Introduction

Au 19ème siècle, 80% de nos ancêtres travaillaient la terre, ils vivaient péniblement et il n’y avait pas de chômage. Aujourd’hui les exploitants agricoles, 5% de la population, nous nourrissent et ils meurent de solitude (première catégorie socioprofessionnelle pour le taux de suicide) pour exploiter une terre saturée d’intrants qui nous empoisonnent.

Le téléphone et l’ADSL qui ont un coût de fonctionnement négligeable devraient être gratuits. Mais ce n’est pas possible parce que des humains passent leurs journées à nous harceler pour nous proposer les meilleures offres du marché. Des millions de citadins courent, roulent, polluent, passent des centaines d’heures par an dans des trains en banlieue ou dans des TGV pour produire, négocier, vendre des milliers d’objets à l’utilité incertaine. Nous vivons dans une société absurde où les hommes et les femmes se battent pour vendre toutes sortes de produits et de services redondants.

Nous vivons dans un pays où il n’y a pas eu de guerre depuis des dizaines d’années. L’efficacité des moyens de production s’est multipliée de façon considérable. Il y a une accumulation de travail humain fantastique dans les usines, les bâtiments, les inventions de toutes sortes et il existe encore des pauvres dans notre pays ! Pourquoi ? La réponse est essentiellement due à la mystification bancaire.

L’invention des banquiers : l’argent-crédit a permis l’explosion du capitalisme. Il est temps que cette invention tombe dans le domaine public et devienne un argent-service. L’essentiel de nos problèmes sociaux, le chômage, le stress, la pollution, la délinquance, viennent de cette calamité pour l’humanité qu’est l’argent-crédit.

On peut transformer le monde par ses actes de tous les jours. En changeant ses habitudes de consommation par exemple. Est-il encore utile de dire, de nos jours, que le bonheur n'est pas dans la consommation ? La sobriété n’est-elle pas plus apaisante pour l’esprit et pour la Terre ? Cela dit, La Politique reste le moyen le plus puissant de transformer nos rapports sociaux ainsi que nos rapports avec la nature. En clair, il vaut mieux parler et débattre de la vision que l'on peut avoir du « vivre ensemble » sur un territoire, de la gestion de la cité, plutôt que de se tirer dessus ! Bref, la Politique est incontournable. Les laudateurs du libéralisme économique-capitaliste s'accommodent très bien de la dictature financière dans laquelle nous vivons. La Politique a été sciemment dévalorisée par l'establishment financier, industriel et médiatique.

Au 20ème siècle, le communisme a été le projet alternatif au capitalisme. Aujourd’hui, ce mot est légèrement « plombé » par l’Histoire. Le mot récent d’altermondialisme pourrait désigner un communisme enrichi d’une réflexion des échecs de l’histoire du communisme. L’expression que j’ai choisie depuis mon engagement en politique est plutôt «écologie politique». Aujourd’hui, cette expression est récupérée par les laudateurs de l’idéologie dominante. Tous les partis font de l’écologie, tous les candidats aux élections présidentielles de 2007 ont signé le pacte controversé de Nicolas Hulot. On est, sans cesse, obligé d’expliquer que l’écologie politique est un projet de société radicalement différent du capitalisme. Même au sein des militants du parti « Les Verts » qui est en principe le parti de l’écologie politique, on trouve des gens qui prétendent que le libéralisme économique-capitaliste et l’écologie politique peuvent faire bon ménage. Plus de 50% d’entre eux, d’ailleurs, nous invitaient à approuver un TCE manifestement pro-libéral. Pourtant cette expression d’écologie politique pourrait désigner un projet de société et donc un programme politique qui remplacera "l'économisme", le "libéralisme-capitalisme", pour les siècles à venir.

Je ne suis donc plus vraiment persuadé que le vocable qui corresponde le mieux à cette idéologie en construction soit : écologie politique. Mais, finalement, peu importe ! L’important, c’est de définir les grandes orientations de la civilisation que nous voulons construire. Pour ma part, je me retrouve bien dans les termes d'Objecteur de croissance, de Dissident à l'ordre économique, de Résistant à la mondialisation capitaliste.

Donc cette idéologie en construction n’a pas de nom, mais on va quand même, juste pour s’amuser, lui en donner un! D’ailleurs les idées de la renaissance qui ont donné naissance au capitalisme avaient-elles un nom ? Parlait-on de capitalisme ou d’économisme au 16ème siècle ? Evidemment, les ardents défenseurs du libéralisme diront : voilà le retour des idéologies. Comme si le capitalisme n’en était pas une ! Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de décréter un modèle de société prêt à l’emploi, de vouloir le bonheur des gens malgré eux, mais simplement de dégager les idées générales et pratiques d'un paradigme en construction. L'homme est fondamentalement mauvais et égoïste et l'addition des intérêts individuels contribue, comme par magie, au bien-être collectif. C’est « la main invisible du marché », tel est l’un des postulats de base du capitalisme, du libéralisme, de l'économisme ou de l'économie (ces termes sont parfaitement synonymes).

Au 19ème siècle, on oppose socialiste et économiste comme des laudateurs de deux idéologies contradictoires. Le sous-titre d’un des ouvrages fondateurs de la critique du capitalisme n’est-il pas « Critique de l’économie politique » ? Au 20ème siècle, les citoyens se reconnaissaient sous le vocable de socialiste. Mais depuis 1983, avec l’adoption de l’économie de marché par ces derniers, ce vocable n’a plus de sens. Avec des personnages controversés et aux contours flous comme Nicolas Hulot, bientôt le vocable d’écologiste n’aura plus de sens non plus !

Soyons clairs ! Le capitalisme est un système, une vision du monde, une idéologie, dont il faut se débarrasser, que son dernier nom soit libéralisme, néo ou ultra ne change rien à l’affaire ! Donc par opposition nous sommes bien des anti-libéraux. Maintenant, nous voulons un autre monde. Nous sommes donc des alter-mondialistes. Historiquement, la contestation se nomme socialisme. Nous sommes, par conséquent, des vrais socialistes. Et, pour finir, le courant de pensée le plus récent est l’écologie politique qui s’oppose radicalement à l’économie politique. Nous pourrions nous reconnaître comme des anti-libéraux altermondialistes socialoécologistes ! Avec un terme comme celui-là, on peut être certain qu’il ne sera pas récupéré.

Donc, en tant qu'antilibéraltermondialistosocialoécologiste (42 lettres, qui dit mieux !), je crois que la vérité est plutôt : l'homme est fondamentalement bon et le bien-être individuel découle naturellement de ce que chacun donne au collectif. L'homme est fondamentalement bon ! Cela ne veut pas dire que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Certes, l'esprit est souvent perturbé par des émotions perturbatrices (colère, avidité, jalousie, orgueil...) et les pensées qui en découlent font parfois poser aux êtres humains des actes négatifs, mais la nature fondamentale de l'esprit de tout un chacun est amour, compassion, clarté et sagesse. S'il existait un postulat de base de l'écologie politique, de l’écologisme ou de cette idéologie en construction qui s'oppose donc radicalement à l'économie politique, cela ressemblerait plutôt à ça ! Je suis persuadé que le modèle de société issu de ce paradigme est le seul avenir envisageable pour l'humanité. Le marxisme, une réflexion fondamentale sur l’instrument de manipulation de l’énergie humaine et l’apport de philosophies extérieures au paradigme occidental comme le bouddhisme, sont, entre autres, des réservoirs théoriques et pratiques d'une grande richesse pour ce modèle de société qui est à construire et qui correspond au monde fini dans lequel nous vivons.

Depuis le début des années 90, je suis persuadé que le capitalisme est condamné et qu’il va mourir au cours du 21ème siècle. Cette idée, comme quoi le capitalisme est indépassable, est extrêmement récente. Elle s’est installée progressivement au cours des années 80. Il suffit de faire un rapide retour sur l’histoire récente, 1871 et la Commune de Paris, 1920 et l’immense espoir suscité par la révolution russe, les années 30 et la faillite du capitalisme, les années 50 (Chirac vendait l’Humanité !) et même les années 60 avec la révolution cubaine, pour constater que non seulement dans l’esprit des gens mais aussi dans la réalité de nombreux pays, le capitalisme était mort ou agonisant. Bref, ce n’est pas être fou que de croire que le libéralisme économique va s’écrouler d’ici 2020, c’est juste faire preuve d’un peu d’intuition. Que le capitalisme meure cela ne veut pas dire que la propriété, les échanges sur les marchés, les magasins et les petites entreprises n’existeront plus ! Non, bien sûr ! Mais, par contre, croire que les marchés de capitaux, les bourses, le contrôle de la monnaie par l’aristocratie financière et que la plupart des absurdités de notre société de consommation disparaissent et feront partie de l’Histoire, cela n’a rien de fantaisiste.

Quand ? Quand une majorité des citoyens seront convaincus de l’absurdité, l’iniquité, la violence, la stupidité et de l’inefficacité de cette idéologie.

Comment ? Personnellement, j’opterais pour une solution politique et démocratique. C’est la seule solution acceptable, bien évidemment !

Les propos de ce livre sont donc multiples.

Rassembler les critiques faites au paradigme dominant, à la civilisation de la marchandise, à la démocratie libérale décrite comme étant indépassable. En effet, certains affirment, depuis l’implosion de l’Union Soviétique, que c’est la fin de l’histoire. Fukuyama a écrit en 1989 : « un consensus assez remarquable semblait apparu ces dernières années concernant la démocratie libérale comme système de gouvernement, puisqu’elle avait triomphé des idéologies rivales – monarchies héréditaires, fascisme et, tout récemment, communisme. Je suggérais en outre que la démocratie libérale pourrait bien constituer le point final de l’évolution idéologique de l’humanité et la forme finale de tout gouvernement humain, donc être en tant que telle la fin de l’Histoire ». Quelle prétention de se croire indépassable et immortel ! Comme si la civilisation occidentale était le summum de l’Humanité. Non bien sûr ! La démocratie libérale et le capitalisme qui va avec, est une forme d’organisation humaine parmi d’autres, c’est tout. Elle n’est, ni en progrès, ni mieux que toutes les autres formes d’organisations, de civilisations qui ont existé ou existent encore sur cette planète. Nous verrons que la notion de progrès est une notion purement occidentale, nous savons que la démocratie a existé sous différentes formes dans l’histoire et nous comprendrons mieux comment le capitalisme a pour cause principale, l’invention des banquiers : la mystification monétaire.

Les civilisations naissent, vivent et meurent. La nôtre ne fera pas exception. La vision du monde des marchands qui s’est opposée au pouvoir ecclésiastique et aristocratique a été une contribution essentielle à l’histoire de l’Humanité. Mais cette vision est maintenant caduque. Le capitalisme et l’économisme sont profondément néfastes pour l’humanité et la planète, pour ceux qui n’auraient pas encore compris. Et l’économisme est bien une idéologie, un paradigme avec son histoire, sa naissance, son apogée et sa phase de déclin. Non, le capitalisme n’est pas un état de nature. Non, ce n’est pas la fin de l’Histoire.

Il nous faut aussi réfléchir sur l’instrument de manipulation de l’énergie humaine, le symbole d’échange : la monnaie ! Rappel historique des premières monnaies marchandises à la monnaie fiduciaire actuelle ainsi qu’une petite histoire du Franc. Car, évidemment, comment remettre en cause le capitalisme sans démonter sa grande invention : la mystification bancaire, la monnaie fiduciaire, le crédit bancaire?

Il serait difficile de faire une synthèse, un résumé, un inventaire des idées, des concepts de cette nouvelle civilisation en gestation. Mais notre mission est de développer un projet de société, un paradigme qui s’inspire des penseurs, des philosophies, des spiritualités de toute l’Humanité pour imaginer de nouvelles règles du jeu afin de vivre ensemble sur cette petite planète si belle et si fragile.

Le Parti Socialiste est dans un vide idéologique total, alors c’est à tous ceux qui croient qu’un autre monde est possible de rassembler des propositions programmatiques concrètes en vue des échéances électorales de 2012.

Contribuer à mettre en place des consultations citoyennes pour construire un véritable programme de façon plus précise et une stratégie politique pour effectivement appliquer ce programme.

Autrement dit, être suffisamment fort en terme d’élus à l’Assemblée Nationale pour gouverner la France.

Une section est consacrée à la santé alternative, à la médecine allopathique, parce que la remise en question des dogmes fondateurs de notre civilisation passe aussi par une réflexion sur le modèle matérialiste, la science et son extrémisme : le scientisme.

C’est une banalité de dire que la culture internet a bouleversé et modifié notre approche de la connaissance et de l’information. Les livres d’idées restent bien pratiques, mais ils sont et ils seront forcément de plus en plus profondément transformés par cette culture. Cet ouvrage est une compilation d’informations, de réflexions, de commentaires, d’idées, de références, de citations et de liens URL.

Ce livre est un ouvrage collectif et c’est aussi une compilation d’articles récupérés sur la Toile. On ne réécrit pas ce que d’autres on déjà si bien écrit. En clair, ce livre est un assemblage de textes écrits par les auteurs dont les noms apparaissent sur la couverture mais aussi issu de multiples horizons et, en tant que coordinateur de l’ouvrage, je remercie ces auteurs pour leur contribution volontaire ou involontaire. L’acte et l’art de sélectionner peuvent être une forme d’inspiration aussi originale et significative que n’importe quelle autre.

Dans nos divers médias et supports électroniques nous trouvons aujourd’hui de nombreux artistes et auteurs qui travaillent en « sélectionnant » des matériaux culturels préexistants pour les agencer, créer à partir d’eux et les commenter. Est-ce du vol ? Les artistes ont-ils le droit, que ce soit ou non à des fins de lucre, de librement « échantillonner » l’environnement électronique déjà « créé » qui les entoure, pour l’intégrer à leur propre travail ? Telle est la question. Au royaume des idées, des techniques, des styles etc., la plupart des artistes, des auteurs savent que le vol (appelez cela des « influences » si vous voulez avoir l’air politiquement correct) est un acte non seulement acceptable, mais souhaitable, voire essentiel pour le développement de la création. Cette manière éprouvée d’avancer a dominé le monde depuis qu’il existe et ne doit pas être niée. Pour les créateurs, c’est un fait évident qu’elle fait partie de leur propre expérience. Certains diront peut-être qu’il y a une grande différence entre voler des idées, des techniques et des styles qui sont dans le domaine public, et voler des textes qui sont soumis au copyright. Mais si l’on met de côté la crainte des poursuites judiciaires qui prévaut de nos jours dans une industrie de l’art ou de l’édition enchaînée par les lois, il n’y a rien d’intrinsèquement répréhensible dans le fait qu’un artiste, qu’un auteur décide d’incorporer des « échantillons » de textes préexistants à son propre travail. Le fait que des lois, motivées par des raisons économiques, l’interdisent n’en fait pas nécessairement une démarche indésirable. L’aspect créatif, l’originalité de cette monographie, c’est l’assemblage particulier des textes en vue de faire passer un message précis. Les programmeurs pourront peut-être comprendre plus facilement ce type d’écriture. La programmation consiste aujourd’hui essentiellement à faire du copier/coller de bout de programme. On ne va pas réécrire en assembleur une sous-routine qui existe ! Ce livre n’est pas un logiciel pour ordinateur ! C’est un programme de déconditionnement au logiciel dominant de la méga-machine.

Ce livre est un outil de travail qui donne un certain nombre de pistes pratiques et théoriques utiles à la construction de la civilisation de demain. De la non-violence de Gandhi à la critique du capitalisme de Marx, du socialisme français de Babeuf à Jaurès, de l'écologie de Dumont à Goldsmith en passant par Skolimowski pour ne donner que quelques exemples, l'écologisme, comme j’ai choisi de l’appeler, se nourrit de tout ce que l'on trouve de bon et de généreux dans la littérature mondiale.

Ce livre, forcément inachevé, délivre quelques idées clés, pose quelques questions et donne quelques réponses pour nourrir une réflexion en vue de construire un autre monde et contribuer d’une manière ou d’une autre à l’instauration d’une 6ème République dans le cadre d’une société radicalement transformée.

Je voudrais, pour finir cette introduction, m’adresser plus particulièrement aux jeunes qui entrent à l’université et qui ne voient pas uniquement les études universitaires comme un sésame pour trouver un « bon job », ce qui est d’ailleurs de moins en moins le cas ! J’aimerais simplement leur faire bénéficier de mon expérience d’étudiant « attardé » et « de professeur d’université en humanité !». En effet, depuis la fin de mes études officielles dans une école d’ingénieurs, je n’ai jamais vraiment cessé de lire et d’étudier. Je me permettrai donc de vous recommander quelques ouvrages (voir Annexe A.8).