
Installé en Inde depuis 1958, Dudjom Rinpoché (1903-1987) fut
élu chef spirituel des Nyingmapas en exil en 1959 et devint une des figures
clés de la renaissance du bouddhisme et de la culture tibétaine.
Né dans une famille noble de la province de Pémako, au Kongpo,
il avait été reconnu à l'âge de trois ans comme l'incarnation
de Dudjom Lingpa. Instruit par de nombreux maîtres du monastère
de Mindrôling et disciple de Jetroung Tchampa Djoungné, il fut
gratifié de visions où Guru Rinpoché, Yéshé
Tsogyal et Manjushrî lui accordèrent leurs bénédictions
et leurs transmissions de pouvoir, et il acquit dès son jeune âge
une grande réalisation spirituelle et une brillante érudition.
A quatorze ans, il donnait pour la première fois la transmission complète
du Rintchen Terdzo et, à dix-sept ans, composait sa première uvre
sur le Dzogchen. Considéré comme le plus grand terton de son temps,
il écrivit, au cours de sa vie, vingt-deux volumes, dont le Nyingma Tchadjoung,
" L'histoire des Nyingmapas ", où brille une connaissance encyclopédique
doublée d'un grand élan poétique. Représentant vivant
de Padmasambhava, il comprit, après avoir fui le Tibet en 1958,1'importance
de diffuser son enseignement dans le monde. Il eut de très nombreux disciples
au Bhoutan, au Sikkim, au Népal et au Ladakh, à Hong Kong, puis
en Occident, notamment aux États-Unis et en France, où il vécut
ses dernières années. Dùdjom Rinpoché s'éteignit
en effet en Dordogne, près de Montignac, où il résidait
depuis sept ans.
Extrait de l'ouvrage "Padmasambhava" de Philippe Cornu aux éditions du Seuil
