Un système économique sans inflation, sans intérêt : le crédit social
Rien ne va plus...
... au casino mondial de l'économie et de la monnaie; ceux qui la mettent
en oeuvre ont oublié que le but était le service de l'homme et
non pas son esclavage.
Le système ultra libéral fait chaque jour la preuve de son incapacité
à résoudre les problèmes de chômage et de pauvreté,
en France, en Europe et dans le Monde.
Il est temps de changer tout cela.
Mais il faut démontrer qu'un autre système économique est
possible.
C'est le but de ce site !
" La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne...
et personne ne sait pourquoi ! "
Albert Einstein
Sans doute êtes-vous comme nous, auparavant. Vous pensez : L'économie
est une science complexe, elle doit être réservée aux spécialistes.
Dans ce site, nous allons tenter de vous démontrer l'inverse.
Mais nous allons surtout tenter de vous démontrer que certains économistes
et financiers, comme le dit Bernard Marris dans son livre "lettre ouverte
aux économistes qui nous prennent pour des imbéciles", non
contents de nous prendre effectivement pour des imbéciles, nous maintiennent,
par des affirmations sans fondement, dans un ultra-libéralisme totalitaire,
qui n'a que pour effet d'amplifier la crise mondiale, d'augmenter le nombre
de pauvres sur la planète, d'accroître les fractures sociales importantes
Nous nous adressons aussi aux femmes et aux hommes qui nous gouvernent, et nous
incluons dans ceux-ci tous les hauts fonctionnaires ou autres "experts",
pour la plupart sortis du même moule. Avec une question sous-jacente:
"est-il possible qu'ils ne sachent pas ?" S'ils ne savent pas, ils
sauront peut-être s'ils lisent ce livre. S'ils savent déjà,
hé bien vous serez sur un pied d'égalité avec eux, car,
vous aussi, vous saurez !
Vous saurez que lorsque vous entendez "on ne peut pas construire cette
crèche, cet hôpital, cette ligne de chemin de fer, cela coûte
trop cher", il s'agit en fait d'argent qui ne coûterait rien à
produire, qui créerait de l'emploi et de l'activité, et qui reviendrait
intégralement à l'Etat.
Vous saurez que lorsque le Ministre des Finances indique que le remboursement
des intérêts de la dette qui était de 236 Milliards de Francs
en 1999 (soit 450000 F prélevés chaque minute sur le travail des
hommes de ce pays), il indique en fait qu'il accepte de payer ces intérêts
à des banquiers qui fabriquent de la fausse monnaie.
Vous saurez comment une simple déviation de l'utilisation du mot "profit"
en comptabilité a suffit pour rendre tout notre système incompréhensible
Vous saurez qu'il n'y a pas "un gâteau à se partager",
mais que ce gâteau peut être assez grand pour tous, mis à
part les limites écologiques et de plein emploi qu'il impose.
Vous saurez pourquoi, alors que nous sommes dans une période d'abondance,
nous réagissons encore comme si nous étions en période
de pénurie.
Vous saurez pourquoi il est indispensable de taxer les capitaux spéculatifs
et pourquoi annuler la dette des Pays Pauvres (PVD) ne nous appauvrira en rien;
alors, pourquoi ne pas le faire?
Vous saurez pourquoi l'intérêt ajouté au remboursement du
capital d'une dette est inique, puisque cela équivaut à payer
un intérêt sur un capital en majorité fabriqué par
les banques sur un simple jeu d'écriture.
Vous saurez que le jeu des importations - exportations étant de toute
façon "à somme nulle", un pays dont la balance d'exportation
est bénéficiaire, ne peut le faire qu'en en appauvrissant d'autres.
Vous saurez pourquoi les accords de Maastricht, imposant des déficits
publics inférieurs à 3% des PIB, bientôt remplacé
par ceux d'Amsterdam les réduisant à 1%, est une erreur fondamentale,
empêchant l'Europe de s'enrichir en "biens réels" et
limitant la nécessaire intervention de l'administration sur tout ce qui
ne devrait pas être "marchandisable" dans la vie des pays.
Vous saurez qu'il existe des solutions simples pour sortir de ces injustices
qui créent de plus en plus de pauvres et qui laissent 20 000 enfants
mourir de faim chaque jour dans le monde, pendant que des multinationales ou
des personnes privées s'enrichissent sans limite.
Encore faut-il le vouloir.
(Préface de "Un regard citoyen sur l'économie" de André-Jacques
Holbecq, à paraître le 25 septembre 2002 aux éditions Yves
Michel - Collection Economie - ISBN 2 913492 11 8 - prix: 17 euros)... vous
pouvez le réserver dès maintenant chez votre libraire habituel
ou directement: éditions Le Souffle d'Or / éditions Yves MICHEL
BP 3 - 05300 Barret-sur-Méouge - France tel : 33 (0)4 92 65 52 24 http://www.souffledor.fr
La supériorité illégitime du capital financier sur
le capital physique.
Nous illustrons cette supériorité par une fable de Silvio Gesell.
L'APOLOGUE DE ROBINSON
Comme chacun sait, Robinson se trouvait seul sur une île. Il tua des porcs,
sala les viandes, confectionna des vêtements. Bref, selon ses estimations,
il pouvait pourvoir largement à ses besoins pour les trois années
à venir.
Tandis qu'il procédait à un dernier calcul, il vit venir à
lui un homme.
- Hé, cria l'Etranger, le naufrage de mon bateau me force d'aborder ici.
Ne pourrais-tu me prêter des provisions jusqu'au jour où j'aurai
défriché un champ et rentré ma première récolte
?
- Robinson, à ces mots, pensa à ses réserves, à
l'intérêt qu'il en tirerait et à la splendeur de la vie
de rentier. Il s'empressa d'accepter.
- Très bien, dit l'Etranger. Mais je te préviens: je ne paie pas
d'intérêt, sinon je préfère me nourrir de chasse
et de pêche. Ma religion m'interdit tout autant de payer de l'intérêt
que d'en exiger
R- Belle religion, mais qu'est-ce qui te fait croire que je vais accepter ?
E- Ton égoïsme, Robinson, car tu y gagnes, et pas mal.
R- Je ne vois pas l'avantage que j'aurais à te prêter gratuitement
mes provisions.
E- Je vais te le montrer. J'ai besoin de vêtements, tu le vois, je suis
nu. As-tu des habits en provision ?
R- Cette caisse là est pleine à craquer.
E- Mais ces vêtements, là, enfermés, c'est la nourriture
de prédilection des mites.
R- Tu as raison, mais comment faire autrement. Ailleurs, ils craignent les souris
et les rats.
E- Comment faire autrement ! Prête moi ces vêtements et je m'engage
à t'en faire de nouveaux dès que tu en auras besoin, et ces vêtements
seront même, parce que neufs, meilleurs que ceux que tu retirerais plus
tard de cette caisse.
R- Oui, Etranger, je veux bien te prêter cette caisse, car je vois qu'il
m'est avantageux de te prêter les vêtements même sans intérêt.
E- Montre moi ton froment. J'en ai besoin pour semer et cuire.
R- Je l'ai enterré sur la colline.
E- Tu l'as enfoui pour trois ans ! Et la vermine ? Et les larves ?
R- Je sais. Mais comment les conserver autrement ? Si seulement je connaissais
le moyen de défendre mon capital contre les forces de destruction de
la nature.
E- Prête moi une partie de tes provisions, je te réglerai cette
fourniture avec du froment frais de mes moissons, kilo pour kilo, mais toujours
sans intérêt.
R- C'est avec joie et en te remerciant. Et si je t'offrais toute la réserve
en stipulant que contre dix sacs tu n'en doives que neuf ?
E- Non, je te remercie. Cela aussi s'appelle de l'usure, à la place du
bailleur, c'est le preneur qui serait capitaliste. Mes convictions condamnent
l'usure, y compris l'intérêt renversé mais j'ai encore besoin
d'autre chose: une charrue, un chariot, des outils. Me prêteras-tu sans
intérêt le tout ?
R- J'accepte. Je me réjouis de pouvoir désormais conserver ces
biens pour l'avenir, en bon état et sans travail, grâce au prêt.
E- Tu reconnais alors l'avantage que tu trouves à me prêter ces
biens sans intérêt?
R- Je le reconnais. Mais je me demande pourquoi dans mon pays les prêteurs
demandent un intérêt.
E- La cause, tu dois la chercher dans l'argent.
R- Quoi, la source de l'intérêt viendrait de l'argent ? Mais écoute
ce que dit Marx de l'argent et de l'intérêt: " La force du
travail est la source de l'intérêt (plus-value). L'intérêt,
qui fait de l'argent un capital, ne peut provenir de l'argent. S'il est vrai
que l'argent est un moyen d'échanges, alors il ne fait rien d'autre que
payer le prix des marchandises qu'il achète. Si de ce fait il ne change
pas, il n'augmente pas de valeur. Donc, l'intérêt (la plus value)
doit provenir des marchandises achetées que l'on revendra plus cher.
Ce changement ne peut s'occasionner ni à la vente ni à l'achat:
dans ces deux transactions ce sont des équivalents qui sont échangés.
Une seule hypothèse reste donc: que le changement se produit par l'usage
que l'on fait des biens après l'achat et avant la revente ". (K.
.Marx, " Le Capital ", Chap.VI)
E- Tu es sur cette île depuis longtemps
R- Trente ans.
E- Cela se voit. Tu t'en rapporte encore à la théorie de la valeur.
Il n'est plus personne pour la défendre aujourd'hui.
R- Quoi ! Tu viendrais dire que la théorie marxiste de l'intérêt
est morte. Ce n'est pas vrai, je la défendrai.
E- Très bien. Alors défends toi, mais pas avec des mots mais avec
des actes. Tu disposes d'un capital. Moi, je suis nu. Jamais le vrai rapport
entre prêteur de capitaux et emprunteur n'est apparu sous un jour plus
clair qu'entre nous deux. Maintenant, essaye de me soutirer de l'intérêt.
R- Ah, non merci, les rats, les souris et les larves ont rongé ma force
de capitaliste. Mais dis-moi comment expliques-tu la chose ?
E- L'explication est simple. S'il existait sur cette île une organisation
économique faisant usage d'argent, et si moi, naufragé, j'avais
besoin d'un prêt, je devrais dans ce cas m'adresser à un prêteur
d'argent pour acheter ensuite ce que tu viens de me prêter sans intérêt.
Mais ce prêteur d'argent ne s'inquiète ni des rats ni des souris
ni des larves. Je ne puis l'aborder de la façon dont je me suis adressé
à toi. Une perte est la rançon de toute possession de marchandises.
Cette perte n'atteint que celui qui doit conserver les marchandises, non celui
qui prête l'argent. Le prêteur d'argent ignore, lui, ces soucis.
Tu n'as pas refermé ton coffre à habits lorsque j'ai refusé
tout paiement d'intérêt, la nature de ton capital t'engageait à
poursuivre la discussion. Le capitaliste d'argent, lui, me claque au nez la
porte de son coffre-fort, lorsque je lui annonce que je ne paie pas d'intérêt.
D'ailleurs, ce n'est pas de l'argent que j'ai besoin mais d'habits, que je devrais
payer avec cet argent. Les habits, tu me les vends sans intérêt,
l'argent nécessaire, je dois le renter.
R- De la sorte, il faudrait chercher l'origine de l'intérêt dans
l'argent, et Marx aurait eu tort?
E- Il se trompait. Il sous estimait l'importance de l'argent, ce grand nerf
de l'économie. Dès lors, il n'est pas surprenant qu'il se soit
trompé dans d'autres questions fondamentales.
R- Ainsi le banquier peut fermer son coffre au nez de celui qui lui refuse l'intérêt,
cette puissance, il la tire de la supériorité de l'argent sur
les marchandises. Voilà le noeud.
E- Tout de même, quelle force de suggestion ont les rats, les souris et
les larves. Quelques heures d'économie politique nous ont appris plus
que des années d'étude dans les grimoires d'économie politique
".
(d'après Silvio Gesell, 5 mai 1920.)
: Aussi évident que soit ce fait, il n'est pas moins vrai que jusqu'ici
aucun théoricien de l'intérêt n'a remarqué cet avantage,
Proudhon lui-même ne le vit pas (Note de Silvio Gesell).
: Tous les biens se déprécient, en dehors peut-être des
métaux précieux et des pierreries que l'on enferme dans des coffres-forts
dont on paie la location (Note de S. Gesell).
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extraits de : LES OUVRIERS DE LA ONZIEME HEURE de Janpier Dutrieux
disponible 18,30 Euros (120 FF) en port payè à janpier.dutrieux@worldonline.fr
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Mieux comprendre le Crédit Social.
(Ce résumé du Crédit Social est inspiré d'un texte écrit par Alain Pilote, canadien. Ce qui est valable au Canada, l'est aussi pour l'Europe. Néanmoins, si les accords de Maastrisch ne sont pas modifiés, un pays européen ne peut indépendamment et directement émettre des Euros. Il est donc nécessaire dans ce cas d'utiliser une "astuce" développée dans le chapitre de "notre proposition" intitulé "proposition législative".
Imprimer de l'argent... sans limites?
Les banquiers internationaux craignent tellement l'application du Crédit
Social, qui mettrait justement fin à leur contrôle de la vie économique,
qu'ils ont tout essayé pour stopper sa progression dans les esprits.
Alors, une des tactiques favorites des Financiers sera de falsifier ces principes
et de les présenter d'une façon absurde et ridicule dans les médias,
pour empêcher que davantage de gens y adhèrent.
Ils accusent par exemple les défenseurs du Crédit Social de vouloir
"imprimer de l'argent pour effacer la dette", et, évidemment,
ils ajoutent que c'est irréaliste ou farfelu et que cela entraînerait
une inflation épouvantable.
Et il est vrai que "d'imprimer de l'argent pour payer la dette" est
complètement farfelu, mais quand les défenseurs du Crédit
Social demandent d'effacer les dettes publiques, c'est exactement ce que cela
veut dire: les effacer, et non pas les rembourser, et encore moins imprimer
de l'argent pour les rembourser." Ce que les Créditistes préconisent,
c'est justement d'émettre l'argent selon la production.
Alors, quand on leur parle de Crédit Social, la plus part des économistes
ne font que répéter les mensonges des financiers: "Votre
affaire, le Crédit Social, ça ne tient pas debout! Voyons donc,
imprimer de l'argent comme ça sans arrêt, ça va faire de
l'inflation!" Et en disant cela, ils pensent avoir tout dit du Crédit
Social, alors qu'ils ignorent tout du sujet, ne connaissant absolument rien
de la circulation de l'argent sous un système créditiste, rien
de l'escompte compensé ou du dividende, ou ne voulant pas le connaitre,
peut-être!. Ce dont ils ont entendu parler, c'est d'un faux Crédit
Social, d'une version falsifiée par les Financiers. Voici donc un résumé
du vrai Crédit Social, basé sur les deux brochures de Louis Even,
"Qu'est-ce que le vrai Crédit Social?", et "Une finance
saine et efficace".
La comptabilité exacte
Tout d'abord, définissons les mots "crédit social":
au lieu d'avoir un argent créé par les banques ( crédit
bancaire à intérêt), on aurait un argent créé
sans dette par la société, un crédit social. Le système
du Crédit Social ne vise à rien d'autre qu'à faire de l'argent
un reflet exact des réalités économiques. Il n'est donc
aucunement question dans le Crédit Social d'émettre ou imprimer
de l'argent n'importe comment, de façon irresponsable ou sans limites
(comme se plaisent à le faire croire certains), ou selon les caprices
des politiciens au pouvoir. La vraie méthode proposée, la voici:
Le gouvernement nommerait une commission de comptables, un organisme indépendant
appelé par exemple "Office National de Crédit", qui
serait chargé d'établir une comptabilité exacte: l'argent
serait émis au rythme de la production, et retiré de la circulation
au rythme de la consommation. On aurait ainsi un équilibre constant entre
la capacité de produire et la capacité de payer, entre les prix
et le pouvoir d'achat.
Ce que les Créditistes demandent, c'est que le gouvernement cesse d'emprunter
des banques privées de l'argent qu'il peut créer lui-même
sans intérêt, par sa banque centrale. Même le premier gouverneur
de la Banque du Canada, Graham Towers, admettait en 1939 devant un comité
de la Chambre des Communes que cela était parfaitement faisable, lorsqu'on
lui demanda pourquoi un gouvernement devrait-il payer de l'intérêt
pour de l'argent qu'il peut créer lui-même sans intérêt.
Pendant la deuxième guerre mondiale, la Banque du Canada a créé
jusqu'à 50% de l'argent du pays, sans inflation. Aujourd'hui, elle en
crée moins de 2%. Le reste, 98%, est créé par les banques
sous forme de prêts. Bien des gens ignorent ce fait, et ne savent pas
que les banques privées, contrairement aux autres prêteurs, créent
l'argent qu'elles prêtent, et qu'elles ne prêtent pas (seulement)
l'argent de leurs déposants.
Que l'argent soit créé par une Banque Centrale ou les banques
privées, il faut bien qu'il soit créé quelque part. Il
s'agit des mêmes chiffres, basés sur la même production du
pays. La seule différence (et elle est de taille!), c'est que si le gouvernement
emprunte de sa propre banque centrale, il n'encourt aucune dette.
100 unités créés sans intérêt par la Banque
centrale, ou 100 créés avec intérêt par une banque
privée: lequel des deux va créer de l'inflation? Même un
enfant de dix ans trouverait tout de suite la réponse: c'est celui qui
est créé avec intérêt par la banque privée.
L'inflation, c'est la hausse des prix, causée par la hausse des coûts
de production, et les intérêts à payer par les producteurs
aux banques font partie de ces coûts. Une étude de l'économiste
allemande Margritt Kennedy permet d'estimer que l'incidence des intérêts
sur les prix hors taxe varie, suivant la nécessité du capital
à la production, de 10 à 90%, avec une moyenne d'environ 50%.
Ce qui est tout à fait incroyable et contraire à la logique la
plus élémentaire, c'est que les économistes disent que
pour arrêter l'inflation (la hausse des prix), il faut augmenter les taux
d'intérêt, alors qu'au contraire, toute hausse des taux d'intérêt
fait nécessairement augmenter les prix et bloque donc la production en
amont et ceci "leur" permet de garder un volant de chômeurs
(conséquences; salaires plus bas, profits plus élevés).
Le système "farfelu", ce sont eux qui le préconisent,
pas les créditistes.
Mais le Crédit Social ne se limite pas seulement à une simple
question de création d'argent. Il y aussi le dividende, et l'escompte
compensé.
Le dividende
Parce que les salaires ne suffisent pas pour acheter toute la production existante
(les salaires ne forment qu'une partie des coûts de production de n'importe
quel article), l'Office National de Crédit distribuerait à chaque
citoyen un dividende mensuel, une somme d'argent permettant d'augmenter le pouvoir
d'achat, et d'assurer à chacun une part des biens du pays. Ce dividende
serait basé sur les deux plus grands facteurs de la production moderne,
l'héritage des richesses naturelles et des inventions des générations
passées, tous deux dons gratuits, qui appartiennent donc à tous.
Ceux qui seraient employés dans la production recevraient évidemment
leur salaire, mais tous, salariés comme non-salariés, recevraient
le dividende.
La formule du dividende serait infiniment profitable au bien-être social,
à l'assurance-chômage et autres répartitions actuelles de
sécurité sociale, car il ne serait pas pris dans les impôts
de ceux qui travaillent, mais serait financé par de l'argent nouveau,
créé par l'Office National de Crédit. Personne ne se ferait
donc vivre par les impôts ou taxes des contribuables; ce serait un héritage
dû à tous les citoyens du pays, qui sont pour ainsi dire tous actionnaires
de la compagnie "Canada Limitée".
Et contrairement aux indemnités de chômage ou autre "revenu
minimum d'insertion", ce dividende serait distribué sans condition
ni enquête préalable, il ne pénaliserait donc pas ceux qui
veulent travailler. Loin d'être une incitation à la paresse, il
permettrait aux gens de s'occuper dans l'activité de leur choix, celle
où ils ont des talents. D'ailleurs, si les gens arrêtaient de travailler,
le dividende baisserait automatiquement, puisqu'il est basé sur la production
existante.
Le financement des "biens publics"
Comment se ferait le financement des services et travaux publics avec un tel
système d'argent social? Chaque fois que la population désirerait
un nouveau projet public, le gouvernement ne se demanderait pas: "A-t-on
l'argent?", mais: "A-t-on les matériaux, les travailleurs pour
le réaliser?" Si oui, l'Office National de Crédit créerait
automatiquement l'argent nécessaire pour financer cette production nouvelle.
Supposons, par exemple, que la population désire un nouveau pont, dont
la construction coûte 50 millions. L'Office National de Crédit
crée donc 50 millions pour financer la construction de ce pont. Et puisque
tout argent nouveau doit être retiré de la circulation lors de
la consommation, ainsi l'argent créé pour la construction du pont
devra être retiré de la circulation lors de la consommation de
ce pont.
De quelle manière un pont peut-il être "consommé"?
Par usure ou dépréciation. Supposons que les ingénieurs
qui ont construit ce pont prévoient qu'il durera 50 ans; ce pont perdra
donc un cinquantième de sa valeur chaque année. Puisqu'il a coûté
50 millions à construire, il subira donc une dépréciation
d'un million par année. C'est donc un million qui devront être
retirés de la circulation chaque année, pendant 50 ans. Au bout
de 50 ans, le pont sera complètement payé, sans un sou d'intérêt
ni de dette.
Est-ce que ce retrait d'argent se fera par les impôts? Non, cela n'est
nullement nécessaire, dit Douglas, le concepteur du système du
Crédit Social. Il existe une autre méthode bien plus simple pour
retirer cet argent de la circulation, celle de l'ajustement des prix (appelé
aussi escompte compensé).
D'ailleurs, sous un système de crédit social, les impôts
diminueraient de façon drastique, et la plupart disparaîtraient
tout simplement. Le juste principe à observer, c'est que les gens ne
paient que pour ce qu'ils consomment. Par contre, il serait injuste de faire
payer à la population de tout le pays des services qui ne sont offerts
que dans une rue ou une municipalité; ce sont ceux qui bénéficient
de ces services qui auraient à payer la municipalité qui les fournit.
L'ajustement des prix
De quelle manière cet ajustement des prix fonctionnerait-il? L'Office
National de Crédit serait chargé de tenir une comptabilité
exacte de l'actif et du passif de la nation, ce qui ne nécessiterait
que deux colonnes: d'un côté, on inscrirait tout ce qui est produit
dans le pays durant la période en question (l'actif), et de l'autre,
tout ce qui est consommé (le passif). Le 1 million de dépréciation
annuelle du pont, de l'exemple mentionné plus haut, serait donc inscrit
dans la colonne "passif" ou "consommation", et ajouté
à toutes les autres formes de consommation ou disparition de richesse
durant l'année.
Douglas fait aussi remarquer que le vrai coût de la production, c'est
la consommation. Dans l'exemple du pont, le prix comptable était de 50
millions. Mais le prix réel du pont, c'est tout ce qu'il a fallu consommer
pour le produire. S'il est impossible de déterminer pour un seul produit
quel a été son prix réel, on peut, par contre, facilement
savoir quel a été, durant une année, le prix réel
de toute la production du pays: c'est tout ce qui a été consommé
dans le pays durant la même période.
Ainsi, si les comptes nationaux d'un pays montrent que, dans une année,
la production privée (production de biens consommables), a été
de 500 milliards , et que pendant la même année, la consommation
totale a été de 400 milliards, cela veut dire que le pays a été
capable de produire pour une valeur de 500 milliards de produits et services,
tout en ne dépensant, ou consommant, que pour une valeur de 400 milliards.
Autrement dit, cela démontre qu'il en a coûté réellement
400 milliards pour produire ce que la comptabilité des prix établit
à 500 milliards.
Le vrai prix de la production est donc de 400 milliards. La population doit
donc pouvoir obtenir le fruit de son travail, la production de 500 milliards,
en payant seulement 400 milliards. Car il a été bien établi
plus tôt que l'argent ne doit être retiré que selon la consommation:
s'il s'est consommé pour 400 milliards de produits et services, on ne
doit retirer de la circulation que 400 milliards, ni plus ni moins.
Escompte sur les prix
Comment faire pour que les consommateurs puissent obtenir pour 500 milliards
de produits et services tout en ne payant que 400 milliards ? C'est très
simple, il suffit de baisser le prix de vente de tous les produits et services
de 1/5, soit un escompte de 20%: l'Office National de Crédit décrète
donc un escompte de 20% sur tous les prix de vente pendant le terme suivant.
Par exemple, le client n'aura qu'à payer 400 pour un article étiqueté
500 .
Mais, s'il ne veut pas faire faillite, le marchand doit quand même récupérer
500 pour la vente de cet article, et non pas seulement 400 , car ce prix de
500 inclut tous ses frais. C'est pourquoi on parle d'un escompte "compensé":
dans ce cas-ci, le marchand sera compensé par l'Office National de Crédit,
qui lui enverra le 100 qui manquent.
Pour chacune de ses ventes, le marchand n'aura qu'à présenter
ses bordereaux de vente à l'Office National de Crédit, qui lui
remboursera l'escompte accordé au client. Ainsi, personne n'est pénalisé:
les consommateurs obtiennent les produits qui, sans cela, resteraient invendus,
et les marchands récupèrent tous leurs frais.
Inflation impossible
Grâce à ce mécanisme de l'escompte sur les prix, toute inflation
serait impossible: en effet, l'escompte fait baisser les prix. Et l'inflation,
ce sont les prix qui montent. La meilleure manière d'empêcher les
prix de monter, c'est de les faire baisser! De plus, l'escompte sur les prix
est exactement le contraire de la taxe de vente: au lieu de payer les produits
plus cher par des taxes, les consommateurs les paient moins cher grâce
à cet escompte. Qui pourrait s'en plaindre?
On voit bien alors que ceux qui disent que le Crédit Social va faire
de l'inflation se trompent, car ils ignorent l'existence de l'escompte compensé.
Bien sûr, s'il n'était question dans le Crédit Social que
d'imprimer de l'argent et rien d'autre, les craintes de l'inflation seraient
justifiées, mais justement, le Crédit Social possède une
technique pour faire face à tout danger d'inflation.
Il existe donc trois principes de base dans le Crédit Social :
1. l'argent est émis sans dette par le gouvernement, représentant
de la société, selon la production, et il est retiré de
la circulation selon la consommation;
2. le dividende mensuel est versé à tous les citoyens;
3. l'escompte compensé qui rééquilibre l'ensemble.
Les trois sont nécessaires; c'est comme un trépied: enlevez un
de ces trois principes, et le reste ne tient plus.
Toute cette technique du Crédit Social, telle qu'expliquée très
brièvement ci-dessus, n'a qu'un but: financer la production des biens
qui répondent aux besoins, et financer la distribution de ces biens pour
qu'ils atteignent les besoins. En examinant la circulation du crédit
sur le schéma ci-dessous, on s'apercevra que l'argent ne s'accumule en
aucun temps, qu'il ne fait que suivre le mouvement de la richesse, entrant en
circulation au rythme de la production, et prenant la voie du retour vers sa
source (l'Office National de Crédit) au rythme de la consommation (lorsque
les produits sont achetés chez le marchand). En tout temps, l'argent
demeure un reflet exact de la réalité: de l'argent apparaît
lorsqu'un nouveau produit apparaît, et cet argent disparaît lorsque
le produit disparaît (est consommé). Où est l'inflation
là-dedans?
Tout cela ouvre des horizons et possibilités insoupçonnés.
Pour que ces possibilités deviennent réalités, il faut
que chacun ait connaissance de la proposition des Créditistes.
Cliffort Hugues Douglas a résumé en trois propositions les
principes de base d'une réforme monétaire de crédit social
dans "The monopoly of credit"
1 - Les moyens de payement entre les mains de la population d'un pays doivent,
en tout temps, être collectivement égaux au prix collectif à
payer pour les biens consommables mis en vente dans le pays; et ces moyens d'achat
doivent être annulés lors de l'achat des biens de consommation.
2- Les crédits nécessaires pour financer la production doivent
provenir, non des épargnes, mais de nouveaux crédits se rapportant
à une nouvelle production. Ces crédits ne seront rappelés
que selon le rapport de la dépréciation générale
à l'appréciation de l'enrichissement général.
3 - La distribution de moyens d'achat aux individus doit dépendre, progressivement,
de moins en moins de l'emploi. C'est-à-dire que le dividende social doit
progressivement remplacer les émoluments et le salaire.