Des Milliards pour les Banquiers

L'économie triomphante à visage découvert (lien externe)
Les Banquiers créent l'argent. Les Banques entassent des milliards (lien externe)
Des Milliards pour les Banquiers. Des Dettes Pour Le Peuple

Transparency International - Suisse (TI-Suisse) (lien externe) est la section suisse de TI. Elle a été fondée en tant qu'association en 1995. TI-Suisse se compose d'un comité directeur, d'un secrétariat et d'environ 100 membres. TI-Suisse est d'ailleurs indépendante et neutre sur les plans politique et confessionnel. Transparency International (TI) est la seule organisation non-gouvernamentale qui se consacre exclusivement à la lutte contre la corruption dans le monde entier. TI a été fondée en 1993 et a son siège à Berlin. Elle compte aujourd'hui plus de 80 sections nationales, dont une en Suisse.
Vous trouverez davantage d'informations sur TI sur le site : www.transparency.org

http://www.onnouscachetout.com: Le but du site Onnouscachetout.com est de diffuser et de divulguer des informations que nous jugeons pertinentes. Ces informations proviennent de différentes sources (Internet, magazines, ouvrages, expériences...). Nous supposons que lorsque différentes sources émettent des hypothèses qui convergent vers une certaine idée, cette idée a plus de chance d'être vraie. Nous nous considérons tel un pont entre deux rives : la rive des initiés et la rive de "Monsieur Tout le Monde".

BERNARD MARIS "LE RENTIER DEVIENT LE PERSONNAGE IMPORTANT" (extrait de l'article paru dans FORCE OUVRIER N° 2459, 5 janvier 2000). URL d'origine : http://perso.club-internet.fr/mouv4x8/F000105a.htm
Agrégé et docteur en économie, Bernard Maris est professeur à l'Université de Paris VIII après avoir enseigné, entre autres, aux Etats-Unis. En 1995, il s’est vu décerner le titre de "meilleur économiste de l’année" par un magazine spécialisé. Pourtant, il ne croit ni que sa discipline puisse se parer du titre de science, ni aux idées en vogue sur les vertus du marché. Il ne cesse de les mettre en pièces dans ses livres* et dans les chroniques qu'il publie chaque semaine dans Charlie Hebdo sous la signature d’Onc’Bemard. Rencontre avec un iconoclaste.

Force Ouvrière Hebdo: Vous êtes économiste, universitaire reconnu, mais vous ne cessez de dire et d’écrire que la science économique n’existe pas. Cela peut sembler paradoxal. Pourriez-vous vous expliquer?

Bernard Maris: Je refuse à l’économie le statut de science positive qu’ont la chimie, la physique ou la biologie. II n’y a pas de lois en économie. Il n’y a pas de possibilité de prévoir, sauf sur les grands nombres, comme le font, par exemple, les compagnies d’assurances. On peut, par exemple, pronostiquer à peu près le nombre de morts l’an prochain sur les routes françaises. Ce que racontent les économistes, c’est en gros une théologie ou, si on est plus gentil, une idéologie. Il y a un côté religieux dans l’économie, un côté fataliste dans l'économie, un côté destin, un côté Saint-Esprit. Il y a plusieurs catégories d’économistes. D’abord, ceux que j’appellerai les savants, les universitaires, au statut très particulier. Ils sont en effet chargés de former des gens. Ils sont dans leur tour d’ivoire. Ils usent d’un jargon incompréhensible, ils utilisent beaucoup de mathématiques. En quelque sorte, ils se font plaisir. En dessous, il y a une autre catégorie qui ignore complètement la vraie économie, ce qui n’est pas le cas de la première. C’est celle des "experts". Ceux qui vous racontent ce qui va se passer en Bourse ou sur un marché, ceux qui font des prévisions. Les deux catégories sont assez déconnectées, assez peu de membres de la première allant à la rencontre de la seconde.

...


FO Hebdo: Mais la Bourse, qui vole de record en record, ne finir-a-t-elle pas par s’effondrer?

BM: J’en suis certain.

FO Hebdo: Mais vous avez dit qu’on ne peut pas prévoir!

BM: J’en suis certain. On a une machine qui est folle, il faudra bien qu’un jour elle s’arrête.

FO Hebdo: Un cataclysme du genre de celui qui s ‘est produit en 1929 vous semble-t-i lpossible?

BM: Je ne peux pas vous dire quand, mais c’est tout à fait probable.

FO Hebdo: Que peut-on faire?

BM: D’une manière générale, l’économie doit être soumise. Il faut, par exemple, un secteur public très fort, très préservé, très protégé.

FO Hebdo: Cela ne suppose-t-il pas que l’État joue un rôle?

BM: Oui. L’État a un rôle à jouer. Très fort. Il prend la moitié des revenus. À peu près 50% du produit national passe par ses caisses et en ressort. Il faut redéfinir cette redistribution. L’État n’est pas là pour financer les entreprises, pour faire toujours tout pour elles: leur distribuer des subventions, etc. Il est là pour aplanir les inégalités, faire en sorte que l’impôt soit juste. Il doit contrôler l’argent. C’est le nerf de l’économie! Alors qu’on avait mis près de cent cinquante ans à contrôler la Banque de France, créée en 1800 et nationalisée à la Libération, on a ouvert la boîte de Pandore en acceptant la Banque centrale européenne qui va dans le sens de l’économie rentière. Du coup, 1’Etat n’a plus le droit de financer le déficit budgétaire par la création monétaire. Il ne faut pas laisser M. Trichet dire "Oh! lala! il va y avoir de l’inflation) et augmenter le taux d’intérêt, donc le taux de profit.

FO Hebdo: Est-ce possible?

BM: Ma réponse est oui. La France peut-elle le faire seule? Oui. On nous dit toujours que ce n’est pas possible, qu’il y a l’Europe, le monde, la galaxie.. . Ce n’est qu’une question de choix politiques et de courage.

*"Ah, Dieu, que la guerre économique est jolie". En collaboration avec Philippe Labarde, chez Albin .Michel.
Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles, chez Albin Michel
ANTIMANUEL D’ECONOMIE
Ed. Bréal, 2003, 359 p., 17 euros.
... On retrouve en effet dans cet Antimanuel toute la verve et les qualités pédagogiques de l’oncle Bernard de Charlie hebdo (Bernard Maris y tient sous ce pseudonyme une rubrique hebdomadaire). Avec, en plus cette fois, l’espace qui permet de développer le raisonnement, de resituer les problématiques dans l’histoire de la pensée économique (que Bernard Maris maîtrise comme peu d’autres auteurs). En termes de contenu, cet Antimanuel ne se contente pas de réfléchir aux questions de méthode et d’aborder de manière approfondie les sujets économiques classiques, le marché et la concurrence, le rôle de la monnaie, les fondements de la croissance, le libre-échange… Il entre aussi dans le détail des développements les plus récents de l’économie réelle, avec notamment un chapitre très informé sur « Enron et les sept familles ». Sans oublier, bien sûr, de se poser la question de ce que pourrait être une « autre économie », en discutant de ce qu’est vraiment la richesse, des systèmes d’échanges locaux (SEL) ou du revenu universel.[...] Il n’en reste pas moins qu’en refermant cet ouvrage, on aura non seulement pris beaucoup de plaisir avec un beau livre, mais aussi beaucoup appris sur l’économie. par Guillaume Duval.

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