
Son Eminence Kalou Rinpoché (1904 1989) était lun des grands maîtres du Bouddhisme tibétain. Né au Tibet en 1904, il a dabord étudié les textes fondamentaux de la tradition, et a reçu de nombreuses initiations auprès de grands lamas tibétains encore vivants au début du siècle.
Il a ensuite passé 12 ans en retraite solitaire et en pratiques ascétiques dans des grottes, à limage de Milarépa*, le fondateur de la lignée spirituelle Kagyupa à laquelle il se rattache. Son Eminence Kalou Rinpoché, en tant que détenteur de la lignée de transmission Changpa Kagyu*, lignée où laccent est mis particulièrement sur la pratique et sur lexpérience intérieure, dans le cadre de ce que lon appelle le tantrisme ou Vajrayana, en a transmis tous les enseignements.
Il fut reconnu comme un « Yogi réalisé », cest à dire comme un adepte qui est parvenu au terme de la voie spirituelle initiatique. Il sattacha à transmettre lenseignement de la méditation et la pratique du yoga tibétain. Il a ainsi dirigé de nombreuses retraites de 3 ans, et est devenu le Maître spirituel dun grand nombre de Yogis et de Lamas. Son activité sest dabord exercée au Tibet, au Bhoutan, en Inde, puis en occident où il a fondé un grand nombre de centre de méditations qui diffusent actuellement son enseignement.
Biographie de Kalou Rinpoché
Le détenteur de cette lignée est Sa Sainteté Kalou Rinpotché . Le yogii Khyoungpo Nèldjor (978-1127) introduisit au tibet les enseignements des dakinis de sagesse Niguma et Soukhassiddhi mais aussi de deux autres Lamas racines Rahula et Metripa. Il reçut des initiations, instructions, ... de cent cinquante sages et siddahs. Il vécut cent cinquante ans. Sa lignée " la transmission de l'enseignement du Lama Changpa " fut dénommée Changpa Kagyu. Jusqu'en 1989, le détenteur de cette lignée fut Sa Sainteté Kalou Rinpotché (1904-1989). Lui succède son principal disciple, le Très Vénérable Bokar Rinpotché. Cependant, la réincarnation de S.S. Kalou rinpotché a été officiellement reconnue en avril 1992 et intronisée en février 1993.
LA CONFIANCE RAVIVEE (de Bokar Rinpoché)
Extrait du Journal le Dharma no 6 special - Institut Karma Ling - Anc.Chartreuse de St Hugon - Arvillard, 73110 La Rochette (Savoie) France
Bref exposé des actes du lama sublime
OM SOTI Depuis d'innombrables éons, vous avez nourri votre être de la splendeur des deux accumulations, Vous avez maîtrisé la création, l'achèvement et la bodhicitta, Vous jouissez magnifiquement des deux bienfaits, le vôtre et celui d'autrui, Rangdjoung Kunkhyab, je me prosterne à vos pieds.
Ces mots énoncés comme une offrande servent de liminaire à ce texte consacré à un lama glorieux et saint, un guide sublime dont la bonté parfaite et l'activité merveilleuse se sont appliquées à toutes les traditions et aux êtres en cette époque dégénérée. Quand on doit le nommer, il est appelé le Seigneur des refuges, Lama Vajradhara Kalou Rinpotché. Le bref exposé de l'activité de ce lama sublime servira de rappel pour ceux qui ont pour lui de la dévotion ainsi que d'aliment pour leur foi.
De nombreux grands êtres à la vue profonde ont affirmé qu'il était l'expression de l'activité de Djamgecun Lama Lodreu Thayé, prophétisé par le Bouddha, qui fut le diadème couronnant tous les érudits accomplis du Pays des neiges, en même temps qu'une lumière pour toutes les traditions.
Le Seigneur des refuges Lama Vajradhara Kalou Rinpotché naquit en 1904 dans la chaîne de montagnes de Trécheu, dans le Kham, le Tibet oriental. Son père était Lèkché Drayang, un adepte tantrique, treizième incarnation de la lignée des trulkou de Ratak Palzang, et sa mère était connue sous le nom de Dreulkar (Tara blanche). De nombreux signes et présages extraordinaires accompagnèrent sa naissance.
Dès son enfance, il montra naturellement les marques d'un être saint et d'un apprentissage antérieur : le désintérêt pour le cycle des existences, la compassion pour les êtres, le respect pour le dharma et pour les lamas. Il apprit l'écriture, la lecture et le sens du dharma, sans effort, du seul fait d'en recevoir l'enseignement.
A l'âge de treize ans, au monastère de Pèlpoung, le siège kagyu du Tibet oriental, il fut ordonné moine par Djamgoeun Taï Sitou Péma Wangtchouk et reçut le nom de Karrna Rangdjoung Kunkhyab, "Issu de soi même omniprésent". Il fut plus tard unanimement reconnu que le nom et le sens s'accordaient.

A seize ans, il fit la retraite de'trois ans et trois mois au grand centre de retraite de Tsadra Rintchèn Dra, qui avait été le siège de Djarngoeun LodreuThayé. Du maître de retraite, Lama Norbou Teundroup, dont les expériences et les réalisations étaient complètes, il reçut des traditions nouvelles et anciennes, les initiations qui font mûrir et les instructions qui libèrent, plus particulièrement les instructions et les pratiques des Cinq enseignements d'or du grand accompli Khyoungpo Nèldjor, ceci à la manière dont on vide un vase dans un autre vase. Lors des stades d'imprégnation et d'accomplissement de ces pratiques, il manifesta une confiance, une diligence, des expériences et des réalisations tout à fait inhabituelles.
Avant et après cette retraite, il reçut, étudia, médita et pratiqua d'innombrables cycles d'initiations qui font mûrir et d'instructions qui libèrent, dans le cadre des sûtras et des tantras de l'ancienne et de la nouvelle école, de la part de nombreux grands êtres de toutes les traditions, dont le grand érudit Tachi Tcheupèl, un disciple de Djamgerun Lodreu Thayé, Sitou Péma Wangtchouk, Khyèntsé Shènpèn Eussèr, Paldèn Khyèntsé Eussèr, Pao Tsouklak Maweï Wangtchouk, Tsatsa Droubgyu, Dzoktchèn Rinpotché, Shétchèn Gyeltsap, Shétchèn Kontrul et Khyèntsé Tcheuky Lodreu.
Souhaitant renoncer à tous les conforts et tous les biens de cette vie, satisfait de ce qui se présentait, il se consacra à nourrir la force de son aspiration afin de pratiquer uniquement dans les ermitages de montagnes. Aussi, à l'âge de vingt cinq ans, renonça-t-il, extérieurement et intérieurement, à toutes choses matérielles, compagnons, serviteurs, relations familiales, confort, etc. Il demeura alors en retraite dans divers lieux solitaires, dont Lhapou près de Dergué, et, pendant douze ans, vivant du strict nécessaire, s'adonna à la seule pratique avec une indéfectible persévérance.
Puis, pour obéir à la demande de Sitou Péma Wangtchouk, il revint à Pèlpoung où il occupa durant de nombreuses années la fonction de lama maître de retraite pour les centres de retraite Naro-Ling et Nigou-Ling, celui du haut et celui du bas. Grâce à cela, de nombreux disciples ont brandi la bannière de la pratique, dont un grand nombre vit encore au Kham, ainsi qu'au Tibet central et dans la région de Tsang.
A quarante ans, Rinpotché se rendit en pélerinage et fit des offrandes dans plusieurs lieux du Tibet central et du Tsang, visitant les sanctuaires des deux principales statues de Lhassa, le Jowo et le Shakyamuni, ainsi que les grands monastères des différentes écoles. Il transmit à cette occasion les Cinq enseignements d'or de la glorieuse lignée changpa, conférant les initiations qui font mûrir, les instructions qui libèrent et les transmissions scripturaires qui servent de support, à de nombreux êtres, dont Kar-Dordjé de Séra, Lhatsun Rinpotché, Tokmé Rinpotché et Moktchok-Djé de Drépoung. Il leur donna ainsi en partage les enseignements de la lignée changpa.
Il revivifia par ailleurs les enseignements des traditions djonang et changpa dans différents lieux : notamment au monastère de Taranatha, Taktèn Puntsok Ling, siège de l'école djonang, lignée remarquable par sa splendeur et sa richesse autant culturelles que spirituelles, au siège vajra de Shangshoung (le monastère de Khyoungpo Nèldjor), ainsi qu'à Lhapou et Nyétang, monastères de Motchokpa. Son activité en faveur de la doctrine et des êtres fut alors immense. Rinpotché se rendit ensuite au Tibet oriental et demeura à Pèlpoung et à Hortok. Il reçut des enseignements, les étudia, les médita et les pratiqua; puis, il les propagea en donnant des initiations, des transmissions scripturaires et des explications.
Il agit ainsi grandement en faveur de la doctrine et accomplit le bien des êtres en rendant significative toute connexion établie avec lui.
En 1955, en raison des troubles survenus au Tibet oriental, il revint au Tibet central. La princesse du Bhoutan, Aché Wangmo, du fait de ses souhaits antérieurs et de l'excellente disposition naturelle de son esprit, conçut une très grande dévotion pour Rinpotché lorsqu'elle entendit parler de lui. Elle pria donc le très sublime et
Le glorieux Seizième Karmapa de le déléguer comme abbé du monastère de Kourteu, et comme chapelain de la famille royale. Sa Sainteté Karmapa convint qu'il fallait que Rinpotché aille au Bhoutan, ce qu'il fit en 1957.
Pendant de nombreuses années, il s'y maintint, protégea et développa la doctrine. Il établit en outre de nombreux centres de retraite de tradition karma kamtsang et changpa et fit construire des stûpa. Il conduisit de nombreuses personnes de cette région sur le chemin de la libération et de l'omniscience.
En 1966, Rinpotché s'établit à Sonada, au monastère. de Samdroup Dargyé Ling, où il créa tout d'abord le centre de retraite.
En 1973, à la demande de Sa Sainteté le seizième Karmapa, il donna à Rumtèk, siège de la lignée kagyu, différents cycles d'instructions aux quatre éminences qui sont la lumière des enseignements kagyu : Shamar Rinpotché, Sitou Rinpotché, Djamgeun Rinpotché et Gyaltsab Rinpotché. Il leur transmit les six doctrines de Naropa, qui constituent le chemin des moyens habiles dans la lignée de la pratique karma kamtsang, chemin issu de la tradition des "quatre transmissions", ainsi que mahâmudrâ, qui est le chemin de la libération. Il leur donna aussi les Cinq enseignements d'or de la lignée changpa. Cette transmission s'opéra à la manière d'un vase qu'on verse dans un autre vase.
Semblablement, suivant les directives de Sa Sainteté le Dalaï Lama, Rinpotché donna des initiations et des transmissions scripturaires à de nombreux guéché, dont les abbés et lamas de Namgyal Dratsang, le collège monastique de Sa Sainteté, ainsi que ceux des collèges tantriques supérieur et inférieur.
Il leur transmit notamment les Cinq enseignements d'or de la lignée changpa, les treize initiations du Protecteur et Dordjé Purpa dans la tradition des terma nouveaux.
De 1971 à 1989, Rinpotché se rendit plusieurs fois dans de nombreux pays : les EtatsUnis, le Canada, différents pays d'Europe et d'Asie du Sud Est. Aux disciples, il conférait tout d'abord les voeux de refuge dans les Trois joyaux. Insistant sur la loi du karma, la conduite à rejeter ou à adopter, il enseignait le grand et le petit véhicules. En particulier, dans le cadre du vajrayàna, il donnait les initiations qui font mûrir et les instructions qui libèrent. Plus spécialement, il conféra à plusieurs reprises la grande initiation de Kalachakra. Cependant, il guidait principalement ses disciples en leur enseignant la méditation de Tchènrézi, le Grand compatissant.
Dans ces différents pays, Rinpotché fonda plus de soixante dix centres du dharma ainsi que vingt centres de retraite ; il y fit édifier une vingtaine de stûpa. Il confia la responsabilité de ces centres à plus de trente lamas, ses disciples, ayant accompli la retraite de trois ans, chargés d'y dispenser l'enseignement du dharma. Dans le monde entier, sa bonté et son activité spirituelle engendrèrent d'immenses résultats pour la doctrine et pour les êtres.
En 1983, Rinpotché donna une preuve supplémentaire de sa sollicitude pour les êtres, en transmettant les initiations et les explications du Trésor des précieux terma aux quatre régents du Karmapa, qui sont comme les joyaux de la couronne des enseignements kagyu, ainsi qu'à de nombreux lamas, trulkou et moines, et des milliers de disciples dotés de foi, venus d'Inde, du Tibet, du Sikkhim, du Bhoutan, d'Orient et d'Occident.
En 1986, dans sa grande compassion, il décida de rendre plus accessible à l'ensemble du monde la compréhension et la pratique du saint dharma dans les trois véhicules du bouddhisme. Il fonda dans ce but un groupe de traduction appelé "Comité international pour la traduction de l'Encyclopédie des connaissances, traité résumant l'essence des sûtras, des tantras, et de la culture bouddhique". Avec l'assistance d'érudits tibétains des différentes écoles, les traducteurs occidentaux poursuivent actuellement ce travail.
En 1988, Rinpotché entreprit de faire construire un stûpa d'une trentaine de mètres de hauteur à Salugara, près de la ville de Siliguri, dans l'état du Bengale occidental, en bordure d'une voie de passage très importante. Ce stûpa contiendra les cinq sortes de perles reliques et sera un support de libération par la vue.

En février 1989, Rinpotché se rendit à Shérab Ling, le siège de Son Eminence Sitou Rinpotché. En compagnie de celui ci et d'autres éminences, il prit part au rituel de Mahâkâla, assista aux danses sacrées et participa aux festivités du nouvel an tibétain. Rinpotché gagna ensuite Dharamsala, siège du Dalaî Lama, où il rencontra Sa Sainteté, qui manifesta son intérêt pour son activité pour le bien des êtres et pour le dharma, et l'assura de son soutien.
Le 15 mars, Rinpotché revint à son monastère de Sonada. Il montra progressivement l'apparence d'une certaine altération de son état de santé. Son secrétaire particulier et neveu, Gyaltsèn, se sentit alors incapable d'assumer la
responsabilité de la situation. Il exposa à Rinpotché les grands avantages qu'il y aurait à ce qu'il soit transféré à Delhi, en France ou dans tout autre pays d'Orient ou d'Occident où il pourrait trouver la meilleure qualité de soins.
Rinpotché, toutefois, ne se montra pas favorable à cette suggestion, disant qu'il n'y aurait aucune utilité à se rendre où que ce soit, que le mieux était de rester là où il était. Son état de santé continuant de s'altérer, et suivant l'avis du médecin, il se rendit dans une clinique où il reçut des soins pendant trois semaines. Sa santé montra alors des signes d'amélioration.
Rinpotché regagna son monastère de Sonada le 5 mai. Cependant, dans les jours qui suivirent, son état s'aggrava de nouveau. Le 10 mai 1989, à trois heures de l'après midi, âgé de quatre vingt cinq ans, afin de donner un exemple à ceux qui, comme moi, sont devenus plus médiocres malgré leur connexion avec le dharma et restent accrochés à la permanence, ainsi que par égard pour les êtres vivant dans d'autres sphères d'existence, il entra dans la pure claire lumière, l'infinitude absolue.
Nous, ses disciples et les personnes de son entourage, Mines plongés dans les ténèbres de la souffrance, laissés sans refuge et sans protecteur.
A ce moment de total désarroi, Leurs Eminences Djanigoeun Kontrul Rinpotché, Shamar Rinpotché, Tchatral Rinpotché, Sitou Rinpotché et Gyaltsab Rinpotché vinrent successivement rendre hommage au koudoung, le corps sacré de Rinpotché.
Ils récitèrent avec ferveur des prières de souhaits afin que s'accomplisse pleinement ce qu'avait conçu l'esprit de Rinpotché entièrement tourné vers le bien des êtres et de la doctrine. Ils allégèrent notre tristesse en nous assurant que viendrait sans tarder une nouvelle émanation sublime, protecteur des enseignements et guide pour moi même, les disciples et les êtres. Dans cette intention, ils composèrent des prières de prompt retour. D'autre part, ils présidèrent aux rituels qui furent accomplis, manifestant ainsi leur bonté à notre égard.
En bref, notre noble laina, dès son plus jeune âge, manifesta son désintérêt pour le cycle des existences et, s'en détournant, il franchit le seuil des pré cieux enseignements du Bouddha. Il devint un grand maître vajra aux trois types de voeux, ceux de libération individuelle, de bodhisauva et du vajrayàna.

Par l'écoute, la réflexion et la méditation, il assura son propre développement spirituel; par l'explication, le débat et la composition, il fit le bien des autres ; par l'habileté, la noblesse et l'excellence, il fit son propre bien et celui d'autrui. Par ces neuf qualités propres aux êtres authentiques, il exposa, propagea, détint et protégea sans partialité la doctrine du Vainqueur, plus particulièrement les précieux enseignements des lignées karma kagyu et changpa kagyu.
Par sa bodhicitta et sa bonté extraordinaires, il a revivifié les enseignements en établissant des communautés pour les moines, fondement de la doctrine du Bouddha, et en créant des centres du dharma, au Tibet central et dans le grand Tibet, en Inde, en Chine, au Bhoutan et au Sikkhim, ainsi que dans toutes les parties du monde. Il s'est ainsi montré inégalable pour donner une vie nouvelle aux instructions sacrées. .
Parmi ses disciples qui sont détenteurs de lignées, se trouvent de nombreux et excellents amis spirituels, dont les régents de Sa Sainteté Karmapa dans la tradition kagyu, ainsi que des lamas et des trulkou de toutes les traditions. Dans le monde entier, il eut d'innombrables disciples à l'heureuse fortune, hommes et femmes. Deplus, des êtres sans nombre ont établi avec lui une connexion significative. Tous ont été placés sur l'excellent chemin de la libération et de l'omniscience.
Ce bref récit des évènements de la vie de Rinpotché a été écrit par un disciple de capacité inférieure qui, pendant de nombreuses années, a joui de la protection aimante de ce lama, le grand Vajradhara en personne. Moi qu'on appelle Bokar Trulkou ou Karrna Ngédeun Tcheuky Lodreu, j'ai composé ce texte le 3 juin 1989, face au précieux koudoung. Par cet acte, puissent moi même et tous les êtres atteindre l'état précieux de ce noble laina.
Sarva mangalam.
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