La mort du capitalisme : OUI ! La Guerre Mondiale : NON MERCI !

Des terroristes fous ont commis des actes déments et sanguinaires et des milliers de morts seront à déplorer, mais ils nous toucherons bien plus que n’importe quel charnier du tiers-monde. Les USA connaissent en ce jour du 11 septembre le terrorisme, cela fait bien des années qu’ils le commettent sous d’autres formes dans une seule perspective : la prospérité économique de leur super-puissance.


Tout être humain normalement constitué ne peut éprouver qu'un profond rejet vis à vis de ces actes barbares et une compassion authentique à l'égard des victimes de ces attentats. Seulement, les pays riches se sentent d’un seul coup menacés, car, il faut le dire, les USA ont une force armée supérieure à celle de tous les autres pays réunis. On préfère pleurer à la vue du sort des victimes américaines que de celui des populations de l’Irak, par exemple, pays dans lequel les USA sont entrés et ont bombardé et tué 120 000 personnes, tout ça pour un pur intérêt économique : le pétrole.

Les politiques militaristes des Etats-Unis ont causé la mort de millions de personnes, de la tragédie de la guerre en Indochine, aux sanctions et aux bombardements aériens de l'Irak, en passant par le financement des escadrons de la mort en Amérique centrale et en Colombie. Ce pays est le premier fournisseur d'armes conventionnelles au monde - et ces armes alimentent le terrorisme le plus sanguinaire, de l'Indonésie à l'Afrique. Le génocide des indiens d’Amérique et le blocus de Cuba ont causé beaucoup plus de morts que l’événement du 11-09-01. De combien de morts l’état américain est-il responsable, de manière indirect, par le fait d’avoir placé volontairement des dictateurs fascistes au pouvoir tout au long du siècle dernier, dans le but de contrer la " menace rouge " ? Combien de morts ont causé NAGASAKI et HIROSHIMA, et ce durant des décennies ? Déjà nombre de gens entrevoient la perspective d’une prochaine guerre. Ce n’est, malheureusement, pas forcément faux. Les deux précédentes ont démarré pour moins que ça ! La spirale de la violence ne réglera rien.


Les bourses du monde entier ne se portaient déjà pas bien et ce n’est pas terminé ! Cela démontre que le système sur lequel s’est basé l’économie mondiale n’est qu’un château de cartes, prêt à s’écrouler au moindre petit souffle d’un réacteur d’avion. Pour la première fois depuis la grande crise des années 30, l'économie mondiale était déjà entré en récession dans toutes les différentes partie du monde en même temps depuis quelques mois. Jusqu'à présent, quand une crise se déclenchait dans un pays ou dans une région du monde, il y avait toujours une zone qui se portait mieux et jouait le rôle de locomotive. La hausse des cours du baril de pétrole (37 $ le baril en 2000), le maintien par les autorités monétaires américaines de taux d'intérêt élevés l'année dernière et les déconvenues de la nouvelle économie qui ont provoqué l'éclatement de la bulle financière sont les origines de ce ralentissement planétaire. La recommandation des gourous de l'économisme afin d'éviter la crise est : " les gouvernements doivent réussir à maintenir le moral des consommateurs ".

Le consommateur est donc la dernière roue de secours, il est sommé de consommer ! Depuis les attentats en Amérique, le moral des con-sommateurs risque de tomber au plus bas.

Le bouclier américain n'a plus de sens. Depuis le début le gouvernement Bush se ridiculise lorsqu'il parle de dépenser des milliards de dollars pour son projet de " Guerre des Etoiles ", alors que le terrorisme peut frapper si facilement avec des moyens moins sophistiqués. Le contribuable américain dépense des milliers de dollars dans la sécurité et les services secrets, ce jusqu’à en crever de problèmes sociaux, étouffé par un système de criminalisation de la misère et par une absence totale de sécurité sociale, et tout ça pour du vent. Le responsable : Ben Laden, milliardaire islamiste, aidé par différents états. Rappelons que les groupes islamistes actifs sont le fruit de la guerre froide. Leur existence est étroitement liée a la guerre en afghanistan contre les soviétiques et les services secrets américains ont largement contribué à financer, armer et former ces fous de dieu. Le soutien apporté au départ à la résistance armée en Afghanistan a eu pour conséquence la victoire des talibans - et la création d'Osama Ben Laden.

Rappelons que les USA ont refusé d’intervenir contre la politique que pratique Israël contre la Palestine. Il ne s'agit pas de cautionner les actes terroristes aveugles que les USA ont subi. Le terrorisme est un acte de violence individuelle très éloigné d'une insurrection collective non-violente (démonter des Mac-Do, casser des vitrines de banque, investir les lieux ou se réunissent les maîtres du monde (OMC, Davos...), détruire des champs de culture OGM et tout acte de résistance à l'ordre néo-libéral à l'exclusion de la violence sur la personne humaine), essentielle au véritable changement. Des milliers de gens, pour la plupart des gens comme nous, employés, agents d'entretien, livreurs, pompiers, des Noirs, des blancs, des femmes et des hommes sont morts hier aux Etats-Unis. Dans les milliers de morts de cet attentat, il y avait certainement de pauvres exploités, victimes du système, que ces fanatiques ont massacré. Certes les personnes décédées dans ces attentats demeurent des victimes, mais on ne peut oublier qu'elles font partie d'un système, qu'elles en sont un rouage, qu'elles participent comme beaucoup au maintien de ces injustices. Il est facile de séparer les "décisionnaires" des citoyens lambda. Si les premiers dirigent, les seconds exécutent, ne serait-ce qu'en acceptant passivement la société dans laquelle ils vivent.

Les USA considèrent cet événement comme une "déclaration de guerre" et s'apprêtent à répliquer. Georges W. Bush a déclaré : " Les USA vont traquer et punir ceux qui sont responsables de ces actes lâches " et " Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et les pays qui leur donnent asile." C'est regrettable et très inquiétant. Le risque majeur, désormais, est que les dirigeants américains réagissent de façon démesurée. Une bombe nucléaire détruisant une partie de l'Afghanistan est aussi inimaginable qu'un 737 détruisant un gratte-ciel de Manhatan. Ce genre de riposte engendrerait un dérapage dangereux, surtout si d'autres pays de l'OTAN étaient impliqués. Ce qui doit a présent nous inquiéter, c'est bien la réaction que le gouvernement américain apportera a ces horreurs. Il est a craindre que l'état américain ne fasse pas dans la dentelle. C'est parce que l'ennemi n'est plus identifié que tout est a craindre. Point de méchants communistes, aucun état totalement impliqué, mais une organisation informelle de divers réseaux. Difficile de riposter militairement de manière ciblée, sans risquer la bavure. Raser La Mecque ? Atomiser le Pakistan ? Les USA ont le choix des armes, possédant a eux seuls 5700 têtes nucléaires...

La violence ? Parlons-en. Celle des images des attentats ne doit pas faire oublier le quotidien de milliards d'individus dont l'existence est joyeusement méprisée, détruite, tout cela au nom d'un néo-libéralisme d'une extrême violence. Quelle que soit la position ou la riposte adoptées par les Etats-Unis, nous appelons le Congrès et George Bush à ne plus prendre les civils pour cible, et à ne plus accepter de cautionner la politique d'un Etat qui prend les populations civiles pour cible. Cela signifie la levée des sanctions qui frappent l'Irak, et qui ont entraîné la mort de centaines de milliers de personnes. Cela signifie qu'il faut non seulement condamner le terrorisme des Palestiniens mais aussi la politique d'assassinats de dirigeants palestiniens menée par Israël et la répression qui s'abat sur la population palestinienne, ainsi que l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza.

Il nous faut œuvrer pour un monde où la sécurité existe grâce au désarmement, la coopération internationale et la justice sociale, et pas par l'escalade de la violence et de la vengeance. Nous condamnons sans réserve les attaques comme celles qui se sont produites le 11-09-01 qui frappent des milliers de civils. Nous condamnons également toute réaction d'hostilité visant les personnes d'origine arabe qui vivent dans ce pays et souhaitons ardemment que les Américains se rappellent cette partie de notre tradition qui condamne le fanatisme sous toutes ses formes. Nous appartenons tous au même monde. Soit nous vivrons dans un état de peur et de terreur, soit nous nous dirigerons vers un avenir dans lequel nous rechercherons des alternatives pacifiques à la violence, et une distribution plus équitable des ressources. Tandis que nous pleurons les nombreuses vies perdues, nous appelons à la réconciliation mais pas à la vengeance. Comment peut-on imaginer un monde globalisé où tout circule, tout est interconnecté et où, dans leur forteresse, les Maîtres du monde pourraient continuer leur course absurde et leur gaspillage à l'abri de la misère du monde ? Il est sans doute obscène d'observer des réjouissances devant tant de morts mais on doit les comprendre comme la revanche des sacrifiés de la globalisation marchande, de tant de morts ignorés, le retour du refoulé d'une civilisation mortifère. Pour ne pas reproduire de telles catastrophes, il faut en saisir toute la signification, en tirer toutes les conclusions.


On peut s'attendre d'abord à une intensification de la domination américaine et de la violence, mais qui ne sera pas durable et devra poser la question d'une véritable société planétaire, de la communication universelle et d'une réorientation de l'économie productiviste vers un développement humain écologiste. Que pouvons-nous faire pour accélérer les solutions et réduire la violence ? Il faudrait un véritable parti écologiste, faisant preuve de l'intelligence qui fait défaut à ceux qui nous gouvernent. Un monde de plus en plus fou et dangereux, c'est un monde qu'il faut changer. Les milliards de dollars qui circulaient chaque jour dans les deux tours qui ont été détruites à New York représentent une richesse qui devrait permettre un monde d'abondance où la vie, la santé, le logement et l'éducation soient des droits et non des marchandises de plus en plus réservées à une minorité. Cette société basée sur la recherche du profit tue chaque année des millions de personnes de malnutrition tandis que d'autres meurent à cause d'aliments contaminés par la recherche du profit. On refuse à des populations entières le droit à la simple existence, en Palestine ou au Kurdistan. Les multinationales sèment la misère dans les pays pauvres et les Etats des pays riches traitent avec violence ceux qui veulent s'y réfugier. Des milliers meurent à cause de leurs conditions de travail. Cette violence, cette injustice, cette misère créent une violence du désespoir.

Comme tout le monde nous sommes atterrés par l'horreur des images transmises par nos écrans de télé. Mais nous sommes également révoltés par l'hypocrisie de tous les dirigeants, Bush et Sharon en tête mais aussi Chirac, Jospin ou Blair. Avant de les proclamer ennemis publics N°1 ce sont eux qui ont financé Saddam Hussein pour faire la guerre à l'Iran et Ben Laden pour contrer l'URSS en Afghanistan. Est-ce ce monde qu'il faut défendre dans une nouvelle croisade militariste et sécuritaire, comme ils le demandent aujourd'hui ? Les Etats-Unis s'apprêtent sans doute à bombarder en représailles les populations civiles de Kaboul. En France la réactivation d'un plan Vigipirate renforcé va de nouveau mettre à l'ordre du jour les contrôles au faciès. Ils en profiteront pour faire l'amalgame avec le mouvement anticapitaliste et réprimer davantage nos manifestations. Si nous ne savons pas distinguer la source du mal de ses conséquences nous laisserons faire des politiques qui ne font que renforcer le mal. Ceux qui ont commis les attentats de New York n'ont fait qu'adopter la logique mise en avant par les puissances de l'OTAN qui bombardaient les populations civiles en Serbie pour atteindre Milosevic, celle défendue par Bush et Blair en affamant la population irakienne pour atteindre Saddam Hussein. Ce qui choque nos dirigeants n'est donc pas la mort de milliers d'entre nous mais le fait qu¹ils se retrouvent visés, eux qui prétendent incarner le droit et la civilisation. Ce n'est pas en renforçant les pouvoirs de ceux qui conduisent le monde au chaos que nous trouverons la solution aux drames tels que celui du 11-09-01. Ce serait comme donner la responsabilité à des pyromanes de nous prévenir contre les incendies. Nous n'avons pas de solution clef en main à proposer contre ce type de drame. Nous savons par contre que, comme le disaient les Black Panthers dans les années 70, sans justice il n'y aura pas de paix possible. Le terrorisme est un substitut terrible à la capacité d'un mouvement de masse de défendre ses droits et d'en gagner de nouveaux. Terrible parce qu'il transforme en victimes ceux qui pourraient se mettre à lutter. Terrible parce qu'il justifie le renforcement des pouvoirs de ceux qui sont responsables des injustices. Construire un mouvement de masse qui lutte pour un autre monde est la seule alternative capable non seulement de gagner mais aussi de réduire l'attrait de cette solution du désespoir qu'est le terrorisme. Plus que jamais nos manifestations contre les sommets de l'OTAN à Naples, de la Banque mondiale et du FMI à Washington, d'ECOFIN à Liège et contre le sommet européen à Bruxelles sont nécessaires. Elles seront la meilleure manière de répondre à ce qui s'est passé à New York et Washington ce 11 septembre. Elles doivent être le moteur pour construire une alternative au capitalisme. Le mouvement de Seattle à Gênes se donne la tâche de changer le monde dans une période où ce monde est de plus en plus violent et dangereux. Notre colère est renforcée. Notre détermination doit l'être aussi.

En fait, la meilleure chose qui puisse arriver à l'humanité c'est une crise économique et financière globale. Le capitalisme a failli mourir dans les années 30, c'est finalement le deuxième conflit mondial qu'il l'a sauvé. Nous ne serons certainement pas assez stupides pour répéter l'histoire des années 30. Une crise économique ne débouche pas forcément sur une guerre ! Nous avons inventé une technologie qui nous rend la vie vraiment plus facile, il nous reste à inventer une politique qui nous sortent de l'absurdité, de l'hypocrisie et de la violence du capitalisme. La vraie politique est à l'ordre du jour. Il s'agit, aujourd'hui, pour les citoyens de débattre ensemble de la gestion de la cité. Comment répartir les richesses produites par les machines ? Comment répartir le travail indispensable et utile ? Comment préserver la nature pour les générations futures ?

L'hypocrisie et l'absurdité sont probablement les deux mots qui définissent le mieux notre société. Ne parlons pas de sujets qui fâchent (affaire Elf, détournement de fonds public divers et variées, corruption, etc.), n'évoquons pas non plus les nombreuses gabegies de la République (porte-avions nucléaires, Superphénix, usines d'incinération inutile, etc.) mais parlons simplement de ceux qui sont convaincus de faire un travail "utile". Grâce aux subsides des conseils généraux, ces formateurs patentés qui "re-formatent" ces pauvres citoyens qui ont eu le malheur de perdre leur emploi abrutissant dans une usine. Convaincu de faire le bon Samaritain, par zèle et par pression de leur hiérarchie, ces assistants sociales qui ennuient ces citoyens "exclus" pour qu'ils se "ré-insérent" dans notre bonne société de con-sommation. Convaincu de contribuer au dynamisme de notre économie et sa sacro-sainte croissance, ces banquiers, ces responsables de fonds de placement et ces "raiders" qui investissent dans des entreprises qui produisent des objets ou des services à l'utilité incertaine alors que plus d'un milliards d'être humain n'ont pas accès à l'eau potable. Plein d'énergie, de fébrilité et d'inventivité; ces directeurs produit, ces directeurs de marketing, ces publicitaires et ces hommes de "communication" qui lancent de nouveau produit super innovant -- rasoirs triple-lames, couches super-absorbante, boissons gazeuses, desserts lactées, barres chocolatés, etc. -- qui pourrissent notre santé et notre environnement. Notre devoir, contribuer à produire et à consommer toujours plus pour entretenir un système afin qu'il évite de s'écrouler ? Non merci !!

Pour l'instant, l'orthodoxie dominante, la pensée unique, le néo-libéralisme bref le capitalisme semble incontournable pour la majorité des citoyens. Comme chacun sait, rien n'est éternel. 2002 sera probablement une année mouvementée. Le passage à l'euro, la baisse de la sacro-sainte croissance, les attentats du 11-09-01 présage une année de tous les dangers !

Non ! Le capitalisme et ses deux piliers fondateurs que sont l'économie politique et la religion de la technoscience sont inconciliable avec l'écologie. Ecologie politique et économie politique sont deux paradigmes distincts. Le capitalisme se nourrit de toujours plus de consommation de produits toujours plus éphémères pour des citoyens toujours plus isolés les uns des autres. Non ! l'avenir n'est pas dans le social libéralisme. Le futur ressemblera à une gestion citoyenne des besoins de base que sont le logement (distribution d'eau et d'énergie), la nourriture, la santé, l'éducation. Cette gestion citoyenne sera basée sur une démocratie représentative avec assurément beaucoup plus de contrôle citoyen. Un mixte de marxisme et d'écologie (produire moins, produire mieux et produire plus durable) avec des processus de démocratie plus directe. À côté de cette économie citoyenne, il existera une économie de jeu pour les besoins non essentiels. Le 01-01-2002, la France va perdre son pouvoir de battre monnaie qu'elle avait déjà délégué aux banques privées depuis fort longtemps (voir à ce sujet les écrits de Jacques Duboin). Ce seront désormais les grands gouroux technocrates de Bruxelles et de l'OCDE ainsi que les dirigeants des grandes banques européennes tous membres de la secte économiste -- essentiellement l'école de Chicago de M. Friedmann et F. von Hayek -- qui décideront de la masse monétaire en circulation et du taux de crédit. Le gouvernement français qui est déjà aux ordres des transnationales et des grandes banques (fonds de pension et autres banques d'affaires) ne sera plus qu'un exécutif dans tous les sens du termes. Non ! Monsieur Jospin nous ne voulons pas d'un capitalisme bien emballé dans de belles formules. Le capitalisme aurait dû mourir après sa crise cardiaque des années 30, heureusement, si on peut dire, la seconde guerre mondiale l'a sauvé pour quelques temps. Mais cette fois-ci, le capitalisme nous montre son bouquet final dans l'absurdité que sont les investissements dans les biotechnologies et autres technologies qui ne sont qu'expédients. Non ! Il n'y aura pas un nouveau cycle de Kondratieff. La capacité de créer les crédits nécessaires aux activités bénéfiques au genre humain ainsi qu'à la nature, bref la capacité de battre monnaie doit revenir au pouvoir démocratiquement élu. La monnaie marchandise à disparu le 5 août 1914, soit trois jours après la déclaration de la Grande guerre. Le gouvernement français de l'époque avait décrété le moratoire des dépôts et le "cours forcé" des billets de banques. Ce fut la plus grande révolution monétaire de tous les temps. Les spécialistes de l'époque ne pensait pas que la guerre allait duré plus de quelques mois faute de crédit. Les nations belligérantes suivirent l'exemple français. Après cette date, ils ont trouvé les crédits nécessaires à la grande boucherie pour faire couler le sang qui a signé l'arrêt de mort des grands empires européens. La création de la confiance dans l'échange est le droit régalien du pouvoir. Il ne s'agit pas, bien entendu, de revenir à la monnaie marchandise or. Dans le sud de la France certains SELs impriment des papiers ayant capacité libératoire. Les systèmes d'échanges locaux sont bel et bien l'expression d'une réappropriation de la capacité de battre monnaie sur un territoire par les citoyens. Les grands rassemblements de Seattle, Millau, Prague, Nice, Göteborg et Gênes sont les signes d'une civilisation qui est en train de mourir. Les néo-ruraux, les eco-villages, les SELs, les médecines alternatives, l'agriculture biologique, l'influence croissante de certaines traditions orientales comme le bouddhisme et le rassemblement de Porto Alegre sont les prémices d'une civilisation naissante.

Personnellement, je refuse de m'insérer dans une société qui enrichit les riches, qui appauvri les pauvres et qui détruit notre mère à tous : la terre. J'ai choisi de consommer peu et de ne pas m'impliquer dans aucun des processus de production du capitalisme. Je suis un résistant, un dissident à la guerre économique. En tant que citoyen français, j'ai droit à ma part du produit national brut. Je n'ai aucune raison de culpabiliser, je ne me fais aucune illusion quant à la motivation des politiques en place et je suis parfaitement conscient que les miettes que veulent bien accorder les dirigeants de la démocratie bourgeoise aux réfractaires de mon acabit sont pour éviter l'explosion sociale.

Mon utilité sociale ne peut être que pédagogique et politique.

L'idéologie économique grâce au prodigieux matraquage médiatique n'est plus considéré comme une idéologie, c'est même pour certains -- Fukuyama et les néo-conservateurs -- "La fin de l'histoire". Selon eux, nous n'avons pas le choix. Nous devons, bon gré ou malgré, nous soumettre à la loi du marché, à la main invisible telle qu'inventé par Adams Smith. La sacro-sainte économie capitaliste, nouvelle religion qui impose sa domination à l'ensemble du globe ! Toute-puissante elle détruit la planète : pollution des éléments naturels, déforestation, création d'organismes génétiquement modifié... Non contente, elle asservit et exclut des populations entières. Pour maintenir son dogme, elle donne à chacun un contrat social se limitant à : se plier ou être brisé. Le système éducatif, la publicité, les médias, conditionnent les esprits, violent la liberté de pensée et dictent les modes de vie. Face à la peur de l'exclusion la soumission à la loi de marché devient totale et l'individualisme, la compétition se développent. L'indifférence face à ceux qui sont victimes de la misère se banalise.

Les détenteurs du pouvoir financier appuyés par leurs relais politiques, intellectuels et médiatiques, et servis par le prodigieux développement de la technoscience, ont entrepris et presque réussi la colonisation de la planète. Ces transnationales imposent à toutes les formes de vie - humaines ou non - une même civilisation qui se teinte des cultures qu'elle absorbe. Partout, des mémoires et des savoirs millénaires sont effacés, des danses et des costumes sont oubliés, des dieux et des temples délaissés, des peuples et des cultures disparaissent pour toujours. Partout des champs sont surexploités et des écosystèmes dévastés. Dans chaque pays les valets politiques et technocratiques des firmes transnationales trahissent les intérêts de leurs communautés en oeuvrant à la généralisation de la guerre économique et à l’uniformisation du vivant. Car, contrairement à ce que nous répètent les médias et quelques naïfs, ce n’est pas l’amour entre les hommes qui est le véritable moteur de cette mondialisation, mais, uniquement la loi du profit.

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Comment s'est imposé la technoscience en tant que croyance dominante ? Pourquoi la vision politique de la caste des commerçants devenus économie politique puis science économique s'est imposée comme la pensée unique ?

C'est à partir de la renaissance que l'économie politique -- l'expression apparaît en 1615 -- devint une discipline de pensée, détaché de la philosophie est préoccupé exclusivement de la création et de la circulation des biens matériels. L'économie politique se transformera en sciences économiques, cette mutation fut favorisée par le recours de plus en plus fréquent à l'arsenal mathématique -- essentiellement l'analyse et la statistique.

En fait la "science économique" est une imposture, elle n'a qu'un seul objectif : contribuer à convaincre et soumettre le peuple au choix philosophique, au choix politique qui a été fait au 18e siècle par la caste des commerçants.

Le problème de toute société peut se résumer ainsi : comment canaliser l'énergie humaine, c'est-à-dire : 1. Comment produire les richesses, ce qui grâce à la technologie n'est plus vraiment un problème ! 2. Comment donner à chacun l'opportunité de se rendre utile à la communauté ? 3. Comment répartir les richesses produites (Principal problème : toutes les révolutions sont la conséquence d'une mauvaise répartition) ? Et 4. Comment sacrifier l'énergie humaine excédentaire ?

Pour bien comprendre ce dernier point, il est utile de revenir à la théorie du potlatch exposés par Mauss et sur l'essai de Georges Bataille, " la part maudite " écrit en 1949. D'après Bataille, il y a toujours excès, parce que le rayonnement solaire qui est à la source de toute croissance est donnée sans contrepartie, donc il y a accumulation d'une énergie qui ne peut qu'être gaspiller dans l'exubérance et l'ébullition. Dans l'ensemble, une société produit plus qu'il n'est nécessaire à sa subsistance, elle dispose d'un excèdent, c'est l'usage qu'elle en fait qui la détermine : le surplus est la cause de l'agitation, des changements de structures et de toute l'histoire. Le potlatch occidental, c'est la société de consommation, certes c'est mieux que la guerre mais ne pourrait-on pas trouver d'autres moyens de sacrifier l'excédent ?

Pourtant, les jeunes gens de la fin des années soixante critiquaient la vanité de la rationalité occidentale, l'hypocrisie du mode de vie, l'absurdité de la société de consommation. Après avoir fumé quelques joints et faute d'avoir trouvé une autre voie, ils s'empressèrent de réintégrer la société en créant des agences de pub, de communication, de marketing, et/ou en créant de nouveaux objets comblant des besoins nouvellement créés. Aujourd'hui, l'élite de la jeunesse occidentale -- les nouveaux Bazarovs (voir Eco-philosophie de Henryk Skolimowski) -- la tête bien pleine de rationalité, ont bien appris leurs leçons -- la seule mine inépuisable c'est la bétise humaine -- alors ils passeront leur existence à faire con-sommer et à con-sommer des GTI Turbo, des brosses à dent triples têtes, des couches super absorbantes avec retensorbe (mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?). Ceux qui se croient les plus intelligents font courir les autres avec des diplômes, des promotions, des titres et autres carottes ; ou leur font peur en brandissant la menace de l'insécurité, du chômage et autres bâtons.

L'origine de la pensée libérale remonte à la renaissance. Face à l'obscurantisme religieux, émerge la foie en la raison comme idéal et comme moyen pour comprendre la nature. Donc, contre la recherche d'un bonheur dans l'au-delà, on propose l'optimisme de la science. D'un point de vue métaphysique, l'Occident a basculé progressivement de la croyance en l'existence d'une entité ou d'un soi permanent, unique, indépendant, créateur de l'univers -- la judéo-chrétienté ou éternalisme -- à sa négation -- le matérialisme scientiste ou nihilisme. Le libéralisme est un ensemble hétérogène d'idées qui se fondent sur la croyance que l'homme a la possibilité de se rendre maître de l'univers pour la conquérir et en jouir.

Toutes les sociétés finissent par s'écrouler. La nôtre est un peu comme ces "programmes de recherche" qui finissent par devenir stériles. Il faut alors accepter de nouvelles idées parce que les précédentes n'ont plus rien à donner. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que toutes les autres sociétés ont subi le même sort. L'exemple de la Cité grecque, ou celui sans doute encore plus frappant de la chrétienté médiévale, au XIIIe siècle, au temps de saint Louis et de saint Thomas. À cette époque, les gens devaient croire que la chrétienté était une réalité éternelle, et puis elle s'est effondrée relativement vite. L'idée que nous représentons le sommet de l'histoire humaine n'est qu'un préjugé, un mythe parmi d'autres.

Le néo-libéralisme, aboutissement de cinq siècles d'histoire du capitalisme, ne peut perdurer éternellement. Comme tous êtres vivants, système, empire ou civilisation, le capitalisme a vécu et il va mourir, c'est dans l'ordre des choses et la meilleure façon de contribuer à son extinction c'est de limiter sa consommation. Le commerce et donc la consommation ne peuvent être une finalité. Les commerçants et les financiers ne doivent pas décider de l'avenir des hommes -- surtout quand la philosophie qui les anime est matérialiste et nihiliste --. Il s'agit de replacer l'ordre des priorités. L'homme ne peut pas vivre sans spiritualité, c'est même le sens profond de l'existence humaine, étant donné que l'être humain est le seul être sensible à être conscient de sa finitude. Mais qu'est-ce que la spiritualité ? C'est un ensemble de croyances qui considère que les êtres sensibles sont animés par un esprit qui perdure, d'une façon ou d'une autre, après la mort. Elle s'oppose à une vision du monde qui considère l'esprit comme un épi-phénomène de la matière, à "l'homme machine". Toutes les religions en sont des expressions adaptées aux différentes cultures de l'Humanité. Vient ensuite une éthique d'où découlent des valeurs humaines et environnementales. Puis la gestion de la cité des hommes -- la politique -- doit s'exprimer en accord avec des valeurs humaines justes, au sein d'une réelle démocratie, et non pas dans une démocratie hypocrite tenue par les commerçants-financiers. Enfin, après une spiritualité, une morale et une politique réellement démocratique, le commerce trouve sa place.

Étant donné :

que la politique actuelle est dominée par la dictature marchande,
que la "gauche plurielle" n'a de gauche que le nom,
que les politiques sont souvent beaucoup plus préoccupés par leur carrière que par l'intérêt collectif,
que le capitalisme, son dernier avatar l'ultralibéralisme et sa religion la technoscience mènent l'humanité à sa perte ainsi qu'à une dégradation irréversible de notre patrimoine collectif : la Terre,
que le pouvoir de l'argent humilie les dignités, insulte l'honnêteté, et assassine les espoirs,
que le crime historique de la concentration des privilèges, des richesses et des impunités démocratise la misère et le désespoir,
qu'une nouvelle guerre mondiale se livre, mais à présent contre l'humanité entière,
que la nouvelle répartition du monde consiste à concentrer le pouvoir dans le pouvoir et la misère dans la misère,
que l'armée moderne du capital financier et des gouvernements corrompus avance et conquiert de la seule manière dont elle est capable : la destruction,
que la nouvelle répartition du monde détruit l'humanité,
qu'au lieu d'humanité, ils nous offrent des indices boursiers,
qu'au lieu de dignité, ils nous offrent la mondialisation de la misère,
et que j'en ai assez de supplier les politiques en place de faire quelque chose,

J'appelle,

tous ceux qui luttent pour les valeurs humaines de démocratie, liberté et justice,
tous ceux qui s'efforcent de résister au crime mondial nommé " néolibéralisme " et aspirent à ce que l'humanité et l'espoir d'être meilleurs soient synonymes d'avenir,
tous les individus, groupes, collectifs, mouvements, organisations sociale, citoyenne et politique, aux associations de quartier, aux coopératives, ONGs, groupes de solidarité avec les luttes des peuples du monde, bandes, tribus, intellectuels, étudiants, ouvriers, artistes, professeurs, paysans, écologistes... J'appelle, tous ceux qui en ont assez d'entendre toujours le même matraquage idéologique à la télé et dans la presse sur la croissance économique et le progrès technologique, alors que la misère morale et matérielle ne cesse d'augmenter sur la planète, à un Rassemblement pour l'Ecologie et la Solidarité (RES).

Aussi longtemps que la croissance et le profit de quelques privilégiés passeront avant le respect de la nature, des êtres vivants en général et des milliards d'êtres humains en particulier ; aussi longtemps que nous accepterons de travailler, de consommer et de vivre sans nous remettre en question ; aussi longtemps que nous aurons peur d'avoir peur du changement ; le matérialisme néo-libéral continuera inexorablement sa destruction des cultures, des peuples, des forêts tropicales, de la couche d'ozone... et de notre propre humanité intérieure. Nous deviendrons alors les rouages parfaitement efficaces, productifs et rentables, du nouvel ordre mondial néo-libéral.

Les solutions ne peuvent venir des hommes politiques actuels.

Les solutions sont individuelles et demandent un certain courage à s'engager à résoudre les problèmes à la racine. Entre autres :

Limiter notre consommation effrénée d'énergie non renouvelable et de matières premières.
S'engager plus activement aux différents niveaux de décision politique en vue de créer des processus véritablement démocratiques pour une meilleure répartition des richesses et du travail.

Une voie existe, ni ultra-libérale, ni totalitaire et forcément démocratique qui renoue avec notre nature profonde et notre mère à tous: la Terre. On pourrait s'arrêter de s'agiter, de travailler, de consommer, de polluer pour méditer, réfléchir, parler, partager et peut-être alors redécouvrirons-nous nos vraies valeurs, notre vertu et notre sagesse fondamentale pour repenser nos façons d'agir, notre travail, nos relations avec autrui et avec la nature.

La France, territoire relativement homogène et Terre d'accueil, de tolérance et d'échange, pourrait être le théâtre d'une vraie révolution, mais contrairement à l'exemple sanglant de 1789, elle donnera l'exemple d'une révolution non-violente, d'une révolution profonde de notre esprit et de notre relation à la nature.

À toi qui es né dans les années 60. À toi dont l'enfance a été marquée par l'espoir d'un changement radical, d'un bouleversement de l'ordre social, de l'avènement d'une société neuve plus juste et moins violente. À toi qui va bientôt diriger la société. À toi, donc, il appartient d'imposer ta vision du monde et de le transformer, de te présenter aux municipales et aux législatives, de résister à l'ordre néo-libérale, de te faire licencier avec indemnités de tout travail inutile ou nuisible, de militer pour des causes justes, de t'exprimer et d'affirmer tes souhaits, de travailler à l'instauration d'une société basée sur l'émulation plutôt que la compétitivité, le partage plutôt que l'isolement, l'ouverture plutôt que l'exclusion, le naturel plutôt que l'artificiel. Voulez-vous imaginer le Monde du 21ième siècle ? L'avenir de l'humanité sera spirituel et écologique ou... je préfère ne pas l'imaginer !

Marc JUTIER

Dans le procès Capitalisme contre Terre :
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"Attendu que M. Capitalisme a :
1) Réprimé des mineurs au 19° siècle. 2) Provoqué 2 guerres mondiales.
3) Tué des millions de gens depuis 1820.
4) Provoqué les catastrophes écologiques de l'Erika, de l'Amocco Cadiz, Exxon
Valdez, et de bien d'autres encore. 5) Réprimé le mouvement des Paysans sans Terre.
6) Construit un autre mur de la honte entre les USA et le Mexique et aussi en
Tchéquie. 7) Attaqué alors qu'il y avait un cessez-le feu les indigènes zapatistes.
8) Provoqué la pollution au cyanure dans les Balkans.
9) Détruit la Serbie et le Kosovo. 10) Détruit la Tchétchénie
11) Détruit le Vietnam. 12) Fait explosé des milliers de bombes atomiques "essais".
Et toute une liste infinie ...

MAIS attendu que :

1) Il parait qu'il n'y a pas de solutions de rechange.
2) Les puissants de ce monde veulent continuer à gouverner dans l'hypocrisie,
le mensonge, le meurtre, ...
3) Les médias les soutiennent 4) La population riche les soutienne.

De ce fait, ces dernières circonstances atténuantes seront retenues et le
Ministère Public, dans sa grande objectivité, humanité et indépendance
éternelle, décide de prononcer un non-lieu et donne le droit au capitalisme de
poursuivre son oeuvre de destruction. Amen! Signé : Anne Marie