Contribution à la critique de l'économie politique (1859)

Notes de bas de pages

[1] Dans une lettre à R. Fischer du 6 avril 1893, Engels écrit: « J'ai toujours entendu dire a Marx que c'est précisément en s'occupant de la législation sur les vols de bois et de la situation des paysans de la Moselle qu'il s'est vu renvoyé de la politique pure aux relations économiques et qu'il est venu au socialisme. » (Cité par A. CORNU : Karl Marx u. Fr. Engels. tome I, 1818-1844, p. 344, Berlin, 1954.)

[2] MEHRING : Aue dem literarischen Nachlass von Karl Marx und Friedrich Engels..., tome III, pp. 467-468.

[3] MEGA III/I, p. 180. Les passages en Italique sont en français dans le texte.

[4] Ibid., p. 184.

[5] MEGA III/2, p. 166.

[6] Ibid., p. 201.

[7] MEGA III/2, p. 253.

[8] Publiée pour la première fois dans la Neue Zpit, cette introduction reste un texte essentiel qui nous éclaire à la fois sur la méthode de travail de Marx et sur le degré de maturité auquel sa théorie était déjà parvenue avant même qu'il rédige la Contribution à la critique de l'économie politique. On la trouvera dans notre édition à la page 149.

[9] Ces manuscrits, publiés en volume à Moscou en 1939 et 1441, sont connus maintenant sous le titre : Grundrisse der Kritik der politischen Oekonomie (Robentwurf).

[10] Voir à ce sujet sa lettre à Fr. Engels du 14 janvier 1868 (MEGA III/2, p. 274).

[11] Voir dans : Ferdinand LASALLE : Nachgelassene Briefe und Schriften, hrsg. von Gustav Mayer, III. Bd, pp. 116-117 (Berlin, 1922).

[12] Voir la lettre du 2 avril 1858 à Marx dans MEGA III/2, pp. 308-312.

[13] Cet index se trouve dans l'édition des Grundrisse, pp. 951-967.

[14] MEGA III/2, p. 838.

[15] Ces manuscrits ont été publiés dans l'édition des Grundrisse, pp. 871-947. Étant donné l'intérêt de ce texte pour la connaissance de la pensée de Marx, nous l'avons joint à notre édition où on le trouvera pp. 177-256.

[16] Sur toutes sortes de sujets et d'autres encore.

[17] LASALLE : Nachgelassens Schriften, tome III., p. 136.

[18] MEGA III/2, p. 849.

[19] MEGA III/2, p. 358.

[20] MEGA III/2, p. 857.

[21] Ces deux articles figurent dans , K. MARX et F. ENGELS: Études philosophiques, Éditions Sociales, 1951, pp. 77-87.

[22] Marx pense sans doute à Lassalle qu'il avait prié directement de faire une critique dans la revue de la maison Brockhaus.

[23] Le Capital, 3. B., 1948, tome I, p. 17.

[24] Voir le second texte intitulé : Introduction à la critique de l’économie politique daté de 1857. (N. R.)

[25] Qu'ici l'on bannisse tout soupçon

Et qu'en ce lieu s'évanouisse toute crainte. [DANTE : Divine Comédie.] (N. R.)

[26] ARISTOTE: De Republica, Livre 1er, chap. IX (édition I. Bekkeri, Oxonii, 1837 [Opera, vol. X, p. 13 et suiv.]): « Car tout bien peut servir à deux usages... L'un est propre à la chose en tant que telle, mais pas l'autre ; ainsi une sandale peut servir de chaussure, mais aussi d'objet d'échange. Il s'agit, dans les deux cas, de valeurs d'usage de la sandale, car celui qui échange la sandale contre ce qui lui manque, des alimenta par exemple, se sert lui aussi de la sandale. Mais ce n'est pas là son usage naturel. Car elle n'est pas faite pour être échangée. Il en est de même pour les autres biens. »

[27] C'est la raison pour laquelle des compilateurs allemands traitent con amore [avec amour] de la valeur d'usage fixée sous le nom de « bien ». Voir par exemple: L. STEIN: System der Staatswissenschaft [Système d'économie politique) (Stuttgart et Tübingen, 1852), vol. I, chap. des « biens » [p. 134, etc.]. Les vues sensées sur les « biens », il faut les chercher dans les Indications sur la science des marchandises.

[28] « Unskilled labour » [travail non qualifié], disent les économistes anglais.

[29] C'est un préjugé ridicule, répandu ces derniers temps, de croire que la propriété collective primitive est une forme de propriété spécifiquement slave, voire exclusivement russe. C'est la forme primitive dont on peut établir la présence chez les Romains, les Germains, les Celtes, mais dont on rencontre encore, aux Indes, tout un échantillonnage aux spécimens variés, bien qu'en partie à l'état de vestiges. Une étude rigoureuse des formes de la propriété collective en Asie, et spécialement aux Indes, montrerait qu'en se dissolvant les différentes formes de la propriété collective primitive ont donné naissance à différentes formes de propriété. C'est ainsi que l'on peut, par exemple, déduire les différents types originaux de propriété privée à Rome et chez les Germains de différentes formes de propriété collective aux Indes.

[30] « La richezza è una ragione tra due persone. » [La richesse est un rapport entre deux personnes.] GALIANI: Della Moneta, p. 221, vol. III, du recueil de Custodi des Scrittori classici itaiiani di economia politica. Parte moderna, Milan, 1803.

[31] 1re édition : or. Corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[32] « Dans son état naturel... la matière est toujours destituée de valeur. » Mac CULLOCH: Discours sur l'origine de l'économie politique, etc. Traduction de Prévost, Genève, 1825, p. 57. On voit combien même un Mac Culloch s'élève au-dessus du fétichisme de « penseurs » allemands, qui voient dans la « matière » et dans une demi-douzaine d'autres choses, qui n'ont rien à voir avec la valeur, des éléments de cette dernière. Voir, par exemple, L. STEIN : System der Staatswissenschaft, tome I, p. 170 [195].

[33] BERKELEY : The Querist, Londres, 1750 [p. 1]. « Whether the four elements, and man's labour therein, be not the true source of wealth ? »

[34] Th. COOPER: Lectures on Me Elements of Political Economy, Londres, 1831 (Columbia, 1820). p. 99.

[35] F. List, qui n'a jamais pu comprendre la différence entre le travail à l'aide duquel est créé quelque chose d'utile, une valeur d'usage, et le travail créateur d'une forme sociale déterminée de la richesse, la valeur d'échange - comprendre était d'ailleurs, somme toute, chose étrangère à son intelligence pratique et utilitaire, - ne vit dans les économistes anglais modernes que les plagiaires du Moïse de la vieille Égypte.

[36] On conçoit quel « service » la catégorie « service » doit rendre à des économistes du genre de J.-B. Say et F. Bastiat, dont le raisonnement astucieux, comme l'a déjà justement remarqué Malthus, fait partout abstraction de le, forme spécifique déterminée des rapports économiques.

[37] « C'est aussi la particularité des mesures que leur rapport avec l'objet mesuré est tel que la chose mesurée devient, en quelque sorte, la mesure de la chose qui sert à mesurer. » MONTANA RI : Della Moneta, p. 48, dans le recueil de Custodi, vol. III. Parte antica.

[38] C'est sous cette forme déterminée qu'Aristote conçoit la valeur d'échange. (Voir le passage cité au début du chapitre, p. 6, note 1.)

[39] 1re édition: in au lien de zu (« entrent dans le travail social » au lieu de « deviennent du travail »), corrigé dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[40] 1re édition : im Verhältnis ihrer Zeitdauer (proportionnellement à leur durée) ; corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[41] 1re édition: er (il) au lieu de sie (elle). (N. R.)

[42] La même expression se trouve chez Genovesi. [Note de l'exemplaire I, annoté à la main.] (N. R.)

[43] Aristote fait la même remarque au sujet de la famille privée considérée comme la communauté primitive. Mais la forme primitive de la famille est elle-même la famille tribale, et c'est seulement de son analyse historique que se dégage ta famille privée. « Car, dans la communauté primitive [mais cela, c'est la famille], il n'existait manifestement aucune espèce dé nécessité pour celui-ci (pour l'échange]. » (De Republica [ibid., Opera, édition Bekkeri Oxonii, 1837, vol. X, p. 141.)

[44] « L'argent n'est, en réalité, que l'instrument permettant d'effectuer l'achat et la vente » (mais qu'entendez-vous, s'il vous plait, par achat et vente ?) « et son étude ne constitue pas plus une partie de la science de l'économie politique que l'étude des bateaux et des machines à vapeur ou de n'importe quel autre Instrument utilisé pour faciliter la production et la répartition de la richesse. » (TH. HODGSKIN: Popular Political Economy, etc., Londres, 1827, pp. 178,179.)

[45] Une étude comparative des ouvrages et des caractères de Petty et de Boisguillebert, indépendamment du jour qu'elle jetterait sur le contraste social existant entre l'Angleterre et la France à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, permettrait d'exposer la genèse du contraste national existant entre les économies politiques anglaise et française. Le même contraste se répète à la fin avec Ricardo et Sismondi.

[46] Petty a développé aussi l'idée de la division du travail considérée comme force productive, et cela sur un plan beaucoup plus vaste qu'Adam Smith. Voir: An Essay concerning the Multiplication of Mankind, etc., 3e édition, 1686, p. 35-36. Là, Il montre les avantages de la division du travail pour la production non seulement par l'exemple de la fabrication d'une montre, comme le lit plus tard Adam Smith par la fabrication d'une aiguille, mais aussi en étudiant en même temps une ville et tout un pays au point de vue des grandes fabriques. C'est à cette - illustration of the admirable Sir William Petty - [explication de l'admirable M. William Petty ] que se réfère le Spectator du 26 novembre 1711. C'est donc par erreur que Mac Culloch suppose que le Spectator confond Petty avec un écrivain plus jeune de quarante ans. Voir MAC CULLOCH : The Litterature of Political Economy, a classified catalogue, Londres, 1845, p. 105. Petty a conscience d'être le fondateur d'une science nouvelle. Sa méthode, dit-il, « n'est pas la méthode traditionnelle ». Au lieu d'aligner une série de comparatifs, de superlatifs et d'arguments spéculatifs, il a entrepris, dit-il, de parler ln ternis of number, weight or measure Jeu chiffres, poids ou mesures], de se servir uniquement d'arguments déduits de l'expérience sensible et de ne considérer que les causes as have visible foundations la nature [qui ont un fondement visible dans la naturel. Il laisse à d'autres le soin d'étudier les causes qui dépendent des mutable minds, opinions, appetites and passions of particular mon [des conceptions, opinions, tendances et passions également changeantes des individus]. (Political Arithmetic, etc., Londres, 1699, préface.) Sa géniale audace se révèle, par exemple, dans sa proposition de transférer tous les babitants et les biens meubles de l'Irlande et de la Haute-Écosse dans le reste de la Grande-Bretagne. On épargnerait ainsi du temps de travail, on augmenterait la force productive du travail et « le roi et ses sujets deviendraient plus riches et plus forts - (Political Arithmetic, chap. IV (p. 225]). Elle se révèle aussi dans le chapitre de son Arithmétique politique où, à une époque où la Hollande continuait à jouer un rôle prépondérant comme nation commerçante et où la France semblait devenir la puissance marchande prédominante, il démontre que l'Angleterre est appelée à faire la conquête du marché mondial : « That the King of England' subjects have stock competent and convenient to drive the trade of the whole commercial world » [que les sujets du roi d'Angleterre disposent d'un capital approprié et suffisant pour faire marcher tout le commerce mondial) (ibid., chap. X, [p. 272]). « That the Impedimenta of Englands greatness are but contingent and removeable. » [Que les obstacles à la grandeur de l'Angleterre sont fortuits et peuvent être écartés.] (p. 247 et suiv.) Un humour original remplit tous ses écrits. Ainsi montre-t-il, par exemple, que les choses se passèrent sans la moindre sorcellerie quand la Hollande, qui était alors le pays modèle pour les économistes anglais, tout comme l'est aujourd'hui l'Angleterre pour les économistes continentaux, fit la conquête du marché mondial, « without snob angelical wits and judgements, as some attribute to the Hollanders » [sans cette miraculeuse intelligence que beaucoup attribuent aux Hollandais) (ibid., p. 175, 176). Il défend la liberté de conscience comme la condition du commerce « parce que les pauvres sont laborieux et considèrent le travail et l'industrie comme un devoir envers Dieu aussi longtemps qu'on leur permet de penser que, s'ils ont moins de richesse, Ils ont plus d'intelligence des choses divines, ce qu'ils considèrent comme le bien propre des pauvres ». Le commerce ne serait donc « pas lié à telle ou telle religion, mais toujours bien plutôt aux éléments hétérodoxes de l'ensemble ». (Ibid., p. 183-186.) Il préconise des taxes publiques spéciales au profit des voleurs parce qu'il vaudrait mieux pour le publie se taxer lui-même au profit des voleurs que de se laisser taxer par eux. (Ibid., p. 199.) En revanche, il repousse les Impôts qui font passer la richesse de la main des gens Industrieux dans celle de ceux qui « n'ont d'autre occupation que de manger, boire, chanter, jouer, danser et faire de la métaphysique ». Les écrits de Petty sont presque des raretés en librairie et on ne les trouve que sporadiquement dans de vieille et mauvaises éditions, chose d'autant plus étonnante que William Petty n'est pas seulement le père de l'économie politique anglaise, mais aussi l'ancêtre de Henry Petty, alias marquis de Lansdowne, le Nestor des whigs anglais. l'a famille Lansdowne, 9 est vrai, ne pourrait guère publier une édition complète des couvres de Petty sans les faire précéder de sa biographie, et il en est de ses origines comme de celles de la plupart des grandes familles whigs, « the less said of them the botter - [moins on en parle, mieux cela vaut]. La figure du chirurgien de l'armée, cet homme de pensée audacieuse, mais d'esprit essentiellement frivole, qui avait autant d'inclination à piller en Irlande sous l'égide de Cromwell qu'à obtenu, pour des pillages, par ses bassesses auprès de Charles 11, l'indispensable titre de baronnet, est un portrait d'ancêtre qui ne convient guère à une exposition publique. De plus, dans la plupart des écrits qu'il publia de son vivant, Petty essaie de démontrer que l'Angleterre a connu son apogée sous Charles Il, opinion hétérodoxe pour des exploiteurs héréditaires de la « glorious revolution ».

[47] En opposition aux « noirs artifices de la finance » de l'époque, Boisguilllebert déclare : « La science financière n'est que la connaissance approfondie des intérêts de l'agriculture et du commerce. » (Le Détail de la France [1697], Édition Eugène Daire des Économistes financiers du XVIIIe siècle, Paris, 1843, vol. I, p. 241.)

[48] Économie politique française et non romane, car les Italiens, dans leurs deux écoles napolitaine et milanaise, font réapparaître l'opposition entre les économies politiques anglaise et française, tandis que les Espagnols de l'époque antérieure ne sont que de simples mercantilistes ou bien des adeptes du mercantilisme modifié, comme Uztariz, ou bien, comme Jovellanos (voir ses Obras, Barcelone, 1839-1840), tiennent, avec Adam Smith, le « juste milieu ».

[49] 1re édition : sucht (recherche) au lieu de sieht (voit, a en vue) ; corrigé dans le 2e exemplaire, annoté à la main. (N. R.)

[50] « La véritable richesse... est la jouissance entière, non seulement des besoins de la vie, mais même de tout le superflu et de tout ce qui peut faire plaisir à la sensualité. - [BOISGUILLEBERT: Dissertation sur la nature de la richesse, etc., Ibid., p. 403.] Mais alors que Petty était un aventurier frivole, pillard et sans caractère, Boisguillebert, lui, bien que l'un des intendants de Louis XIV, prenait parti pour les classes opprimées avec autant d'intelligence que d'audace.

[51] Le socialisme français, sous la forme proudhonienne, souffre du même mal national héréditaire.

[52] B. FRANKLIN : The Works of, etc., Édition I. Sparks, vol. II, Boston, 1838: « A modest Inquiry, into the Nature and Necessity of a Paper Currency. »

[53] Ibid., p. 265. « Thus the riches of a country are to be valued by the quantity of labour its inhabitants are able to purchase. »

[54] « Trade in general being nothing else but the exchange of labour for labour, the value of all things is, as I have said before, most justly measured by labour. » (Ibid., p. 267.)

[55] Ibid. - Remarks and Facts relative to the American Paper Money », 1764.

[56] Voir : « Papers on American Politics » : « Remarks and Facts relative to the American Paper Money », 1764. (Ibid.)

[57] Voir, par exemple, GALIANI : Della Moneta, vol. III, dans les Scrittori classici italiani di economia politica (édité par Custodi), Parte moderna, Mien, 1803. « Le labeur - (fatica), dit-il, « est la seule chose qui donne de la valeur à l'objet », p. 74. Il est caractéristique, pour le méridional, qu'il désigne le travail par le mot fatica.

[58] L'oeuvre de STEUART : An Inquiry into the Principles of Political Economy, being an essay on the science of domestic policy in free nations, parut d'abord à Londres, en 1767, en deux volumes in-4º, dix ans avant le Wealth of Nations d'Adam Smith. Je cite d'après l'édition de Dublin de 1770.

[59] STEUART, ibid., Vol. I, pp. 181-183.

[60] STEUART, ibid., vol. I, pp. 361-362 : « represents a portion of a man's time »

[61] Il considère, par suite, la forme patriarcale de l'agriculture directement orientée vers la création de valeurs d'usage au profit du possesseur de la terre comme un « abus », non à Sparte ou à Rome sans doute, ou même à Athènes, mais du moins dans les pays industriels du XVIIIe siècle. Cette abusive agriculture ne serait pas un traite [une industrie], mais un « simple moyen d'existence ». De même que l'agriculture bourgeoise débarrasserait la campagne de bouches superflues, la manufacture bourgeoise débarrasserait la fabrique de bras inutiles.

[62] 1re édition : mit der subjektiven (confond avec l'égalité de droits subjective), corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[63] Ainsi, Adam Smith dit, par exemple : « Des quantités égales de travail doivent nécessairement avoir, en tous temps et en tous lieux, une valeur égale pour celui qui travaille. Dans son état normal de santé, de force et d'activité, et avec le degré moyen d'habileté qu'il peut posséder, il lui faut toujours donner la même portion de son repos, de sa liberté et de son bonheur. Quelle que soit donc la quantité de marchandises qu'il reçoit en rétribution de son travail, le prix qu'il paie est toujours le même. Ce prix permet sans doute d'acheter tantôt une moindre quantité, tantôt une quantité plus grande de ces marchandises, mais uniquement parce que leur valeur change, et non la valeur du travail qui permet de les acheter. Seul le travail, par conséquent, n'admet pas de changement de sa propre valeur. Il constitue donc le prix réel des marchandises, etc. » (Wealth of Nations, livre I, chap. V, Édition Wakefield, Londres, 1835-1839. vol. I, p. 104.)

[64] David RICARDO: On the Principles of Political Economy and Taxation, 3e édition, Londres, 1821, p. 3.

[65] SISMONDI : Études sur l'économie politique, vol. II, Bruxelles, 1837. « C'est l'opposition entre la valeur usuelle et la valeur échangeable à, laquelle le commerce a réduit toute chose. » p. 161.

[66] SISMONDI, ibid., pp. 163-166 et suiv.

[67] C'est sans doute dans les annotations de J.-B. Say, à la traduction française de Ricardo par Constancio, qu'elle est le plus inepte, et dans la Theory of Exchange récemment parue de M. Macleod, Londres, 1868, qu'elle est du plus prétentieux pédantisme.

[68] Cette objection, faite à Ricardo par les économistes bourgeois, fut reprise plus tard par des socialistes. L'exactitude théorique de la formule étant admise, on reprocha à la pratique d'être en contradiction avec la théorie et l'on demanda à la société bourgeoise de tirer pratiquement la conséquence présumée de son principe théorique. C'est de cette façon du moins que des socialistes anglais tournèrent, contre l'économie politique, la formule de la valeur d'échange de Ricardo. Il était réservé à M. Proudhon non seulement de célébrer dans le principe fondamental de la vieille société le principe d'une société nouvelle, mais de se proclamer en même temps l'inventeur de la formule dans laquelle Ricardo avait condensé la conclusion générale de l'économie politique classique anglaise. Il a été prouvé que l'interprétation utopiste elle-même de la formule ricardienne était déjà tombée dans l'oubli en Angleterre quand M. Proudhon la « découvrit » de l'autre côté de la Manche. (Voir mon ouvrage: Misère de la philosophie*, etc., Paris, 1847, le chapitre sur la « valeur constituée - [p. 18 et suiv.].)

* Karl MARX - Misère de la philosophie, p. 40 et suiv., Éditions sociales, Paris, 1947. (N. R.)

[69] Aristote voit bien, Il est vrai, que les prix des marchandises supposent la valeur d'échange des marchan­dises: « qu'... Il y eut l'échange avant qu'il y ait eu l'argent, c'est évident; car c'est la même chose, de donner cinq lits pour une maison au autant d'argent que valent cinq lits ». D'autre part, comme c'est seulement dans le prix que les marchandises possèdent la forme de valeur d'échange les unes pour les autres, il les rend commensurables au moyen de l'argent. - Il faut que tout ait un prix; car ainsi, Il y aura toujours échange et par suite société. L'argent, telle une mesure, rend effectivement les objets commensurables [...] pour les poser ensuite égaux les uns aux autres. Car il n'y a pas de société sans échange, mais l'échange ne peut exister sans égalité, ni l'égalité sans commensurabilité. » Aristote ne se dissimule pas que Ces objets différents mesurés par l'argent constituent des grandeurs absolument incommensurables. Ce qu'il cherche. c'est l'unité des marchandises sous forme de valeur d'échange et, en sa qualité de Grec de l'antiquité, il ne pouvait la trouver. Il se tire d'embarras en rendant commensurable au moyen de l'argent, dans la mesure où Ma est nécessaire pour les besoins pratiques, ce qui est incommensurable en soi. « Sans doute est-il, en vérité, Impossible que des objets aussi disparates soient commensurables, mais cela se produit pour les besoins pratiques. » (ARISTOTE: : Ethica Nicomachea, Livre V, chap. VIII, Édition Bekkeri, Oxonii, 1837 [Opera, vol. IX. P. 99 et suiv.].)

[70] 1re édition : Doppelarbeit (double travail) ; corrigé dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[71] Cette bizarrerie qui fait qu'en Angleterre l'once d'or, en tant qu'unité de mesure de la monnaie, n'est pas subdivisée en parties aliquotes, s'explique de la façon suivante : « A l'origine, notre système monétaire n'était adapté qu'à l'emploi de l'argent, aussi une once d'argent peut-elle toujours être divisée en un nombre voulu de pièces de monnaie ; mais, comme l'or ne fut Introduit qu'à une période postérieure dans un système monétaire qui n'était adapté qu'à l'argent, une once d'or ne peut pas être monnayée en un nombre correspondant de pièces de monnaie. » (MacLAREN : History of the Currency, p. 10, Londres, 1858.)

[72] Dans la 1re édition, le mot Gold (d'or) manque; corrigé dans l'exemplaire no II, annoté à la main. (N. R.)

[73] « L'argent peut changer constamment de valeur et pourtant être mesure de la valeur tout aussi bien que s'il ne subissait aucun changement. Supposons, par exemple, qu'il ait perdu de sa valeur. Avant cette perte de valeur, une guinée aurait acheté 3 boisseaux de froment, ou le travail de six jours ; après, elle n'achèterait que 2 boisseaux de froment ou le travail de quatre jours. Dans les deux cas, les rapports du froment et du travail à l'argent étant donnés, on peut en déduire leur rapport réciproque ; en d'autres termes, nous pouvons établir qu'un boisseau de froment vaut deux jours de travail. Mesurer la valeur n'implique rien d'autre et on y arrive aussi facilement après la perte de valeur qu'avant. Le fait qu'une chose soit distinguée comme mesure de valeur est totalement Indépendant de la variabilité de sa propre valeur. » (BAILEY : Money and its Vicissitudes, Londres, 1837, pp. 9, 10.)

[74] « Les monnaies, dont le nom n'a plus aujourd'hui qu'un caractère Idéal, sont les plus anciennes chez tous les peuples et furent toutes, pendant un certain temps, des monnaies réelles » (cette dernière affirmation est inexacte sous une forme aussi large) - et c'est précisément parce qu'elles étaient des monnaies réelles qu'on s'en est servi pour compter. » (GALIANI: Della Monota, ibid., p. 153.)

[75] Le romantique A. Müller dit: « Selon nos conceptions, tout souverain indépendant a le droit de fixer le nom à la monnaie métallique, de lui attribuer une valeur nominale sociale, rang, état et titre (p. 228, Vol. II, A. H. MUELLER : Die Elemente der Staatskunst, Berlin, 1809). En ce qui concerne le titre, M. le conseiller aulique a raison ; il oublie seulement la teneur. Combien ses « conceptions - étaient confuses, c'est ce que montre, par exemple, le passage suivant : « Tout le monde comprend l'importance d'une juste fixation du prix monétaire, surtout dans un pays comme l'Angleterre, où le gouvernement bat monnaie gratuitement avec une grandiose libéralité [M. Müller semble croire que les membres du gouvernement anglais subviennent de leur propre poche aux frais de monnayage], où Il ne prélève pas de droit de seigneuriage, etc., et où, par conséquent, s'il fixait le prix monétaire de l'or beaucoup plus haut que le prix du marché, si, au lieu de payer comme maintenant une once d'or 3 livres sterling 17 shillings 10 1/2 pence, il fixait à 3 livres sterling 19 shillings le prix monétaire d'une once d'or, toute la monnaie affluerait à l'Hôtel de la Monnaie, l'argent qu'on y recevrait serait échangé sur le marché contre de l'or qui y serait moins cher, on l'apporterait de nouveau à l'Hôtel de la Monnaie et le système monétaire tomberait dans le désordre. » (pp. 280, 281, ibid.) Pour maintenir l'ordre dans la monnaie anglaise, M. Müller tombe lui-même dans le « désordre ». Alors que shillings et pence sont simplement des noms, des noms de fractions précises d'une once d'or représentées par des jetons d'argent et de cuivre, il s'imagine que l'once d'or est évaluée en or, en argent et en cuivre, et gratifie ainsi les Anglais d'un triple standard of value [d'un triple étalon monétaire]. Il est vrai que l'emploi de l'argent comme mesure monétaire à côté de l'or ne fut formellement aboli qu'en 1816 par la 68e loi de la 56e année du règne de George Ill. Légalement, Il avait été déjà aboli en 1734 par la 42e loi de la 14e année du règne de George II et l'avait été beaucoup plus tôt encore dans la pratique. Deux choses qualifiaient spécialement A. Müller pour avoir une conception soi-disant supérieure de l'économie politique. D'une part, sa profonde ignorance des faits économiques et, d'autre part, son engouement de pur dilettante qui caractérisait ses rapports avec la philosophie.

[76] « Comme on demandait à Anacharsis à quelle fin les Grecs se servaient d'argent, il répondit: « pour compter. » (ATHENAEUS: Deipnosophistai, Livre IV, 49, vol. II [p. 120], Édition Schweighäuser, 1802.)

[77] G. Garnier, un des premiers traducteurs français d'Adam Smith, eut l'idée singulière d'établir dans quelle proportion étaient employées la monnaie de compte et la monnaie réelle. Le rapport est de 10 à 1. (G. GARNIER : Histoire de la monnaie depuis les temps de la plus haute antiquité, etc., vol. I, p. 78.)

[78] L'acte de Maryland de 1723 par lequel le tabac devient monnaie légale, tandis que sa valeur était ramenée à la monnaie or anglaise, soit à un penny par livre de tabac, rappelle les leges barbororum dans lesquelles, à. l'inverse, on pose que des sommes d'argent déterminées sont égales aux bœufs, vaches, etc. Dans ce cas, ce n'était ni l'or, ni l'argent, mais le bœuf et la vache qui étaient la matière réelle de la monnaie de compte.

[79] C'est ainsi qu'on lit, par exemple, dans les Familiar Words de M. David Urquhart : « La valeur de l'or doit être mesurée par l'or lui-même ; comment une matière quelconque peut-elle être la mesure de sa propre valeur en d'autres objets ? La valeur de l'or doit être fixée par son propre poids sous une fausse dénomination de ce poids... et une once doit valoir tant de livres et de fractions de livre. Il y a là falsification d'une mesure et non fixation d'un étalon. » (Londres, 1856, p. 104 et suiv.)

[80] « En tant que mesure du commerce, la monnaie devrait, comme toute autre mesure, être maintenue aussi stable que possible. La chose est impossible si votre monnaie est constituée par deux métaux dont le rapport de valeur varie constamment. » (John LOCKE: Some Considerations on the Lowering of Interest, etc., 1691, p. 65, dans ses Works, 7e édition, Londres, 1768, vol. II.)

[81] Locke dit notamment - Appelez une couronne ce qui s'appelait auparavant une demi-couronne. La valeur reste déterminée par la teneur en métal. Si vous pouvez enlever 1/20 de son poids d'argent à une monnaie sans diminuer sa valeur, vous pouvez tout aussi bien enlever 19/20 de son poids d'argent. Suivant cette théorie, un farthing, si on lui donne le nom de couronne, devrait acheter autant d'épices, de soie ou d'autres marchandises qu'une couronne qui contient soixante fois plus d'argent. Tout ce que vous pouvez faire, c'est donner à une quantité moindre d'argent l'empreinte et le nom d'une quantité plus grande. Mais c'est l'argent et non le nom qui paie les dettes et achète les marchandises. Si élever la valeur de la monnaie consiste seulement pour vous à appeler comme bon vous semble les parties aliquotes d'une pièce d'argent, appeler par exemple penny la huitième partie d'une once d'argent, vous pouvez effectivement fixer la taux de la monnaie aussi haut que vous voudrez. - Locke répondait en même temps à Lowndes que la montée du prix marchand au-dessus du prix monétaire « ne provenait pas de la hausse de valeur de l'argent, mais de la diminution de poids de la monnaie d'argent ». 77 shillings rognée ne pesaient pas un grain de plus, disait-il, que 62 de poids normal. Il soulignait enfin, avec raison, qu'en Angleterre, indépendamment de la perte de poids en argent de la monnaie en circulation, le prix marchand de l'argent brut pouvait s'élever tant soit peu au-dessus du prix monétaire parce que l'exportation de l'argent brut était autorisée et celle de la monnaie d'argent Interdite. (Voir Some Consideration, etc., pp. 54-116 passim.) Locke se gardait soigneusement de toucher à la question brûlante des dettes publiques, de même qu'il évitait prudemment d'aborder le délicat problème économique. Celui-ci se posait ainsi . le cours du change, tout comme le rapport de l'argent brut à la monnaie d'argent, prouvait que la monnaie circulante n'était pas, et de beaucoup, dépréciée en proportion de sa perte réelle d'argent. Nous reviendrons à cette question sous sa forme générale dans le chapitre des moyens de circulation. [Voir p. 87.] Nickelas Barbon, dans A Discourse Concerning Coining the new money lighter, in answer to Mr. Looks's Considerations, etc., Londres, 1696, essaya en vain d'attirer Locke sur ce terrain difficile.

[82] STEUART : An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., Dublin, 1770, vol. II, p. 154.

[83] The Querist [Londres, 1750, pp. 3, 41. Les Queries on Money [Questions sur la monnaie] ne manquent d'ailleurs pas d'ingéniosité. Entre autres, Berkeley fait remarquer avec raison que, précisément, le développement des colonies nord-américaines - rend clair comme le jour que l'or et l'argent ne sont pas aussi nécessaires à la richesse d'une nation que se l'imagine le vulgaire dans toutes les catégories sociales ».

[84] Prix signifie Ici équivalent concret, comme chez les économistes anglais du XVIIe siècle.

[85] 1re édition : « l'or »; corrigé dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[86] STEUART : An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., vol. II, pp. 164, 299.

[87] À l'occasion de la dernière crise commerciale, on a célébré avec emphase la monnaie idéale africaine dans certains milieux anglais, son siège ayant été transféré, cette fois, de la côte au cœur du pays berbère. On déduisait l'absence de crises commerciales et industrielles chez les Berbères de l'unité de mesure idéale de leurs barres. N'eût-il pas été plus simple de dire que le commerce et l'industrie sont la condition sine qua non des crises commerciales et industrielles ?

[88] The Currency Question, the Gemini Letters, Londres, 1844, pp. 286-272, passim

[89] John GRAY : The social System A Treatise on the Principle of Exchange, Edimbourg, 1831. Voir, du même auteur : Lectures on the Nature and Use of Money, Edimbourg, 1848. Après la révolution de février, Gray envoya au gouvernement provisoire français un mémoire dans lequel il lui fait savoir que la France avait besoin non d'une organisation du travail (organisation of labour), mais d'une organisation de l'échange (organisation of exchange), dont le plan se trouvait complètement élaboré dans le système monétaire qu'il avait enfanté. Le brave John ne se doutait pas que, seize ans après la parution du « Social System » Proudhon, cet homme à l'esprit Inventif avait pris un brevet pour la même découverte.

[90] GRAY : The Social System etc., p. 63. « L'argent ne devrait être, en somme, qu'un reçu, la preuve que le détenteur a contribué pour une certaine valeur à la richesse nationale existante (to the national stock of wealth), ou qu'il a acquis un droit à ladite valeur de quelque personne y ayant elle-même fait apport. »

[91] « Qu'un produit préalablement estimé à une certaine valeur soit déposé dans une banque et qu'on le retire quand on en aura besoin, en stipulant seulement par une convention générale que celui qui dépose un bien quelconque dans la banque nationale proposée pourra en retirer une valeur égale de quelque marchandise que ce soit, contenue dans la banque, au lieu d'être obligé de retirer le produit même qu'il y aura déposé. » (GRAY: The Social System, etc., p. [67] 88.)

[92] Ibid., p. 18.

[93] GRAY : Lectures on Money, etc., p, 182 [183].

[94] Ibid., p. 169.

[95] « Les affaires de tout pays devraient être conduites sur la base d'un capital national. » (John Guy : The Social System, etc., p. 171.)

[96] « Il faut que le sol soit transformé en propriété nationale » (ibid., p. 298).

[97] Voir, par exemple, W. THOMPSON: An Inquiry into the Distribution of Wealth, etc., Londres, 1827; BRAY : Labours Wrongs and Labours Remedy, Leeds, 1839.

[98] On peut considérer comme le compendium de cette mélodramatique théorie de la monnaie l'ouvrage d'Alfred DARIMON: De la réforme des banques, Paris, 1856.

[99] 1re édition: « or ». (N. R.)

[100] « La monnaie est de deux sortes, Idéale et réelle; et elle est employée de deux façons différentes: pour évaluer les choses et pour les acheter. Pour l'évaluation, la monnaie Idéale convient tout aussi bien que la monnaie réelle et peut-être mieux encore. L'autre emploi de la monnaie consiste dans l'achat des choses qu'elle évalue... Les prix et les contrats s'établissent sur une évaluation en monnaie idéale et se réalisent en monnaie réelle. » (GALIANI : Della Moneta, p. 112 et suiv.)

[101] Cela n'empêche naturellement pas le prix marchand des marchandises d'être au-dessus ou au-dessous de leur valeur. Mais cette considération est étrangère à la circulation simple et appartient à une tout autre sphère, que nous aurons à, considérer plus loin quand nous étudierons le rapport de la valeur et du prix marchand.

[102] L'extrait suivant des Leçons sur l'industrie et lu finances (Paris, 1832) de M. Isaac PEREIRE montre combien même la forme toute superficielle de l'antagonisme, qui se manifeste dans l'achat et la vente, blesse de belles âmes. Le fait que sa qualité d'inventeur et de dictateur du Crédit mobilier a valu au même Isaac la triste renommée de loup de la Bourse de Paris montre également ce qu'il faut penser de la critique sentimentale de l'économie. M. Pereire, alors apôtre de Saint-Simon, dit: « C'est parce que tous les Individus sont isolés, séparés les uns des autres, soit dans leurs travaux, soit pour leur consommation, qu'il y a échange entre eux des produite de leur industrie respective. De la nécessité de l'échange est dérivée la nécessité de déterminer la valeur relative des objets. Les Idées de valeur et d'échange sont donc intimement liées, et toutes deux, dans leur forme actuelle, elles expriment l'individualisme et l'antagonisme... Il n'y a lieu à fixer la valeur des produits que... parce qu'il y a vente et achat; en d'autres termes, antagonisme entre les divers membres de la société Il n'y avait lieu à s'occuper de prix, de valeur, que là où Il y avait vente et achat, c'est-à-dire où chaque Individu était obligé de lutter pour se procurer les objets nécessaires à l'entretien de son existence. » (Ibid., pp. 2, 3, passim.)

[103] « L'argent n'est que le moyen et l'acheminement, au lieu que les denrées utiles à la vie sont la fin et le but. » (Boisguillebert: Le Détail de la France, 1697, dans Économistes financiers du XVIIIe siècle, d'Eugène Daire, vol. 1, Paris, 1843, p. 210.)

[104] En novembre 1807 parut, en Angleterre, un ouvrage de William SPENCE sous le titre : Britain Independent of Commerce [L'Angleterre indépendante du commerce], dont William COBBETT, dans son Political Register, a développé le principe sous la forme plus radicale Perish Commerce [A bas le commerce]. En réponse, James Mill publia, en 1808, sa Defence of Commerce [Défense du commerce], dans laquelle se trouve déjà l'argument cité d'après ses Elements Of Political Economy. Dans sa polémique avec Sismondi et Malthus au sujet des crises commerciales, J.-B. Say s'appropria cette jolie trouvaille et, comme il serait Impossible de dire de quelle idée nouvelle ce comique prince de la science* aurait enrichi l'économie politique -son mérite a bien plutôt consisté dans l'impartialité qu'il a mise à comprendre également de travers ses contemporains Malthus, Sismondi et Ricardo - ses admirateurs sur le continent ont célébré en lui, à son de trompe, l'homme qui avait déterré ce fameux trésor de l'équilibre métaphysique des achats et des ventes.

* En français dans le texte. (N. R.)

[105] Les exemples suivants permettront de voir la façon dont les économistes représentent les différentes déterminations formelles de la marchandise.

« En possession d'argent, nous n'avons à faire qu'un échange pour acquérir l'objet de notre désir, alors qu'avec d'autres produits excédentaires il nous faut en faire deux, dont le premier (pour nous procurer l'argent) est Infiniment plus difficile que le second. - (G. OPDYKE : A Treatise on Political Economy, New-York, 1851, p. 287-288.)

« Si l'argent peut être vendu plus facilement, c'est précisément l'effet ou la conséquence naturelle de ce que les marchandises peuvent être vendues plus difficilement. » (Th. COBBETT : An Inquiry into the Causes and Modes of the Wealth of Individuals, etc., Londres, 1841, p. 117.) « L'argent a la propriété d'être toujours échangeable contre ce qu'il mesure. (BOSANQUET : Metallic, Paper and Credit Currency, etc., Londres, 1842, p. 100.)

« L'argent peut toujours acheter d'autres marchandises, tandis que d'autres marchandises ne peuvent pas toujours acheter de l'argent». (Th. TOOKE : An Inquiry into the Currency Principle, 2 édition, Londres, 1844, p. 10.)

[106] La même marchandise peut être plusieurs fois achetée et revendue. Me ne circule pas alors comme simple marchandise, mais remplit une fonction qui n'existe pas du point de vue de la circulation ample, de la simple opposition de la marchandise et de l'argent.

[107] 1re édition « de l'or ». (N. R.)

[108] 1re édition « de l'or ». (N. R.)

[109] 1re édition « de l'or ». (N. R.)

[110] La masse de la monnaie est indifférente « pourvu qu'il y en ait assez pour maintenir les prix contractés par les denrées ». (BOISGUILLEBERT : Le Détail de la France, p. 200.) - Si la circulation de marchandises de 400 millions de livres sterling exige une masse d'or de 40 millions et que cette proportion de 1/10 est le niveau adéquat, alors, si la valeur des marchandises en circulation, pour des causes naturelles, montait à 450 millions, la masse d'or devrait, pour rester à son niveau, monter à 45 millions. » (W. BLAKE : observations of Me Efects produced by the Expenditure of Government, etc., Londres, 1823, pp. 80, 81.)

[111] « C'est la vitesse de rotation de l'argent, et non la quantité du métal, qui fait qu'il semble y avoir beaucoup ou peu d'agent. » (GALIANI: Della Moneta, p. 99.)

[112] Un exemple de baisse extraordinaire de la circulation métallique au-dessous de son niveau moyen a été offert par l'Angleterre, en 1858, comme on le verra par l'extrait suivant du London Economist : « En raison de la nature même du phénomène (le caractère fragmentaire de la circulation simple), on ne peut pas se procurer de données tout à fait précises sur la quantité de numéraire en fluctuation sur le marché et entre les mains des classes qui n'ont pas affaire aux banques. Mais peut-être l'activité ou la Don-activité des Monnaies des grandes nations commerçantes est-elle un des Indices les plus sûrs des variations de cette quantité de numéraire. On fabriquera beaucoup de monnaie quand on en utilise beaucoup, et peu quand on en utilise peu. A la Monnaie d'Angleterre, la frappe s'est élevée, en 1855, à 9 245 000 livres sterling; en 1856, à 6 476 000 livres sterling; en 1857, à 5 293 858 livres sterling. En 1858, la Monnaie n'a presque rien eu à faire. » (Economist, 10 juillet 1858, [p. 754 et suiv.]) Mais, à la même époque, il y avait dans les cave& de la Banque environ 18 millions de livres sterling d'or.

[113] 1re édition : « premier », corrigé dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[114] En français dans le texte. (N. R.)

[115] DODD : Curiosities of Industry, etc., Londres, 1854 [Gold: in gis mine, the mint and the workshop, p. 16].

[116] The Currency Question reviewed etc. by a Banker etc., Édimbourg, 1845, p. 69, etc. « Si un écu un peu usé était réputé valoir quelque chose de moins qu'un écu tout neuf, la circulation se trouverait continuellement arrêtée, et il n'y aurait pas un seul payement qui ne fût matière à contestation. » (G. GARNIER : Histoire de la monnaie, etc., vol. I, p. 24.)

[117] W. JACOB : An Historical Inquiry into thé Production and Consumption of the Precious Metals, Londres, 1831, vol. IL chap. XXVI, [p. 322].

[118] 1re édition : « 80 ». (N. R.)

[119] 1re édition : « 80 ». (N. R.)

[120] David BUCHANAN : Observations on the Subjects treated of in Doctor Smith's Inquiry on the Wealth of Nations, etc., Édimbourg, 1814, p. 8.

[121] 1re édition : « et ». Corrigé dans les exemplaires I et II, annotés à la main. (N. R.)

[122] Henry STORCH : Cours d'économie politique, etc., avec notes de J.-B. Say, Paris, 1823, vol. IV, p. 79. Storch a publié son ouvrage à Pétersbourg en langue française. J.-B. Say en prépara aussitôt une réimpression à Paris, complétée de prétendues « notes », qui ne contiennent, en fait, que des lieux communs. Storch (voir ses Considérations sur la nature du revenu national, Paris, 1824) accueillit sans nulle aménité cette annexion de son ouvrage par le « prince de la science ».

[123] PLATON: De Republica, Livre Il, « la monnaie est un symbole d'échange ». (Opera omnia, etc., Édition G. Stallbumius, Londres, 1850, p. 304.) Platon n'étudie la monnaie que dans ses deux déterminations de mesure de valeur et de signe de valeur, mais, en dehors du signe de valeur servant pour la circulation Intérieure, il en réclame un autre pour le traffic avec, la Grèce et l'étranger. (Voir aussi le Livre V de ses Lois.)

[124] ARISTOTE ; Ethica Nicomachea, Livre V, chap. XVIII, ibid. [p. 98]. « L'argent devint, par convention, l'unique moyen d'échange en vue de satisfaire les besoins réciproques. Aussi porte-t-il le nom de [...] parce qu'il ne procède pas de la nature, mais de la loi [...] et qu'il dépend de nous de le changer et de le priver de toute valeur utile. » Aristote a eu de la monnaie une conception incomparablement plus large et plus profonde que Platon. Dans le passage suivant, il expose fort bien comment du troc entre différentes communautés se dégage la nécessité de donner à une marchandise spécifique, donc à une substance ayant une valeur Intrinsèque, le caractère de la monnaie. « Car, lorsque les services que l'on se rendait réciproquement en important ce qui manquait, et en exportant les choses en excédent, s'étendirent à de plus grandes distances, la nécessité fit naître l'usage de la monnaie... On convint de ne donner et de ne recevoir, dans les échanges réciproques, qu'une chose qui, ayant une valeur intrinsèque, aurait l'avantage d'être maniable... comme le fer et l'argent, ou une autre chose analogue. » (ARISTOTE : De Republica, Livre I, chap. IX, ibid. [p. 141.) Michel Chevalier, qui n'a pas lu Aristote, en ne l'a pas compris, cite ce passage pour prouver que, d'après Aristote, le moyen de circulation est nécessairement constitué par une substance ayant une valeur Intrinsèque. Aristote dit au contraire expressément que la monnaie, en tant que simple moyen de circulation, semble avoir une existence purement conventionnelle ou légale, comme déjà son nom l'indique, ainsi que le fait qu'elle doit effective­ment sa valeur d'usage comme monnaie seulement à, sa fonction elle-même, et non à une valeur d'usage intrinsèque. « La monnaie semble être chose vaine, n'ayant de valeur que par la loi, et n'être rien par la nature, puisque hors cours elle est dépourvue de toute espèce de valeur et incapable de répondre à aucune nécessité. » (Ibid. (p. 151.)

[125] Sir John MANDEVILLE ; Voyages and Travels, Londres, édition 1705, p. 106 : « Cet empereur (de Cathay ou de Chine) peut dépenser autant qu'il lui plaît sans compter, car il est indépendant et ne fait de la monnaie qu'avec du cuir ou du papier Imprimé. Et, quand cette monnaie a circulé assez longtemps pour qu'elle commence à se décomposer, on la porte au Trésor de l'empereur, et on remplace alors la vieille monnaie par de la neuve. Et cette monnaie circule dans tout le pays et dans toutes ses provinces... on ne fait de la monnaie ni d'or, ni d'argent », et, pense Mandeville, « c'est pourquoi il peut toujours se livrer à de nouvelles dépenses et aux dépenses les plus exagérées .

[126] Benjamin FRANKLIN : Remarks and Facts relative to the American Paper Money, 1764, p. 348, ibid. : « En ce moment même, en Angleterre, la monnaie d'argent elle-même doit au cours forcé une partie de sa valeur comme moyen de paiement légal ; c'est la partie qui représente la différence entre son poids réel et sa valeur nominale. Un grand nombre des pièces d'un shilling et de 6 pence actuellement en circulation a perdu, par usure, 5, 10, 20 et certaines pièces de 6 pence jusqu'à 50 % de leur poids. Pour compenser cette différence entre la valeur réelle et la valeur nominale, on ne dispose d'aucune valeur Intrinsèque, on n'a même pas de papier, on n'a rien. C'est le cours forcé, joint à la conscience de pouvoir les repasser facilement pour la même valeur, qui fait passer une pièce d'argent valant 3 pence pour une pièce de 6 pence. »

[127] BERKELEY : The Querist [Londres, 1750, p. 3]. « Si l'on conservait la dénomination de la monnaie après que sa substance métallique fut rentrée dans le néant, la circulation du commerce ne subsisterait-elle pas tout de même ? »

[128] « Pour sa fonction »: Introduit dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[129] « Non seulement les métaux précieux sont les signes des choses..., mâle les choses sont Inversement... les signes de l'or et de l'argent. » (À. GE140VIMI : Lezioni di Economia Civile, 1765, p. 281, dans CUSTODI, Parle Moderna, vol. VIII.)

[130] En français dans le texte. (N. R.)

[131] PETTY : L'or et l'argent sont « universal wealth » [richesse universelle]. Political Arithmetic, ibid., p. 242.

[132] B. MISSELDEN : Free Trade or the Means to make Trade florish, etc., Londres, 1622. « La matière naturelle du commerce est la merchandize [marchandise du commerçant] que les Marchands, pour des raisons d'ordre commercial, ont appelée commodities [marchandises d'utilité]. La matière artificielle du commerce est l'argent, qui a été qualifié de sinewes of warre and of state [nerf de la guerre et de l'État]. Bien que, dans l'ordre naturel et chronologique, l'argent vienne après la merchandize, il est cependant devenu, du fait qu'il est maintenant en usage, l'essentiel » (p. 7). Il compare la marchandise et l'argent « aux deux fils du vieux Jacob, qui posait la main droite sur le plus jeune, et la gauche sur l'aîné ». (Ibid.) BOISBUILLEBERT : Dissertation sur la nature des richesses, etc., ibid. : « Voilà donc l'esclave du commerce devenu son tyran... La misère des peuples ne vient que de ce qu'on a fait un maître, ou plutôt un tyran, de ce qui était un esclave. » (pp. 399, 395.)

[133] BOISGUILLEBERT : Dissertation sur la nature des richesses, etc. « On a fait une Idole de ces métaux (For et l'argent) et, laissant là l'objet et l'intention pour lesquels ils avaient été appelés dans le commerce, savoir pour y servir de gages dans l'échange et la tradition réciproque des denrées on les a presque quittée de ce service pour en former des divinités auxquelles on a sacrifié et sacrifie tous les jours plus de biens et de besoins précieux, et même d'hommes, que jamais l'aveugle antiquité n'en immola à ses fausses divinités, etc. » (Ibid., p. 395.)

[134] 1re édition : « achat en vente », corrigé dans les exemplaires I et II annotés à la main. (N. R.)

[135] Boisguillebert, dans la première immobilisation du perpetuum mobile, c'est-à-dire dans la négation de son existence fonctionnelle de moyen de circulation, soupçonne tout de suite son accession à l'autonomie vis-à-vis des marchandises. L'argent, dit-il, doit être - dans un mouvement continuel, ce qui ne peut être que tant qu'il est meuble, mais, sitôt qu'il devient immeuble, tout est perdu . (Le Détail de la France, p. 213.) Ce qu'il ne voit pas, c'est que cet arrêt est la condition de son mouvement. Ce qu'il veut en réalité, c'est que la valeur d'échange* des marchandises apparaisse comme une forme purement fugitive de leur échange de substance, mais sans jamais se fixer comme but en soi.

* Ce qui veut dire: la forme de valeur des marchandises. [Note de l'exemplaire I, annoté à la main. N. R.]

[136] Souligné par Marx dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[137] « Plus les réserves en marchandises augmentent, plus celles qui existent sous forme de trésor (in treasure) diminuent. » E. MISSELDEN : Free Trade or the Means to make Trade florish, etc., p. 23.

[138] Ibid., pp. 11-13, passim.

[139] PETTY : Political Arithmetic, ibid., p. 196.

[140] François BERNIER : Voyages contenant la description des États du Grand Mogol, Paris 1830, vol. 1er, voir pp. 312-314.

[141] Martin LUTHER: Bûcher von Kaufhandel und Wucher, 1524. Luther dit, au même endroit: « Dieu nous a ainsi faits, nous autres Allemands, qu'il nous faut jeter notre or et argent dans les pays étrangers, enrichir le monde entier et rester nous-mêmes des mendiants. L'Angleterre aurait sûrement moins d'or, si l'Allemagne lui laissait son drap, et le roi de Portugal en aurait moins aussi, si nous lui laissions ses épices. Calcule toi-même combien d'argent une foire de Francfort fait sortir des pays allemands sans nécessité ni raison, et tu t'étonneras comment il se fait qu'il y ait encore un liard en pays allemand. Francfort est le trou d'argent et d'or par où s'écoule hors d'Allemagne tout ce qui jaillit et pousse, tout ce qui est monnayé et frappé chez nous; si le trou était bouché, on n'entendrait plus maintenant se plaindre qu'il n'y ait partout rien que dettes et pas d'argent, que campagnes et villes soient toutes rongées par l'usure. Mais, laisse faire, cela Ira tout de même comme cela: nous autres Allemands, il nous faut rester Allemands; nous n'en démordrons pas, il le faut bien. »

Misselden, dans l'ouvrage cité plus haut, veut au moins retenir l'or et l'argent dans le cercle de la chrétienté: « L'argent est réduit par le commerce fait hors de la chrétienté avec la Turquie, la Perse, et les Indes orientales. Le commerce s'y fait le plus souvent avec de l'argent comptant, mais cela se passe tout autrement que pour le commerce qui se fait à l'intérieur de la chrétienté même. Car, bien que le commerce se fasse avec de l'argent comptant à l'intérieur de la chrétienté, l'argent n'en reste pas moins toujours enfermé à l'intérieur de ses frontières. Il y a là en effet courant et contre-courant, flux et reflux de l'argent dans le commerce fait à l'intérieur de la chrétienté, car, parfois, il est plus abondant à un endroit et fait davantage défaut à un autre, selon qu'il y a disette dans un pays et surabondance dans l'autre : il va et vient et tournoie dans le cercle de la chrétienté, mais reste toujours enfermé dans les limites de son enceinte. L'argent avec lequel on va faire du commerce hors de la chrétienté dans les susdite pays, lui, s'en va toujours et ne revient jamais. » [pp. 19, 20.)

[142] 1re édition : Glied (terme). Corrigé : Seite (membre) dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[143] « C'est dans l'argent qu'est l'origine de l'avarice... peu à peu se déchaîne une sorte de rage qui n'est déjà plus de l'avarice, mais la soif de l'or. » (PLINE : Historia naturalis, Livre XXXIII, chap. III, parag. 14.)

[144] Horace ne comprend donc rien à la philosophie de la thésaurisation quand Il écrit (Satires. Livre II, satire in [vers 104-110]):

« Si quelqu'un achetait des cythares pour les emmagasiner, alors qu'il ne s'adonne ni à la cythare, ni à aucune des muses ; si, n'étant pas cordonnier, Il achetait alênes et formes, et des voiles de navire, n'ayant nul goût pour le commerce maritime, on crierait de toutes parts au fou et à l'insensé, et ce ne serait pas à tort. En quoi diffère-t-il de lui celui qui enfouit argent et or, et qui, sans savoir se servir des trésors qu'il accumule, se croirait sacrilège d'y toucher ? »

M. Senior comprend mieux la chose: « L'argent parait être la seule chose dont le désir est universel, et il en est ainsi parce que l'argent est une richesse abstraite et parce que les hommes, en le possédant, peuvent satisfaire à tous leurs désirs et à tous leurs besoins, de quelque nature qu'ils soient. » (Principes fondamentaux de l'économie politique, traduit par le comte Jean Arrivabene, Paris, 1836, p. 221.) Ou encore Storch : « Comme le numéraire représente toutes les autres richesses.... on n'a qu'à amuser de l'argent pour se procurer toutes les différentes espèces de richesses qui existent dans le monde. » (Cours d'économie politique, etc., ibid., vol. II, p. 135.)

[145] Un exemple montre combien l'inner man [l'homme Intérieur] reste Inchangé chez l'individu possesseur de marchandises, même s'il s'est civilisé et est devenu capitaliste; c'est celui de ce représentant londonien d'une banque cosmopolite qui avait trouvé comme blason adéquat un billet de banque de 100 000 livres sterling qu'il avait pendu au mur sous verre et encadré. Le piquant de l'affaire, c'est le regard condescendant et Ironique que, du haut de sa distinction, le billet de banque laisse tomber sur la circulation.

[146] Voir le passage de Xénophon, cité plus loin.

[147] JACOB : An Historical Inquiry into the Production and Consumption of the Precious Malais, vol. II, chap. XXV et XXVI.

[148] « Aux époques de grande agitation et d'insécurité, particulièrement pendant les soulèvements intérieurs et les invasions, les objets d'or et d'argent sont rapidement transformés en monnaie ; dans les périodes de calme et de bien-être, au contraire, la monnaie est transformée en argenterie et en bijoux. » (Ibid., vol. Il, p. 367.)

[149] Dans le passage suivant, Xénophon étudie l'argent sous ses formes spécifiques de monnaie et de trésor: « Dans cette Industrie, la seule de toutes celles que le connaisse, nul n'éveille l'envie des autres personnes qui s'y livrent... Car, plus les mines d'argent semblent riches, plus on extrait d'argent, et plus elles attirent de gens vers ce travail. Quand on a acquis suffisamment d'ustensiles pour le ménage, on n'achète pas grand'chose de plus; mais l'argent, personne n'en possède usez pour ne pas désirer en avoir davantage et, si quelqu'un en a à suffisance, il enfouit le superflu et n'y trouve pas moins de plaisir que s'il l'utilisait. C'est notamment quand les vines sont florissantes que les gens ont particulièrement besoin d'argent. Car les hommes veulent acheter non seulement de belles armes, mais aussi de bons chevaux, des maisons et un mobilier magnifiques; les femmes, elles, ont envie de toutes sortes de vêtements et de bijoux d'or. Mais, quand les villes souffrent de disette par suite de mauvaises récoltes ou de guerre, on a besoin de monnaie pour acheter des vivres, en raison de l'infertilité du sol, ou pour enrôler des troupes auxiliaires. » (XÉNOPHON : De Vectigalibus, chap. IV.) Aristote dans le chapitre IX, Livre 1er de La République, expose les deux mouvements opposés de la circulation M-A-M et A-M-A sous les noms de « Économique » et « Chrématistique ». Les tragiques grecs, notamment Euripide, opposent ces deux formes de la circulation sous les noms de [...] à [le droit] et de[...] [l'intérêt].

[150] Du capital est naturellement avancé aussi sous forme d'argent, et l'argent avancé peut être du capital avancé, mais ce point de vue ne rentre pas dans le cadre de la circulation simple.

[151] Je m'en tiens à mon reçu. (Shylock, dans Le Marchand do Venise, de Shakespeare.) (N. R.)

[152] 1re édition : « moyens d'achat et moyens de paiement ». Corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[153] Différence entre moyen d'achat et moyen de paiement soulignés dans Luther. [Note de l'exemplaire I, annoté à la main.]

[154] M. Macleod, malgré toute la suffisance doctrinaire dont font preuve ses définitions, comprend si peu les rapporte économiques les plus élémentaires qu'il fait dériver l'argent en général de sa forme la plus développée, celle de moyen de paiement. Il dit, entre autres: comme les gens n'ont pas toujours besoin en même temps de leurs services réciproques, ni de services de même grandeur de valeur, « Il resterait une certaine différence ou une certaine somme de service payable par le premier au second... la dette ». Le bénéficiaire de cette dette a besoin des services d'un tiers, qui n'a pas immédiatement besoin des siens, et - il transfère au troisième la dette que le premier a envers lui. La reconnaissance de dette passe ainsi de main en main... moyen de circulation... Quand on reçoit une obligation exprimée en monnaie métallique, on peut disposer non seulement des services du débiteur primitif, mais de ceux de la communauté laborieuse tout entière ». (MACLEOD : Thoory and Pradim of Batikirig, etc., Londres, 1855, vol. 1er, [p. 23 et suiv., 29].)

[155] BAILEY : Money and its Vissitudes, Londres, 1837, p. 3 : « L'argent est la marchandise générale des contrats, ou celle en quoi sont conclus la plupart des contrats de propriété qui doivent être exécutés à une époque ultérieure. »

[156] SENIOR (Principes fondamentaux, etc.) dit, page 221 Comme la valeur de toute chose varie dans une période de temps donnée, on convient alors que le paiement se fera au moyen de cette chose dont la valeur paraîtra devoir être moins affectée par des causes éventuelles et qui paraîtra devoir conserver longtemps la même... faculté moyenne d'acheter d'autres objets. C'est ainsi que la monnaie devient l'expression ou [le] représentant de la valeur ». C'est l'inverse. C'est parce que l'or, l'argent, etc., sont devenus monnaie, c'est-à-dire le mode d'existence de la valeur d'échange promue à l'autonomie, qu'ils deviennent moyens de paiement universels. Là où Intervient la considération de la durée de la grandeur de valeur de la monnaie mentionnés par M. Senior, c'est-à-dire dans les périodes où la monnaie s'impose par la force des choses comme moyen de paiement général, on constate justement aussi une oscillation de la grandeur de valeur de la monnaie. En Angleterre, l'époque d'Elizabeth a constitué l'une de ces périodes, et c'est alors que lord Burleigh et sir Thomas Smith, considérant la dépréciation des métaux précieux, qui devenait sensible, firent passer au Parlement un acte obligeant les Université& d'Oxford et de Cambridge à se réserver un tiers de leurs rentes foncières en froment et en orge.

[157] Boisguillebert, qui voudrait empêcher les rapporte de production bourgeois de se cabrer devant les bourgeois eux-mêmes, marque, dans ses idées, une prédilection pour les formes de l'argent où il n’apparaît qu'idéalement ou de manière fugitive. Ainsi avait-il fait pour le moyen de circulation. Ainsi fait-il pour le moyen de paiement. Ce qu'une fois encore il ne voit pas, c'est le passage Immédiat de l'argent de sa forme Idéale à sa réalité extérieure, c'est que la mesure des valeurs, imaginée seulement, recèle déjà le dur argent à l'état latent. Le fait, dit-il, que l'argent est une simple forme des marchandises elles-mêmes apparaît dans le grand commerce, où l'échange s'effectue sans intervention de l'argent après que «les marchandises sont appréciées ». (Le détail de la France, ibid., p. 210.)

[158] Locke : Some Considerations on the lowering of Interest, etc.. ibid. pp. 17, 18.

[159] « L'argent accumulé vient s'ajouter à la somme qui, pour être effectivement dans la circulation et pour satisfaire aux éventualités du commerce, s'éloigne et abandonne la sphère de la circulation elle-même. » (G. R. CARLI, note à VERRI: Meditazioni sulla Economia Politica, p. 196, vol. XV, collection Custodi, ibid.)

[160] 1re édition : « internationales ». Corrigé dans l’exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[161] MONTANARI : Della Moneta (1683), ibid., p. 40 : « Les relations entre tous les peuples sont Bi étendues sur tout le globe terrestre, que l'on peut presque dire que le monde entier est devenu une seule ville où se tient une foire permanente de toutes les marchandises et où chacun, sans sortir de chez lui, peut, au moyen de l'argent, s'approvisionner et jouir de tout ce qu'ont produit n'importe où la terre, les animaux et le labeur humain. Merveilleuse Invention. »

[162] 2. « Les métaux possèdent cette propriété et cette particularité que chez eux seulement tout se ramène à une seule chose, qui est la quantité : Ils n'ont reçu de la nature, ni dans leur structure interne, ni dans leur forme et leur façon externes, de diversité de qualité. » (Galiani : Della Moneta, p. 130.)

[163] En 780, une foule de pauvres gens émigra pour aller laver les sables aurifères au sud de Prague, et trois hommes purent, en un jour, extraire 3 marcs d'or. En conséquence, l'affluence aux digginqs [placers] et la nombre de bras enlevés à l'agriculture furent si grands que, l'année suivante, le pays fut éprouvé par la famine. (Voir M. G. KOERNER : A bhandlung von dem Altertum des bahmischn Bergwerks, Schneeberg, 1768. [P. 37 et suiv.])

[164] « L'or est une chose merveilleuse ! Qui le possède est maître de tout ce qu'il désire. Avec de l'or, on peut faire entrer des âmes au paradis. » (Christophe Colomb, dans une lettre de la Jamaïque, 1503.) [Note de l'exemplaire I, annoté à la main ]

[165] En français dans le texte. (N. R.)

[166] Hume admet d'ailleurs cette progressivité, si peu que cela réponde à son principe. Voir David HUME : Essays and Treatises on several Subjects, Édit. Londres, 1777, vol. 1er, p. 300.

[167] Voir STEUART : An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., Vol. I, pp. 394-400.

[168] David HUME : Essays, etc., p. 300.

[169] David HUME, ibid., p. 303.

[170] David HUME, Essays, etc., 303.

[171] « Il est évident que les prix ne dépendent pas tant de la masse absolue des marchan­dises et de celle de l'argent qui se trouvent dans un pays, que de la masse des marchandises qui vient sur le marché ou peut y venir, et de l'argent en circulation. Si les espèces sont enfermées dans des coffres, cela a le même effet pour les prix que si elles étaient détruites ; si les marchandises sont entassées dans des magasins et des greniers à blé, l'effet est le même. Comme, en pareils cas, les marchandises et l'argent ne se rencontrent jamais, ils ne peuvent pas non plus agir les uns sur les autres. La totalité (des prix) finit par atteindre une juste proportion avec la nouvelle muse de numéraire qui se trouve dans la pays. » (Essays and Treatise on several Subjects, pp. 303, 307, 308.)

[172] « Leur », introduit dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[173] Voir LAW et FRANKLIN sur le surplus de valeur que donnerait à l'or et à l'argent leur fonction de monnaie. Également : FORBONNAIS. [Note de l'exemplaire I, annoté à la main.]

[174] Cette fiction se trouve textuellement dans MONTESQUIEU. [Note de l'exemplaire II, annoté à la main.]

[175] STEUART. An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., vol. 1er, p. 394 et suiv.

[176] James STEUART, ibid., vol. Il, pp. 377-379, passim.

[177] Ibid., pp. 379-380, passim.

[178] « Le numéraire additionnel sera mis en coffre ou transformé en argenterie Quant au papier monnaie, dès qu'il aura rempli son premier but, qui est de satisfaire les besoins de celui qui l'a emprunté, il reviendra au débiteur et sera réalisé... Aussi, qu'on augmente ou diminue les espèces d'un pays dans une proportion aussi grande que l'on voudra, les marchandises n'en monteront ou n'en baisseront pas moins suivant les principes de la demande et de la concurrence, et celles-ci dépendront toujours des dispositions de ceux qui ont quelque bien ou un genre quelconque d'équivalent à céder, mais jamais de la quantité de numéraire qu'ils possèdent... Qu'on la rende (la quantité des espèces dans un pays) aussi petite que l'on voudra, tant qu'il y aura dans le pays de la propriété réelle de quelque nature que ce soit, et de la concurrence dans la consommation entre ceux qui la possèdent, les prix seront élevés grâce au troc, à l'usage de la monnaie symbolique, aux règlements réciproques et mille autres Inventions Si ce pays a des relations avec d'autres nations, Il faut qu'il existe un rapport entre les prix de bien des marchandises ici et ailleurs, et une brusque augmentation ou une brusque diminution des espèces, en admettant qu'elle pût par elle-même avoir pour effet la hausse ou la baisse des prix, serait limités dans ses effets par la concurrence étrangère. » STEUART : An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., vol. 1er, pp. 400-402. « La circulation de chaque pays doit être adaptée à l'activité Industrielle des habitants qui produisent les marchandises venant sur le marché... C'est pourquoi, si le numé­raire d'un pays tombe au-dessous de la proportion correspondant au prix du travail offert en vente, on aura recours à des Inventions comme la monnaie symbolique pour fournir un équivalent. Mais, s'il arrive que le numéraire dépasse la proportion correspondant à l'activité industrielle, il ne provoquera pas de montée des prix et n'entrera pas non plus dans la circula­tion : il sera amassé sous forme de trésors... Quelle que puisse être la masse d'argent dans un pays par rapport au reste du monde, il ne peut jamais en rester dans la circulation qu'une quantité sensiblement proportionnelle à la consommation des habitants fortunés et au travail et à l'activité industrielle des pauvres », et la proportion n'en est pas déterminée « par la quantité d'argent se trouvant effectivement dans le pays ». (Ibid., p. 403-408, passim.) « Tous les pays s'efforceront de jeter les espèces qui ne sont pas nécessaires à leur propre circulation, dans le pays où l'intérêt de l'argent est élevé par rapport au leur propre. » (Ibid., vol. Il, p. 5.) « Le pays le plus riche d'Europe peut être le plus pauvre en espèces circulantes. » (An Inquiry into the Principles of Political Economy, etc., vol. II, p. 6.) Voir la polémique contre Steuart dans Arthur Young. [Addition de l'exem­plaire 1, annoté à la main.]

[179] STEUART, ibid., vol. II, p. 370. Louis Blanc transforme la money of the society, ce qui ne signifie autre chose que monnaie intérieure, nationale, en monnaie socialiste, ce qui ne signifie rien du tout et fait conséquemment de John Law un socialiste. (Voir son premier volume de l'Histoire de la Révolution française.)

[180] MACLAREN : History of the Currency, Londres, 1858, p. 43. Le patriotisme a conduit un écrivain allemand mort prématurément (Gustav Julius) à faire du vieux Büsch une autorité qu'on oppose à l'école ricardienne. L'honorable Büsch a traduit en patois hambourgeois l'anglais génial de Steuart en estropiant l'original aussi souvent que possible.

[181] Ceci n'est pas exact. Il formule au contraire correctement la loi en plusieurs endroits. [Note de l'exemplaire 1, annoté à la main.)

[182] En français dans le texte. (N. R.)

[183] C'est pourquoi la distinction entre currency et money, c'est-à-dire entre moyen de circulation et monnaie, ne se trouve pas dans le Wealth of Nations. Trompé par l'apparente naïveté d'Adam Smith, qui connaissait fort bien son Hume et son Steuart, l'honnête Maclaren fait cette remarque : « La théorie de la dépendance des prix vis-à-vis de la quantité des moyens de circulation n'a pas encore jusqu'ici attiré l'attention ; et pour le Dl Smith, comme pour M. Locke » (Locke varie dans sa manière de voir) « la monnaie métallique n'est autre chose qu'une marchandise. » (MACLAREN : History of the Currency, p. 44.)

[184] Commission de l'encaisse métallique. (N. R.)

[185] David RICARDO : The high Price of Bullion, a Proof of the Depreciation of Banknotes, 4e édition, Londres, 1811. (La première édition parut en 1809.) Et encore : Reply to Mr. Bosanquet's praotical Observations on the Report of the Bullion Comittee, Londres, 1811.

[186] David RICARDO : On the Principles of Political Economy, etc., p. 77. « La valeur des métaux précieux, comme celle de toutes les autres marchandises, dépend, en fin de compte, de la quantité totale de travail nécessaire pour les obtenir et pour les amener sur le marché. »

[187] Ibid., pp. 77, 180, 181.

[188] RICARDO, ibid., p. 421 : « La quantité de monnaie qui peut être employée dans un pays dépend de sa valeur. Si l'or seul était en circulation, il en faudrait quinze fois moins que ai l'argent était seul employé. » Voir aussi RICARDO : Proposals for an economical and secure currency, Londres, 1816, p. 17, 18, où il dit : « La quantité des billets en circulation dépend du montant requis pour la circulation du pays et celui-ci est réglé par la valeur de l'unité de mesure de la monnaie, le montant des paiements et l'économie de leur réalisation. »

[189] RICARDO : Principles of Political Economy, pp. 432, 433.

[190] Ce mot (relative) n'existe pu dans la première édition. Corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[191] 1re édition; « de toutes les formes déterminées que possède la monnaie en dehors de sa forme de moyen de circulation ». corrigé dans l'exemplaire 1, annoté à la main. (N. R.)

[192] David RICARDO : Repty to Mr. Bosanquet's practical Observations, etc., p. 49. « Que le prix des marchandises monterait ou descendrait proportionnellement à l'accroissement ou à la diminution de la monnaie, je pose la chou comme un fait indiscutable. »

[193] David RICARDO : The high Price, of Bullion, etc. « La monnaie aurait dans tous les pays la même valeur » (p. 4). Dans son Économie politique, Ricardo a modifié cette proposition, mais sans que cela tire à conséquence Ici.

[194] Ibid., pp. 3-4.

[195] « Juste », introduit dans l'exemplaire 1, annoté à la main. (N. R.)

[196] « Juste », introduit dans l'exemplaire 1, annoté à la main. (N. R.)

[197] Ibid., p. 4.

[198] « Une balance défavorable ne provient Jamais que d'une surabondance des moyens de circulation. » (RICARDO : The high Price of Bullion, etc., pp. 11, 12.)

[199] « L'exportation des espèces est provoquée par leur bon marché et n'est pas l'effet, mais la cause d'une balance défavorable. » (Ibid., p. 14.)

[200] Ibid., p. 17.

[201] 1re édition « pour que ses constatations s'orientent ». (N. R.)

[202] 1re édition « agissant ». Corrigé dans l'exemplaire Il, annoté à la main. (N. R.)

[203] RICARDO The high Price of Bullion, etc., pp. 74, 75. « L'Angleterre, par suite d'une mauvaise récolte, se trouverait dans la situation d'un pays qui a été privé d'une partie de ses marchandises et qui, par suite, a besoin d'une quantité moindre de moyens de circulation. Les espèces, qui égalaient auparavant les paiements, deviendraient maintenant surabondantes et relativement bon marché par rapport à la diminution de sa production. L'exportation de cette somme rétablirait donc la valeur du moyen de circulation par rapport à celui des autres pays. » Sa confusion entre l'argent et la marchandise, et entre l'argent et le numéraire, a quelque chose de risible dans la phrase suivante : « S'il est possible de supposer qu'après une récolte défavorable l'Angleterre se trouvant amenée à faire une Importation extraordinaire de blé un autre pays possède cet article en surabondance, mais n'a besoin d'aucune espèce de marchandises, Il s'ensuivrait Indubitablement que ce pays n'exporterait pas son blé en échange de marchandises ; mais il n'exporterait pas non plus de blé contre de l'argent, puisque celui-ci est une marchandise dont le besoin, dans un pays, n'est jamais absolu, mais relatif. » (Ibid., p. 75.) Dans le poème héroïque de Pouchkine, le père du héros n'arrive jamais à comprendre que la marchandise est de l'argent. Mais, que l'argent est une marchandise, les Russes l'ont de tout temps compris, comme le prouve non seulement l'importation de blé par l'Angleterre, de 1838 à 1842, mais encore toute leur histoire commerciale.

[204] Voir Thomas TOOKE : History of Prices, et James WILSON : Capital, Currency and Banking. (Ce dernier livre est la reproduction d'une Série d'articles qui parurent en 1844, 1845 et 1847 dans le London Economist.)

[205] James DRACON HUME : Letters on the Cornlaws, Londres, 1834, pp. 29-31.

[206] 1re édition : « monnaie ». Corrigé dans l'exemplaire I, annoté à la main. (N. R.)

[207] Thomas TOOKE : History of Prices, etc., Londres, 1848, p. 110.

[208] 1re édition: « elle ». (N. R.)

[209] Voir W. BLAKE : les Observations, etc., citées plus haut.

[210] James MILL: Elements of Political Economy. Dans le texte de la traduction française de J. T. PARISSOT, Paris, 1823.

[211] Elements of Political Economy, pp. 128-187, passim

[212] 1re édition. : « monnaie ». Corrigé dans l'exemplaire II, annoté à la main. (N. R.)

[213] Quelques mois avant que n'éclate la crise commerciale générale de 1857 siégeait une commission de la Chambre des communes pour ouvrir une enquête sur les effets des lois bancaires de 1844 à 1845. Lord Overstone, le théoricien qui donna le jour à ces lois, se laisse aller dans sa déclaration devant le comité aux fanfaronnades suivantes : « Grâce à l'observation stricte et prompte des principes de l'acte de 1844, tout s'est passé avec régularité et facilité, le système monétaire est sûr et n'a pas été ébranlé, la prospérité du pays est incontestée, la confiance publique dans l'acte de 1844 se renforce tous les jours. Si la commission désire d'autres preuves pratiques que les principes sur lesquels repose cet acte sont sains, et la démonstration des heureux résultats qu'il a assurés, il nous suffira de lui répondre en toute franchise : regardez autour de vous ; considérez l'état présent des affaires de notre pays ; considérez la satisfaction du peuple ; considérez la richesse et la prospérité de toutes les classes de la société ; et, après l'avoir fait, la commission sera en état de décider si elle veut s'opposer au maintien d'un acte grâce auquel ont été obtenus de tels succès. - [Report from the Select Committee on Bank Acis, etc., 1857. Déclaration no 4189.] Overstone claironnait ainsi son propre triomphe le 14 juillet 1857 et, le 12 novembre de la même année, le ministère devait, sous sa propre responsabilité, suspendre la miraculeuse loi de 1844.

[214] Tooke Ignorait totalement l'écrit de Steuart, comme il ressort de son History of Prices from 1839 till 1847, Londres, 1848, où il résume l'histoire des théories de la monnaie.

[215] L'écrit important de Tooke, en dehors de l'History of Prices, que son collaborateur Newmarch a éditée en six volumes, est An Inquiry into the Currency Principle, the connection of currency with prices, etc., 2e édition, Londres, 1844. Nous avons déjà cité l'écrit de Wilson. Il reste enfin à signaler John Fullarton : On the Regulation of Currencies, 2e édition, Londres, 1845.

[216] « Il convient de distinguer entre l'argent eu tant que marchandise, c'est-à-dire comme capital, et l'argent en tant que moyen de circulation. » (TOOKE : An Inquiry into the Currency Principle, etc., p. 10.) « On peut compter sur l'or et l'argent pour réaliser avec leur apport presque exactement la somme dont on a besoin L'or et l'argent possèdent un avantage infini sur tous les autres genres de marchandises... du fait qu'ils sont d'un usage universel comme monnaie... Ce n'est pas en thé, café, sucre ou indigo qu'on s'engage généralement par contrat à payer les dettes à l'étranger ou à l'intérieur, mais en espèces ; et l'envoi d'argent, soit précisément sous la forme du numéraire stipulé, soit sous forme de lingots, qui peuvent être aussitôt convertis en ce numéraire par l'intermédiaire de la Monnaie ou du marché du pays dans lequel il est expédié, offrira toujours à l'expéditeur le moyen le plus sûr, le plus direct et le plus exact, d'atteindre le but envisagé sans courir le risque de faire une mauvaise opération en raison de l'insuffisance de la demande ou de la fluctuation du prix. » (Fullarton, ibid., pp. 132, 133.) « Tout autre objet - (que l'or et l'argent) « peut, par la quantité ou en raison de Ba nature, dépasser la demande habituelle du pays où on l'envoie. » (Toooke : An Inquiry, etc.)

[217] Nous étudierons la transformation de l'argent en capital dans le troisième chapitre, qui traite du capital et termine cette première section.

[218] Voir la préface de Marx, page 3. L'introduction est datée du 29 août 1857, elle est reproduite d'après la photocopie du manuscrit de l'Institut du marxisme-léninisme. Le titre ci-dessus devenu traditionnel, n'est pas de Marx. (N. B.)

[219] Animal politique. (N. R.)

[220] Dans la version Kautsky : dans la consommation. (N. R.)

[221] Addition de Kautsky à l'original. (N. R.)

[222] Kautsky a lu tel Auflõsung (analyse) au lieu de Aufjassung (Conception). (N. R.)

[223] Cette phrase n'existe pu dans l'original. (N. R.)

[224] Dans le texte de Kautsky: sert. (N. R.)

[225] Dans le texte de Kautsky: d'individus isolés. (N. R.)

[226] En français dans le texte. (N. R.)

[227] En français dans le texte. (N. R.)

[228] Restitué d'après l'original. Dans le texte de Kautsky: grade nur kombinierten gesellschaftsformen (précisément à des formes de société complexes seulement) au lieu de: grade einer kombinierten Gesellschaftsform. (N. R.)

[229] En français dans le texte. (N. R.)

[230] En français dans le texte. (N. R.)

[231] Chez Kautsky ; l'ancienne histoire de la religion et des États. (N. R.)

[232] Les parenthèses dans l'original. (N. R.)

[233] Restitué d'après l'original. (N. R.)

[234] Toute la ponctuation de ce passage, pleine d'erreurs dam le premier déchiffrage, est rétablie tel d'après l'original. (N. R.)

[235] Restitué d'après l'original. (N. R.)

[236] Parenthèses d'après l'original. (N. R.)

[237] Dans l'original, le mot est santé. Nous reprenons le mot « mythologie » donné dans J'édition de Moscou (1939) et qui nous parait plus satisfaisant que le mot « art » de l'édition Kautsky. (N. R.)

[238] Imprimerie du Times. (N. R.)

[239] Immuable: Ici commence le cahier B'. La couverture porte l'indication BI et au-dessous on lit:

QUALITÉ ESTHÉTIQUE DE L'OR.

[...] aurum vero

[...] fulgens (ardens) ut Ignis

[...] quia* ardet ln nocte,

[...] eximie inter magnificas

[...] divitias. (*quia, dans le manuscrit quae.)

Le texte latin en regard n'est que la traduction de Pindare : « L'or est comme un feu étincelant, parce qu'il brille même dans la nuit au milieu des richesses les pluie magnifiques. (N. R.)

[240] Voir plus haut, dans le premier texte de Marx, Critique de l’économie politique : «La Monnaie», section : b) Moyen de paiement. (N. R.)

[241] Ces deux mots en français dans le texte. (N. R.)

[242] Voir plus haut, Critique de l’économie politique, La marchandise. A) Considérations historiques sur l’analyse de la marchandise. (N. R.)

[243] Dans le manuscrit; il y a weder in au lieu de in keiner. (N. R.)

[244] Dans le manuscrit « matérielle » est écrit juste au-dessus de « véritable » sans autre Indication. (N. R.)

[245] Dans le manuscrit: sa (seine) au lieu de : leur (ihre). (N. R.)

[246] Idem.

[247] Dans le cahier de Marx, il y a un blanc à la place de l'indication ajoutée entre crochets par les éditeurs du manuscrit. (N. R.)

[248] Ces deux derniers paragraphes ont été repris avec peu de changements dans la Contribution, voir pp. 110-111. (N. R.)

[249] Ce caractère cosmopolite de l'argent a frappé les Anciens. « De quel pays, de quelle tribu est-il ? Il est riche. » *

* Cette note de Marx figure ici en allemand. On retrouve la citation en grec à la page 202. (N. R.)

[250] Dans le manuscrit : wird (devient) au Heu de werden (deviennent). (N. R.)

[251] Règlent (regulieren) ; dans le manuscrit, on lit ; zirkulieren (circuler). (N. R.)

[252] Primitivement, Marx avait écrit « sans que ses membres ». il est donc évident que c'est à ce passage que se rapporte une note inscrite en tête de cette page. Elle est marquée d'une croix et mise entre parenthèses, mais il n'y a pas dans le texte un signe indiquant les mots auxquels elle se réfère. La volet : (l'argent apparaît ici en fait comme leur communauté existant objectivement en dehors d'eux). (N. R.)

[253] « Aussitôt que les métaux précieux deviennent objets de commerce, équivalent universel pour toute chose, ils deviennent aussi mesure de la puissance entre nations » (STEUART).

[254] Dans le manuscrit : losreissen, se détachent. (N. R.).

[255] Dans la manuscrit on lit: aus den Ohren (des oreilles) au lieu de : an den Ohren. (N. R.)

[256] Cette citation se retrouve en allemand dans la Contribution, voir p. 117 (note). (N. R.)

[257] « L'argent a sa propriété d'être toujours échangeable contre ce qu'il mesure. » (BOSANQUET.)

[258] « L'argent peut toujours acheter d'autres marchandises, taudis que d'autres marchandises ne peuvent pas toujours acheter l'or... Il doit y avoir une quantité très considérable de métaux précieux apte à être employée et employée comme le moyen le plus approprié pour régler les balances des paiements internationaux. » (TOOKE.)

[259] « On peut faire fond sur l'or et l'argent pour réaliser à leur arrivée à peu près la somme exacte à fournir... L'or et l'argent possèdent en pareille occasion un immense avantage sur les autres sortes de marchandises du fait qu'ils sont universellement utilisés comme monnaie. » (N. R.)

[260] Corde. (N. R.)

[261] « Ce n'est pas en thé, en café, en sucre ou en Indigo, que l'on s'engage d'ordinaire à payer des dettes, à l'étranger ou à l'intérieur, mais en espèces; et par conséquent un versement, qu'il soit spécifié en même monnaie, ou en lingots qui peuvent rapidement être transformé$ en cette monnaie par la Monnaie on le Marché du pays auquel Ils sont envoyés, doit toujours procurer à celui qui l'envoie le moyen le plus sûr, le plus direct et le plus approprié de remplir son objet, sans risque de contretemps du fait de l'absence de demande ou de fluctuation du prix. » (N. R.)

[262] « Tout autre article peut, en quantité ou en nature, excéder la demande habituelle du paye où on l'expédie. » (TOOKE).

[263] « L'introduction de l'argent qui achète toutes choses... entrains la nécessité de l'aliénation légale » (même de biens féodaux) (DALRYMPLE).

[264] A peu près toutes les citations des pages suivantes ont été reprises par Marx dans le chapitre de la Contribution consacré à la thésaurisation. Voir Contribution, p. 94 et suivantes.

[265] Dans le manuscrit : dans.

[266] « Ceux-ci n'ont qu'un dessein et livrent à la bête leur qualité d'homme et leur pouvoir... et personne ne pourra acheter ni vendre que celui qui aura le caractère ou le nom de la bête ou le nombre de son nom. » (Même citation, p. 204.)

[267] « Ici et maintenant. » (N. R.)

[268] Le texte allemand est : versieht, daher ; on lisait dans le manuscrit : versieht ist daher. (N. R.)

[269] « Pour let et maintenant. » (N. R.)

[270] Au-dessus de ces mots, en lit dans le manuscrit sans encoche pour Indiquer où s'insère cette expression : und Lehre der Entsagung (et théorie du renoncement). (N. R.)

[271] On lit ici Geld et non Gold (or) comme dans la même citation reproduite à la page 94 de la Contribution. (N. R.)

[272] « Il faut que le père de famille ait la passion de vendre, non d'acheter. » (N. R.)

[273] Livres sur le commerce et l'usure.

[274] Le texte allemand ne comporte pas ici la négation que le contexte Impose pourtant. Volet d'ailleurs le texte exact de Boisguillebert. « Il est très certain qu'il [l'argent] n'est point un bien de lui-même, et que la quantité ne fait rien pour l'opulence d'un pays en général, pourvu qu'il y en ait assez pour soutenir les prix contractés par les denrées nécessaires à la vie, etc.. » (N. R.)

[275] Dans le manuscrit: maintenir. (N. R.)

[276] Dans le manuscrit: faire au lieu de former. (N. R.)

[277] Dans le manuscrit: toujours au lieu de tom les jours. (N. R.)

[278] 1. « Les échanges entre les peuples se sont si largement établis par tout le globe terrestre, que l'on peut presque considérer aujourd'hui le monde entier comme une seule ville, où Bi-, tient une foire perpétuelle de toutes les marchandises, et où chacun peut, par le moyen de l'argent et tout en restant chez soi, se procurer tout ce que la terre, les animaux et l'industrie des hommes produisent ailleurs, et en jouir. Merveilleuse invention ! » (MONTANARI.)

[279] « De quel pays est cet homme, de quelle tribu ? Il est riche. » (N. R.)

[280] « La cupidité espérant tirer des profondeurs du sol Pluton * lui-même » (DEMETRIUS).

* Demetrius confond probablement Pluton avec Ploutos, dieu de la richesse. (N. R.)

[281] « Mais c'est de l'argent que la cupidité tire son origine... elle se mit peu à peu à briller avec une espèce de rage : déjà ce n'était plus de la cupidité, mais la faim de l'or » (PLINE).

[282] « Pour les hommes, il n'y a jamais eu d'institution aussi fatale que l'argent. C'est lui qui ronge les cités ; c'est lui qui chasse las gens de leurs demeures, c'est lui qui séduit, qui trouble les esprits vertueux des humains et leur fait commettre des actions honteuses. De tous temps il leur apprit des vilenies et la pratique de toutes les Impiétés » (SOPHOCLE).

[283] « Or ! or jaune, luisant, précieux... En voici assez pour rendre le noir blanc, le laid beau, l'injuste juste, le vil noble, le vieux jeune, le lâche vaillant 1 0 Dieux 1 Pourquoi cela ? Qu'est-ce cela, ô Dieux immortels ? Cela, c'est ce qui détourne de vos autels vos prêtres et vos serviteurs* ; il arrachera, l'oreiller de dessous la tête des mourants ; cet esclave jaune bâtit et démolit vos religions, fait bénir les maudits, adorer la lèpre blanche, place les voleurs au banc des sénateurs et leur donne titre, hommages et génuflexions ; c'est lui qui fait une nouvelle mariée de la veuve vieille et usée ; elle qui ferait lever le cœur à un hôpital de plates hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, argile damnés, catin du genre humain. » (SHAKESPEARE : Timon d'Athènes, Acte V, Scène III.)

* Notation analogue dans le Plutus d'Aristophane. (Note de Marx.)

[284] Dans le manuscrit, ce texte en allemand est écrit en regard des six premiers vers de Shakespeare. La citation de l'Apocalypse (page suivante) est écrite en regard des dix derniers vers. (N. R.)

[285] Voir note 4, p. 197, où cette citation figure déjà. (N. R.)

[286] La plupart des idées et même de nombreux passages de ce chapitre se retrouvent à peine modifiés dans la Contribution, voir IV. Les métaux précieux, p. 116 et suiv. (N. R.)

[287] « Les métaux précieux sont Identiques dans leur qualités physiques, de sorte que des quantités égales de ceux-ci seraient assez identiques pour ne pas donner de raison de préférer les unes aux autres. Cela n'est pas le cas pour des nombres égaux de bêtes ou des quantités égales de céréales. » (N. R.)

[288] « L'or se différencie remarquablement des autres métaux, à de rares exceptions près du fait qu'on le trouve dans la nature à l'état de métal. » (N. R.)

[289] « Le fer et le cuivre, l'étain, le plomb et l'argent sont habituellement découverts combinés chimiquement avec de l'oxygène, du soufre, de l'arsenic ou du carbone, et les quelques eu exceptionnels où ces métaux se présentent à l'état pur, ou, comme on le disait naguère, à l'état vierge peuvent plutôt être cités comme des curiosités minéralogiques que comme des produits courants. L'or, lui, se rencontre toujours à l'état natif ou métallique... De plus, l'or, du fait qu'il s'est formé dans ces roches qui sont le plus exposées à l'action atmosphérique, se trouve dans les filons des montagnes.... les fragments de ces rochers sont détachés, emportés par les eaux dans les vallées et roulé& jusqu'à être des graviers par l'action constante de l'eau courante. » (N. R.)

[290] « L'or se présente le plus fréquemment à l'état pur, ou, du moins, si proche de l'état pur que sa nature de métal peut aussitôt être reconnue. » (N. R.)

[291] « Les rivières sont, en fait, de grandes sébiles naturelles, emportant d'un coup toutes les particules plus légères et plus fines, les plus lourdes ou bien s'accumulant contre les obstacles naturels ou bien étant abandonnées quand le courant diminue de force et de vitesse Dans presque tous, peut-être dans tous les pays d'Europe, d'Afrique et d'Asie, des quantités d'or plus ou moins grandes ont, depuis les temps les plus reculés, été lavées par de simples dispositifs et tirées des gisements aurifères. » (N. R.)

[292] « L'extraction... est un art demandant l'emploi de capitaux et plus de sciences et d'arts accessoires. » (N. R.)

[293] « Les métaux possèdent cette propriété et cette particularité que chez eux toutes les qualités se ramènent à une seule : leur quantité. Ils n'ont pas reçu de la nature des qualités diverses, ni dans leur constitution interne, ni dans leur forme et leur façon externe » (GALIANI).

[294] « Identité de qualité dans toutes les parties du monde ; permettent le fractionnement en partie exiguës et la répartition exacte. » (N. R.)

[295] « L'argent ne fait... retour qu'en espèce ; et ce fait distingue cet... agent de tout autre mécanisme Indique la nature de son office, prouve clairement le caractère unique de sa fonction » (OPDYKE).

[296] « O heureuse monnaie, qui fournit au genre humain une boisson douce et utile, et maintient ceux qui la possèdent à l'abri de ce fléau infernal qu'est la cupidité, puisqu'on ne peut ni l'enfouir ni la conserver longtemps» (STORCH).

[297] En allemand: Gold (or), Geld (argent), Gelb (jaune). (N. R.)

[298] Adam SMITH. [Cette note de bas de page de Marx - sans appel de note dans le texte - se rapporte de toute évidence à l'indication antérieure, p. 213 : (voir aussi Adam Smith». (N. R.)

[299] En français dans le texte. (N. R.)

[300] Ici, commence un nouveau cahier. Marx y distingue deux parties. Dans ses « Notes sur mes cahiers » Il désigne la première, qui va des pages 1 à 14, par Cahier B''; la deuxième, pages 16 à 19 du même cahier, il l'appelle Cahier B"II Les deux parties sont séparées par une page blanche, la page 15. (N. R.)

[301] Leistungen (prestations); on peut lire aussi dans le manuscrit: Bestimmungen (déterminations). (N. R.).

[302] « Niveleur. » (N. R.)

[303] Par exemple : Il y a harmonie quand dans un pays la production patriarcale cède le pas à la production Industrielle. Et le procès de dissolution, qui accompagne cette évolution, n'est conçu que sous son aspect positif. Mais il y a disharmonie, quand la grande industrie anglaise met un terme, par la terreur, aux formes patriarcales ou petites-bourgeoises de production dans quelque nation étrangère. La concentration du capital dans un pays et ses effets dissolvants n'ont Pour lui que des côtés positifs. Mais les effets, sur d'autres capitaux nationaux, du capital anglais concentré qu'il dénonce comme le monopole de l'Angleterre, voilà la disharmonie par excellence. (Note de Marx).

[304] Slavery abroad (?) Dans le manuscrit n'existent que les guillemets, avec entre eux un espace vide pour une insertion ultérieure. (N. R.).

[305] Carey est en fait le seul économiste américain original, et la grande Importance de ses oeuvres provient de ce que, matériellement, c'est la société bourgeoise sous sa forme la plus libre et la plus large qui leur sert partout de base. Il exprime sous une forme abstraite les vastes perspectives de la société américaine et Il les oppose à l'ancien monde. Le seul arrière-plan concret de Bastiat, c'est l'étroitesse des conditions économiques françaises, qui partout, dans ces Harmonies, montrent le bout de leurs longues oreilles, et par opposition auxquelles on appelle les conditions de production anglaises et américaines, après les avoir Idéalisées : « Exigences de la raison pratique. » D'où la richesse de Carey en recherches personnelles, pour ainsi dire bona fide [de bonne foi] sur des questions économiques spécifiques. Là où, par exception, Bastiat feint d'abandonner ses lieux commune coquettement ciselés, pour s'abaisser à l'étude de catégories réelles, par exemple dans l'étude de la rente foncière, il démarque Carey purement et simplement. Alors que ce dernier combat principalement les contradictions, qui battent en brèche sa conception harmonieuse, sous la forme que les économistes classiques anglais ont développée, Bastiat, lui, plaide contre les socialistes. Carey doit à la profondeur de ses conceptions de trouver dans l'économie elle-même la contradiction qu'il a à combattre en tant que partisan de l'harmonie, tandis que cet ergoteur vaniteux de Bastiat ne voit de contradiction qu'externe. (Note de Marx).

[306] Au lieu de dilatoire (dilatorische), on peut lire aussi dans le manuscrit: dialektische (dialectique) ou delektorische (éclectique). (N. R.).

[307] Ausweist. Dans le manuscrit on lit : hinweist ce qui n'aurait ici aucun sens. (N. R.).

[308] Le mot « individuelle » est placé dans le manuscrit juste au-dessus de « immédiate » sans autre indication. (N. R.).

[309] « Matière » (Stoff) est placé dans le manuscrit au-dessus de « contenu » (Inhalt) sans autre indication. (N. R.).

[310] « Incommodité. » (N. R.)

[311] « Tous disent que tu es riche. Moi, je dis que tu es pauvre, car c'est l'usage qui atteste la richesse. » (N. R.).

[312] En français dans le texte. L'expression est de Boisguillebert. (N. R.)

[313] « Résidu chimique » (N. R.)

[314] Ici commence le cahier B''II. (N. R.).

[315] « Moyen d'achat » est placé dans le manuscrit juste au-dessus de « moyen de circulation » sans autre indication. (N. R.).

[316] Ici se termine le manuscrit. Sur la page suivante, on ne nt rien d'autre que ce titre « Travail productif et Improductif ».

Les dernières pages de ce cahier contiennent las « Références à mes cahiers personnels ».

[317] Cité Par Marx au titre de The Currency Question etc. [La question des moyens de circulation etc.)