L’EFFET DE SERRE

http://www.amisdelaterre.org/publications/publications_4.html

Le point scientifique sur l'Effet de Serre

Beaucoup de gens, industriels, journalistes ou simples particuliers, ont parfois des idées fausses sur les risques climatiques que pourrait provoquer l'accumulation, dans l'atmosphère, de gaz que l'on appelle gaz à effet de serre (dits ici GES).

Peut-être ont-ils été influencés par les dires d'un vulcanologue qui prétendit, contre toute évidence, que ces gaz n'ont aucune influence sur le climat.

Peut-être aussi par les critiques, plus nuancées, de ceux qui disent que les "modèles de circulation atmosphérique globale"- sur lesquels sont fondées les prévisions quantitatives de l'évolution des climats au siècle prochain - ne prennent pas en compte toute la complexité des phénomènes climatiques (en particulier la part qu'y jouent les océans et leurs courants) et que des "surprises" sont possibles.

C'est pourquoi nous allons, à leur intention et avec objectivité, distinguer ce qui est sûr, ce qui est fort plausible et ce qui est encore sujet à controverses.

Mais disons aussitôt que les prévisions des climatologues ont un fondement scientifique beaucoup plus sérieux que celles des économistes.

Nous avons beaucoup utilisé le rapport de 1995 du "Groupe Intergouvernemental d'Études des Changements Climatiques" (GIECC, IPCC en Anglais) mis en place depuis 1988 par les Nations Unies et qui réunit les meilleurs spécialistes de la climatologie.

A. Ce qui est sûr

1) Le mécanisme de l'effet de serre
Le sol réémet vers l'espace des rayons infrarouges que certains gaz, les GES, interceptent et rabattent vers le sol, augmentant ainsi la température. C'est là l'effet de serre, un phénomène naturel. Sans les GES la température moyenne du globe serait de 35ºC plus basse: -20ºC au lieu de +15ºC.

L'analyse des bulles de gaz contenues dans des carottes glaciaires montre un parallélisme frappant entre les températures depuis 160.000 ans et les teneurs de l'atmosphère en gaz carbonique et en méthane ("courbe de Vostock"). L'explication la plus plausible est que l'alternance des âges glaciaires et des périodes plus chaudes est déclenchée par des phénomènes astronomiques et que gaz carbonique et méthane sont des accélérateurs.

2) Les gaz à effet de serre
C'est la structure des molécules de certains gaz (raies d'absorption,...) qui les rend aptes à rabattre vers le sol les rayons infrarouges. Les principaux sont:

Le gaz carbonique C02 (combustions, déforestation, décomposition de la biomasse).
Le méthane CH4 (certaines cultures et élevages, fermentations anaérobies, fuites de gaz naturel, grisou, termites...).
Les chloro-fluoro-carbures CFC (jusqu'ici circuits de réfrigération, expansion des mousses, bombes à aérosols...), leurs substituts et certains gaz voisins. Les CFC sont aussi responsables des "trous d'ozone".
L'ozone, O3, tant celui de la stratosphère (qui nous protège des ultraviolets B) que celui de basse altitude, un dangereux polluant.
Le protoxyde d'azote N2O (certaines combustions, engrais azotés).
Les concentrations de ces gaz sont minimes: 0,035% en volume pour le plus abondant, le CO2, environ 600 fois moins que l'oxygène. Cela explique pourquoi les activités humaines peuvent changer ces concentrations.

3) Les potentiels d'effet de serre instantanés de ces gaz
On calcule avec une précision satisfaisante combien une masse donnée d'un GES donné contribue à l'effet de serre, c'est-à-dire la quantité d'énergie (en watts par m2) qu'elle transmet au sol. Ce que cette masse deviendra dans l'avenir est moins précisément connu (voir B.6).

Vers 1990 les contributions respectives de ces gaz à l'effet de serre total étaient approximativement :

Gaz carbonique 48 % - Méthane 17 % - CFC 18 % - Protoxyde d'azote 6 % - Ozone et autres 11 %

Une molécule de méthane est 21 fois plus active dans l'effet de serre qu'une molécule de gaz carbonique, et une molécule de CFC-11 l'est 12.000 fois.

4) La montée des GES et son origine humaine
La concentration de C0 2 est passée de 280 ppmv (parties par million en volume) au début de l'ère industrielle à 356 ppmv en 1993, et augmente de 1,5 ppmv par an.

Celle du méthane a augmenté de 145 % en un siècle.

Les CFC sont des gaz artificiels qui n'ont commencé à être fabriqués que vers 1930.

La concentration de N20 a augmenté de 0,25 % par an depuis 40 ans.

Quant à l'ozone, les pertes dans la stratosphère sont plus que compensées par son accroissement à proximité du sol.

Ces accroissements sont totalement d'origine humaine pour les CFC et l'ozone, presque totalement pour le CO2, de 60 % à 80 % pour le CH4 et de 30 % pour le N20.

5) Les sulfates en aérosols
Le dioxyde de soufre S02 émis par la combustion du charbon et du fioul est transformé dans l'atmosphère en fines particules de sulfates (aérosols).

Ils provoquent non seulement une pollution de l'air (pluies acides) mais réfléchissent aussi les rayons du soleil et s'opposent donc partiellement au réchauffement. L'émission de poussières liée aux travaux publics et à de mauvaises pratiques agricoles et sylvicoles va dans le même sens. Les éruptions volcaniques également : celle du Pinatubo aux Philippines en juin1991 a, pendant deux ans, interrompu la série des années chaudes observée depuis la décennie 1980, mais la température moyenne a repris son réchauffement à partir de 1994.

Sauf en cas d'éruption volcanique majeure, les aérosols et poussières retombent assez vite au sol de sorte que leur effet refroidisseur ne touche que la région où ils sont émis (leur transport par les vents ne dépasse guère 1.000 km). Or l'évolution des productions, en particulier les mesures de dépollution, ont diminué de 40 % les émissions de SO2 de l'Europe entre 1980 et 1993 (17 Mt au lieu de 28 Mt, Est inclus) ; la tendance est analogue en Amérique du Nord et au Japon ; elle devrait se poursuivre. Les principaux émetteurs du futur devraient être la Chine et l'Inde : une partie de leur C02 viendra nous réchauffer mais aucun de leurs aérosols ne contrecarrera ce réchauffement.

Au niveau global, le refroidissement par les aérosols ne dépasse guère le dixième du réchauffement par les GES. Essentiellement, ces aérosols masquent une partie de l'effet de serre. Un certain réchauffement global est donc inévitable (Voir B.2 pour des estimations).

6) Quelques conséquences, au moins qualitatives, d'un réchauffement global
Une élévation du niveau des mers. La part due à la dilatation de l'eau de mer peut être quantifiée en fonction de l'élévation de la température. La fonte des grandes masses glaciaires continentales (Groëland, Antarctique Ouest ...) est plus problématique.
Un déplacement des zones climatiques propres à tel ou tel type de culture, d'élevage ou de forêt.
L'extension des zones où peuvent prospérer les vecteurs d'épidémies (par exemple les anophèles, insectes qui transportent et injectent le plasmodium, un protozoaire qui provoque la malaria).
Une température plus élevée accroîtra l'évaporation, d'où davantage de vapeur d'eau, un gaz qui contribue à l'effet de serre ("rétroaction positive").
Celle-ci, en particulier en présence d'aérosols, se condense en fines gouttelettes qui forment les nuages. D'où davantage de nuages et de précipitations. Les nuages bas réfléchissent la lumière solaire (rétroaction négative) tandis que les nuages hauts absorbent et réémettent les infrarouges (rétroaction positive), mais on ne sait guère lesquels l'emporteront (ce qui explique l'ampleur des fourchettes de réchauffement données par les modèles, voir B.2). Il y a aussi des incertitudes sur les zones qui recevront davantage de précipitations.
La fonte de neiges et de glaces diminue le pouvoir réfléchissant de la surface du globe ("albédo") et accroît donc l'absorption de chaleur par les sols et les mers (rétroaction positive).
La fonte du permafrost arctique peut provoquer de fortes émissions de méthane (rétroaction positive).
Une température plus élevée rend le C02 moins soluble dans l'océan superficiel (rétroaction positive).

7) L'inertie thermique des océans
peut masquer pendant une vingtaine d'années les signes incontestables d'un réchauffement global.

B. Ce qui est plausible

1) Sauf pour les CFC, Les émissions et formations de GES vont continuer à s'accroître.
Plusieurs scénarios - bas, moyens et hauts -, incluant en premier lieu les consommations d'énergies fossiles, ont été établis. Les prévisions quantitatives qui suivent ont été faites dans l'hypothèse d'un scénario moyen.

2) Les modèles climatiques
Sans être parfaits, les modèles climatiques ont récemment fait de notables progrès et pris en compte un nombre croissant de phénomènes, y compris celui des aérosols.

Ils prévoient, de 1990 à 2100, un réchauffement global compris entre 0,8ºC et 3,5ºC en cas de croissance globale des émissions soufrées, entre 0,8ºC et 4,5ºC au cas où elles seraient stabilisées à leur niveau actuel.

Les "meilleures estimations" du GIECC-1995 sont de 2ºC et de 2,4ºC respectivement.
Cette croissance aura lieu à un rythme compris entre 0,12ºC et 0,26ºC par décennie, un rythme plus rapide que tout ce qu'on a pu observer depuis 10.000 ans Avec les "meilleures estimations", la température moyenne du globe en 2100 serait plus élevée que tout ce qu'il a connu depuis 125.000 ans.

Le niveau des mers s'élèverait ainsi de 20 cm à 80 cm (avec croissances des aérosols), ou de 30 cm à 100 cm (avec leur stabilisation). Des dizaines de millions de personnes devraient alors être évacuées des îles et deltas plats (Bangladesh, Égypte ), avec les conséquences alimentaires, sanitaires et géopolitiques que l'on imagine.

La validité des modèles climatiques a été testée avec succès sur: les variations connues de plusieurs climats régionaux ( en zones tropicales et subtropicales ) ; les aérosols du Pinatubo ; certains points de l'évolution passée des climats, au 20ème siècle en premier lieu; les conditions sur Mars et Vénus.

3) L'influence de l'homme sur le réchauffement
Le réchauffement observé au 20ème siècle (0,3ºC à 0,6ºC ) et surtout depuis 1955 (0,2ºC à 0,3ºC), une période qui a connu les décennies les plus chaudes depuis un millénaire ne peut s'expliquer uniquement par les variations naturelles du climat ("sortie du petit âge glaciaire"). La main de l'homme y est pour quelque chose.

4) Prévision 21ème siècle
Les prévisions sur l'évolution des climats régionaux au 21ème siècle, sont plus fragmentaires que celles sur la température globale et le niveau des mers.

Les points suivants sont assez bien acquis:

Réchauffement plus important sur les continents que sur les océans.
réchauffement maximal aux hautes latitudes.
Les précipitations augmentent surtout aux latitudes hautes et moyennes.
Augmentation de l'évaporation et de l'humidité au-dessus des mers tropicales .
Extension de la zone des moussons.
Les zones subtropicales sèches le deviendraient encore plus.

5) Variation diurne
Le réchauffement provoquera une réduction de la variation diurne (jour-nuit) des températures terrestres. L'observation bien nette de ce phénomène, ou de ceux énumérés dans 4), serait un signal peu contestable du prochain démarrage du réchauffement global.

6) Les potentiels d'effet de serre différés des GES
Alors que les potentiels d'effet de serre instantanés des divers GES sont bien connus de la Physique classique (voir A.3), le potentiel d'effet de serre à un horizon donné (20 ans, 100 ans, 500 ans) d'une masse d'un GES actuellement présente dans l'atmosphère est plus approximatif.

Il dépend en effet de l'efficacité des processus qui retirent ce gaz de l'atmosphère (les "puits" de CO2, de CH4, etc.).

Les durées de vie moyennes de ces gaz dans l'atmosphère ont été récemment révisées.

Malgré les incertitudes en B, tout ce qui a été dit en A et B a un fondement scientifique bien plus sérieux que tout ce que les économistes peuvent dire du coût de telle ou telle mesure de réduction des émissions de GES, ou des conséquences macro-économiques de l'adoption de taxes, comme l'écotaxe/énergie/carbone qui fut proposée en 1991 par la Commission de Bruxelles.

C. Ce qui reste sujet à controverses

1) La répartition des nuages
La répartition des nuages additionnels entre ceux qui réchauffent et ceux qui refroidissent (cf.A.6)

2) Modifications des circulations océaniques
Les modifications des circulations océaniques, en particulier du courant El Nin du Pacifique Sud, et leurs impacts climatiques.

3) Activation de la photosynthèse
Une plus grande abondance du C02 est a priori, "fertilisante", c'est-à-dire accroît la photosynthèse. Mais certaines plantes, dites C.3, y sont plus sensibles que d'autres, dites C.4. Surtout une photosynthèse accrue réclame de la vapeur d'eau et des éléments nutritifs dont on ne sait trop s'ils seront au bon endroit pour la végétation terrestre. Les possibles compétitions entre plantes plus abondantes doivent aussi être prises en compte. En tout cas on sait que les substances nutritives seront insuffisantes pour augmenter la photosynthèse du Phytoplancton marin.

4) CO2 contre CO2
Si une fertilisation accrue par le CO2 a lieu, elle pourrait certes aider en matière alimentaire ou énergétique. Il n'en résulte pas qu'elle accroisse beaucoup le "puits biologique" de CO2. En effet des températures plus élevées accroissent la respiration des plantes et du sol et donc les rejets de CO2. De plus, sauf dans le cas des arbres et de leur utilisation comme bois de construction, la biomasse additionnelle se transforme rapidement en déchets qui rejettent leur CO2 par combustion ou fermentation aérobie, ou du méthane en cas de fermentation an aérobie, ce qui est encore pire du point de vue de l'effet de serre.

5) Le devenir des glaces continentales
Gare à leur fonte !

6) L'évolution, par grandes régions des émissions d'oxyde de soufre, SO2.
En effet les aérosols qui en résultent ont une influence sur les climats régionaux. Cette évolution dépend des consommations de charbon et de fioul et des efforts de dépollution.

7) Évolution des CFC
Suite au protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone, la fabrication des CFC cesse en 1996 dans les pays industrialisés. Mais qu'en sera-t-il des autres pays et des trafics clandestins de CFC ?

D'autre part, les CFC sont remplacés par des substituts , HCFC et HFC, qui , en général moins offensifs (au moins à long terme) pour la couche d'ozone, peuvent avoir des potentiels d'effet de serre du même ordre que les CFC classiques. Les meilleurs de ces deux points de vue semblent être le HCFC-123, le HFC-41 et le HFC-152a. Se limitera-t-on à eux ?

La reconstitution espérée de la couche d'ozone, d'un GES, provoquerait un accroissement de l'effet de serre qu'il faudrait comparer , à long terme, à la possible diminution de l'effet de serre découlant du passage des CFC à des substituts.

Pour conclure, malgré les incertitudes, les présomptions de changements climatiques sont sérieuses et le climat d'un lieu ne se limite pas à sa température.
Affirmer que l'accroissement de l'effet de serre donnera à Paris le climat de Toulouse est donc absurde (tout au plus, avec l'estimation basse des modèles climatiques, Paris pourrait avoir la même température moyenne qu'à Toulouse aujourd'hui ; mais quid des précipitations, des variations de la température, etc. ?).
De plus, par parisianisme plus ou moins conscient, ceux qui le disent ne se préoccupent pas de ce que deviendrait le climat de Toulouse !

http://www.fnh.org/francais/faq/effet_serre/contenu.htm

http://www.greenpeace.fr/campagnes/nucleaire/effetdeserre.php3
Nucléaire et effet de serre : L'énergie nucléaire n'est pas la réponse au changement climatique. Le mauvais argument de l'industrie nucléaire, qui prétend être nécessaire pour éviter les changements climatiques, doit clairement être rejeté pour ce qu'il est : dangereux et au service de fantaisies qui auraient pour seuls effets d'induire un lourd héritage de déchets radioactifs mortels, d'accroître les risques d'accidents nucléaires catastrophiques et d'augmenter très largement le risque de prolifération des armements nucléaires.

http://www.doc.mmu.ac.uk/aric/eae/french/Global_Warming/Older/Greenhouse_Effect.html

http://www.effet-de-serre.org/

http://www.effet-de-serre.gouv.fr/index.cfm
Créée en 1992, la Mission interministérielle de l'effet de serre (MIES) a fait l'objet d'une réforme en juin 1998 par modification du décret la régissant : renforcée dans ses moyens, elle a été rattachée au Premier Ministre tout en étant placée à la disposition du ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement qui conduit les délégations françaises dans les négociations européennes et internationales sur le sujet. La Commission interministérielle de l'effet de serre, quant à elle, a vu son statut renforcé par sa transformation en réunion de ministres; elle a été réunie pour la première fois le 27 novembre 1998 sous la présidence du Premier ministre. Ce renforcement de la Mission, dont la responsabilité avait été confiée au départ à Michel Mousel et actuellement à Dominique Dron assoit sa capacité de coordination interministérielle et confirme la volonté du gouvernement français de poursuivre activement la lutte contre l'effet de serre aux niveaux national, européen et international. Ses actions portent essentiellement sur la préparation des positions que la France doit défendre au niveau international auprès des instances concernées, sur la présentation de ses positions dans les réunions d'experts gouvernementaux, sur l'identification des mesures propres à permettre à notre pays d'atteindre ses objectifs et sur le suivi de leur mise en œuvre.

LE PHENOMENE DE L'EFFET DE SERRE

La plus grande partie du rayonnement solaire traverse directement l'atmosphère pour réchauffer la surface du globe. La terre, à son tour, "renvoie" cette énergie dans l'espace sous forme de rayonnement infrarouge de grande longueur d'onde. La vapeur d'eau, le gaz carbonique, et d'autres gaz absorbent ce rayonnement renvoyé par la terre, empêchent l'énergie de passer directement de la surface du globe vers l'espace, et réchauffent ainsi l'atmosphère. L'augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre peut se comparer à la pose d'un double vitrage: si les apports de rayonnements solaires à l'intérieur de la serre restent constants, la température s'élèvera.

QUELS SONT LES GAZ CONTRIBUANT A L'EFFET DE SERRE ?

Contribuent à l’effet de serre la vapeur d'eau et les nuages, qui retiennent la chaleur.

Les principaux gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont:
- le gaz carbonique (CO2)
- le méthane (CH4)
- le protoxyde d'azote(ou N20).

Contribuent également à l'effet de serre:
- les chlorofluorocarbures(CFC), qui ont également pour effet d’appauvrir la couche d'ozone, - les substituts aux CFC (les HFC, PFC et le SF6).

On ajoute les gaz précurseurs de l'ozone troposphérique: composés organiques volatils(COV), les oxydes d'azote(NOX) et le monoxyde de carbone(CO). Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans son second rapport approuvé en décembre 1995 confirme l'opinion de la majorité des scientifiques selon laquelle les concentrations de gaz à effet de serre s'accroissent sous l'effet des activités humaines.

QUELLES SONT LES CONSEQUENCES DU RECHAUFFEMENT DE LA PLANETE?

Les modèles utilisés par les climatologues prévoient une augmentation de la température moyenne du globe de 2°C entre 1990 et 2100 en cas de doublement de la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Si rien n'était entrepris pour limiter l'augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, un réchauffement beaucoup plus élevé pourrait être à prévoir. L'étude des climats du passé, ou "paléoclimatologie" montre qu'une variation de quelques degrés seulement de la température moyenne de la planète transforme profondément la physionomie de notre planète.

.EXEMPLES D'INCIDENCES DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Elévation du niveau des mers

La fonte d'une partie des glaces polaires et le réchauffement des océans pourraient entraîner une élévation du niveau des mers, que les hypothèses moyennes évaluent à 50 cm, menaçant 92 millions de personnes vivant dans les zones côtières . Selon certaines hypothèses, une perte de terres de 6 % pour les PAYS-BAS, de 17 % pour le BANGLADESCH serait à prévoir. En FRANCE, certaines régions côtières seraient affectées, notamment les espaces deltaïques(delta du Rhône).

Famines, santé des populations

Les risques de disette alimentaire et de famine peuvent s’accroître dans certaines régions de la planète: Asie du Sud, de l'Est, et du sud-est, régions tropicales d'Amérique Latine. Les vagues de chaleur seront plus intenses et plus longues: on prévoit donc un accroissement consécutif des maladies cardio-vasculaires; indirectement, un certain nombre de maladies se transmettront plus facilement (paludisme, dengue, fièvre jaune, encéphalites).

Crues et sécheresses, précipitations

Une augmentation est à prévoir de la fréquence et de la durée des grandes crues et des grandes sécheresses. En France, en cas d'augmentation de 2°C de la température moyenne, les précipitations d'hiver augmenteraient de 20 %, les précipitations d'été diminueraient de 15 %.

Modification des courants marins

Certains chercheurs envisagent la possibilité d’un ralentissement du " gulf stream " au niveau du nord de l’océan atlantique, ce qui aurait pour conséquence un fort refroidissement de la température moyenne en Europe occidentale alors que le niveau de cette température aurait tendance à s’élever sur le reste du globe.

L'ACTION INTERNATIONALE DE PREVENTION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

La convention de rio (9 mai 1992)

Adoptée le 9 mai 1992 à New-York et signée à compter du 4 juin 1992 dans le cadre de la convention des nations unies sur le développement de Rio de Janeiro, la convention-cadre sur les changements climatiques est entrée en application le 21 mars 1994. Elle a été signée par 178 Etats, plus l'Union européenne.

Son objectif principal est défini dans l'article 2: "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique".

Elle assigne des obligations particulières à la charge des pays développés: ceux-ci doivent adopter des politiques et mesures dans le but de ramener individuellement ou conjointement à leurs niveaux de 1990 leurs émissions de gaz carbonique et d'autres gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone.

Mais cette convention n'est qu'une convention-cadre, elle prévoit que la conférence des parties examine si les engagements qu'elle a prévus sont adéquats eu égard à l'état des connaissances scientifiques et fixe par voie d'amendement ou de protocole des engagements nouveaux.

L'OBJET DE LA CONFERENCE DE KYOTO

Lors d'une première conférence des parties à BERLIN en avril 1995, les Etats ont estimé que les engagements de Rio n'étaient pas "adéquats" et ont décidé que lors de sa troisième réunion à KYOTO, la conférence des parties adopterait un protocole par lequel les pays développés s'engageraient non plus sur une stabilisation des émissions, mais sur des objectifs quantifiés et calendriers de réduction d'émission de gaz à effet de serre, à des échéances telles que 2005, 2010 et 2020. La seconde conférence de GENEVE en juillet 1996 a prévu que ces objectifs seraient juridiquement contraignants.

LES RESULTATS DE LA CONFERENCE DE KYOTO (10 décembre 1997)

La conférence de Kyoto a abouti à l’adoption d’un protocole le 10 décembre 1997 qui prévoit de commencer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le taux moyen de réduction consenti pour les principaux pays industrialisés est de -5,2% des émissions par rapport à leur niveau de 1990, ce qui, si l’on tient compte de l’augmentation observée depuis cette année, entraînera une réduction effective de près de 10% et, d’ici à 2010, de près de 30% par rapport à la croissance tendancielle des émissions observée aujourd’hui. Ce résultat assez positif a été rendu possible par l’attitude active de l’Union européenne, et sa volonté d’aboutir à des résultats significatifs. L’Union européenne avait proposé des objectifs quantifiés encore plus ambitieux pour l’ensemble des pays industrialisés et a fait pression sur ses partenaires pour qu’ils améliorent leurs propositions. Ainsi, par rapport aux propositions initiales, les objectifs quantifiés de réduction d’émissions sont-ils beaucoup plus élevés pour un certain nombre de pays, tels que le Japon (-6%) et les Etats-Unis (-7%). L’Europe a également contribué à rapprocher les positions antagonistes des Etats-Unis et des pays en voie de développement.

Le protocole a fixé un engagement de réduction de -8% des émissions pour chacun des pays de l’Union européenne (par rapport au niveau de 1990).

Toutefois, ces pays européens ont décidé de s’acquitter conjointement de cet engagement. Ainsi, le conseil des ministres de l’environnement du 17 juin 1998 a-t-il décidé que les Etats-membres se répartiraient cet effort en fonction de leur niveau d’émission de 1990, de leur démographie, ou de leur besoin de développement économique.