
1] L'invasion de 1949 à 1951.
1949: les communistes chinois prennent le pouvoir à Pékin. Rapidement,
grâce à la radio notamment, le monde est au courant. Or le Tibet,
province isolée, d'accès difficile, dépourvu de moyen de
communication avec le reste du monde, ignore l'événement.
1er janvier 1950: Mao Tsé-Toung proclame sur Radio-Pékin: "Le
devoir de l'Armée populaire de libération pour 1950 est de libérer
Taiwan, Hainan et le Tibet". Il faut noter qu'en chinois, Tibet se dit
"Xizang", ce qui signifie "La Maison des Trésors de l'Ouest".
Dans les mois qui suivirent, une propagande annoncait que le Tibet était
sous "l'impérialisme des étrangers". (il n'y avait au
fait que 6 européens) Aussi le gouvernement chinois prévient que
tout acte de soutien au Tibet serait interprété comme un "acte
hostile au peuple chinois". Cet avertissement visait particulièrement
l'Inde, qui vient de gagner son indépendance, qui opta une politique
de non-agressionen attendant un accord pacifique avec le communiste ambitieux.
Ainsi, le Tibet se retrouva seule à affronter l'envahisseur avec seulement
une armée de 8 500 hommes trop peu équipés et formés
pour une guerre de cette envergure. Leur quelques artilleries, mortiers et mitrailleuses
ne pouvaient être efficaces contre l'Armée populaire, parfaitement
équipée, entrainée et aguerrie. C'était véritablement
les portes ouvertes pour Mao, qui rappelait que cette occupation militaire visait
une "libération pacifique".
L'assaut est lancé le 7 octobre 1950. 84 000 soldats de l'Armée
populaire pénètrent au Tibet. Onze jour plus tard, elle conquit
Chamdo. Aucune action de l'Inde, de l'ONU. Seulement quelques contestations.
Le 17 novembre 1950, on conféra au trop jeune Dalai-Lama de 16 ans, les
pleins pouvoirs. Celui-ci ne put rien faire d'autre que fuir devant l'invasion
inévitable et se réfugier momentanément, le temps des conflits,
à Yadong, proche de la frontière indienne, avec une partie du
Trésor.
Le 23 mai 1951, malgré la bravoure et le courage des résistants,
une délégation tibétaine, sous les injures et les menaces
des représentants chinois, signa l'accord en 17 points promettant une
"large autonomie du Tibet". Cette accord est tout de suite revendiquée
par le dalaï-lama.
2] Le 10 mars 1959: le soulévement de Lhassa.
Après 8 ans d'occupation militaire insupportable, de coexistence tendue, le peuple tibétain, cédant à un "ras-le-bol" général, se souleva le 10 mars 1959 contre l'occupant chinois. Ce dernier en effet montrait jusqu'ici une arrogance insupportable envers le peuple tibétain. Il détruisait nombre de temples boudhistes et massacrait lamas et moines. La répression fut extrêment violente et sanglante, même si l'occupant en finit brièvement. Ce jour raviva la détermination du peuple tibétain à retrouver sa liberté.
Voir d'abord la fuite du dalaï-lama
Alors que le dalaï-lama était en fuite, hommes et femmes défilèrent
par plusieurs dizaines de milliers dans les rues de Lhassa, défiant l'occupant
chinois. Les cris qui s'élevaient réclamaient la liberté
du Tibet: "Les Chinois hors du Tibet !" "Le Tibet aux Tibétains
!". Le 20 mars, l'armée chinoise commenca à faire feu sur
la ville par le biais de ses puissants canons. Les forces étaient inégales.
Les combats durèrent trois jours et trois nuits. Ils furent particulièrement
meurtriers. En effet, on estime que le 20 mars, les 40 000 Chinois n'avaient
en face d'eux que 20 000 civils Tibétains. Un combat à un contre
deux, sachant que l'un possèdait des armes à feu et des chars.
Les Tibétains se battèrent jusqu'au bout. Les Chinois détruisirent
par le biais d'une pluie d'obus le grand sanctuaire du Ramoché: près
de 60 morts, presque tous des moines. Il n'était pas possible de marcher
dans les rues, tellement il y avait de cadavres de femmes et d'enfants surtout.
A la fin des combats, les Chinois brulèrent des tas de cadavres, pendant
3 jours.
Quand les tirs cessèrent, les Chinois comptaient 4 000 prisonniers tibétains,
8 000 armes légères, un centaine de mitrailleuses et mortier,
ainsi que 10 millions de munitions. Officiellement, il y avait eu 2 000 morts.
On estime au fait qu'il y aurait eu 10 000 morts, voire 20 000 en comptant les
blessés qui agonisèrent dans les rues et les exécutions
sommaires de prisonniers durant les jours qui suivirent. Les autres furenr envoyés
dans des camps de concentration, sorte de "goulags" chinois, ou dans
des chantiers de grands travaux. La propagande mit en scène, pour se
justifier, des fusillades pour montrer que les lamas (menacés par les
armes, ils prenaient la posture demandée pour la photo) avaient participé
au mouvement. Les temples, monastères, maisons furent dépouillés
de leurs biens les plus précieux.
Quant aux milliers de lamas, rebels, ou simples moines morts, le dalaï-lama
ajoute : "ils n'ont pas été seulement fusillés, mais
battus à mort, crucifiés, brûlés vifs, noyés,
mutilés, affamés, étranglés, pendus, ébouillantés,
enterrés vivants, écartelés ou décapités."
A la suite d'enquêtes très sérieuses, il a été
reconnu officiellement par les juristes internationaux que la Chine exercait
un génocide sur le peuple tibétain.
URL d'origine : http://perso.wanadoo.fr/paularbear/tibet.oit/tibet.html