale dans le ciel de Tushita.
La deuxième partie traite de la vie de Gautama Buddha (le Bouddha historique)
jusqu'à son Eveil.
La troisième partie traite des détails de la vie du Bouddha en
tant que Bouddha.
Sumedha
Il y a quatre asamkhyeya et des centaines de milliers d'ères cosmiques (une ère cosmique vaut plusieurs milliards d'années), il y avait une ville nommée Amaravatî. Là habitait un brahmane nommé Sumedha, d'ascendance noble du côté paternel comme du côté maternel, beau et affable. Il se consacrait uniquement à la théologie (la science du Brahman). Lorsque, après la mort de ses parents, il hérita d'un grand patrimoine, il fit don de ses trésors, renonça au monde et devin un ermite dans l'Himalaya. Là, il parvint à la connaissance supérieure.
Alors qu'il survolait la ville de Ramanaka, il vit comment les habitants décoraient la ville pour recevoir dignement le Bouddha (de l'époque) Dîpankara. Il formula alors la pensée suivante: "Il ne convient pas que le Bienheureux marche dans la saleté de la rue". Il défit alors ses cheveux, déploya son habit et se coucha par terre. En lui alors apparut le souhait de devenir lui-même un jour un Bouddha et de n'entrer dans le nirvâna qu'après avoir sauvé beaucoup d'êtres de l'océan des existences.
Lorsque Dîpankara arriva, il marcha sur la tête de l'ascète Sumedha et le vit couché dans la saleté. Il reconnut "cet ascète ambitionne la bouddhéité". Et il annonça: "Dans 4 asamkyeya et 100 ères cosmiques naîtra un Bouddha nommé Gautama". Lorsque Sumedha entendit cette promesse, il fut rempli de joie, et les gens qui avaient entendu la parole de Dîpankara dirent: " En vérité, l'ascète Sumedha est la semence et le germe d'un futur Bouddha".
Vishvantara
La dernière incarnation humaine du Bodhisattva avant de devenir Gautama fut Vishvantara, fils de roi, qui avait fait vu de ne jamais refuser une demande. Quand il mourut, il renaquit parmi les dieux du ciel de Tushita.
Lorsque le temps fut arrivé, où un nouveau Bouddha devait apparaître, les dieux des 10.000 systèmes cosmiques se rassemblèrent et s'adressèrent au futur Bouddha: " Vénérable, vous avez pratiqué les dix perfections, ne les pratiquez pas pour atteindre le rang d'un Indra, d'un Mâra, d'un Brahmâ ou d'un souverain universel, mais dans l'effort vers l'omniscience d'un bouddha, pour vaincre le monde. Maintenant le temps de la bouddhéité est venu ! "
Alors le Bodhisattva observa le monde pour trouver le temps convenable, le continent convenable, le pays convenable, la famille convenable, la mère convenable pour sa dernière incarnation.
Le Bodhisattva choisit une période cosmique où la vie de l'homme
dure jusqu'à 100 ans, car dans les périodes cosmiques où
la vie dure 100.000 ans, les gens ne sont pas exagérément préoccupés
par les problèmes de la naissance, du vieillissement et de la mort.
Le Boddhisattva choisit la terre.
Et sur la planète terre, l'Inde du Nord, car c'est là que sont
apparus tous les Bouddhas.
Il choisit la caste des princes (kshatriya), car c'est elle qui était
à l'époque la plus honorée.
Il choisit pour mère Mâyâ, parce que durant ses existences
antérieures, elle avait, durant 100.000 périodes cosmiques, mené
une vie conforme aux lois morales.
Puis le Bodhisattva prit congé des divinités du ciel Tushita.
Le récit de la naissance
Selon Majjhima-Nikâya 123 (III p. 123, Pali Text Society), lorsque le Bodhisattva quitta la communauté des dieux au ciel Tushita et quil entra dans le sein de sa mère (sous la forme dun éléphant blanc, disent certains textes), alors apparut une lumière brillante, plus brillante encore que la splendeur des dieux.