Une civilisation s'éteint, une autre s'éveille

Consommer est le nouveau devoir du citoyen moderne. Mais consommation est-il synonyme de bonheur ? Tous ces produits nous apportent-ils, excepté l'image de bonheur véhiculé sur l'écran cathodique télévisuel, un authentique bonheur ? Ce gaspillage des ressources naturelles et des matières premières ne mène t'il pas plutôt à une catastrophe écologique, à un suicide collectif ? La consommation et la production effrénée de marchandises sont des crimes contre l'humanité. Les gens sont conditionnés à penser qu'il faut gagner sa vie à la sueur de son front, nos ethnologues définissent le travail comme synonyme de progrès. Vous est-il arrivé de vous arrêter sur un pont traversant une autoroute et de contempler le flux des voitures ? Mais où courent-ils ces hommes et ces femmes dans leur cercueil roulant ? Mais que font-ils avec leurs téléphones cellulaires, leurs micro-ordinateurs portables avec modem intégrés pour recevoir l'information en provenance des bases de données et des bourses du monde entier ? Avons-nous perdu la tête ? Le matérialisme nous mène à la catastrophe, nous le savons fort bien, mais nous ne faisons rien. Les intellectuels de la fin du 19ème siècle rêvaient d'une société où l'homme serait affranchi du travail, ils pensaient que la maîtrise des énergies fossiles et de la technologie permettraient un monde meilleur. En moins d'un siècle nous avons réussi à maîtriser l'énergie et à façonner une technologie efficace. Nous possédons les moyens de ne travailler que quelques heures par semaine pour entretenir notre niveau de vie et une qualité de vie bien supérieure à celle d'aujourd'hui. Pourquoi ne pas se réjouir du chômage dû à l'amélioration des moyens techniques de production ? Pourquoi autant d'énergie humaine gaspillée ? Au 21ème siècle, l'humanité n'a jamais autant souffert des famines, des guerres, de la pollution, de la détresse morale et du surmenage, des exclusions, etc.

L'idéologie économique grâce au prodigieux matraquage médiatique n'est plus considéré comme une idéologie, c'est même pour certains -- Fukuyama et les néo-conservateurs -- "La fin de l'histoire". Selon eux, nous n'avons pas le choix. Nous devons, bon gré ou malgré, nous soumettre à la loi du marché, à la main invisible telle qu'inventé par Adams Smith.

Hors le capitalisme point de salut ! Ah, la sacro-sainte économie capitaliste, cette nouvelle religion qui impose sa domination à l'ensemble du globe ! Toute-puissante elle détruit la planète: pollution des éléments naturels, déforestation, création d'organismes génétiquement modifié, brevet sur le vivant... Non contente, elle asservit et exclut des populations entières. Pour maintenir son dogme, elle donne à chacun un contrat social se limitant à : se plier ou être brisé. Le système éducatif, la publicité, les médias, conditionnent les esprits, violent la liberté de pensée et dictent les modes de vie. Le Nord a instauré son modèle comme le seul et l'unique. Les pays du Sud et de l'Est, infériorisés, sont maintenus dans la servitude, par la guerre si nécessaire. Les multinationales y exploitent à leur gré et sans merci, matière première et main-d'oeuvre. Le Nord impose au reste de la planète ses volontés concernant l'économie, l'organisation sociale et le régime politique. Les écarts de richesses s'agrandissent aussi au Nord. La politique libérale accroît la masse des "exclus" et l'asservissement des salariés par la flexibilité et la précarité. Elle s'étend à tous les secteurs par la privatisation du service public. Face à la peur de l'exclusion, la soumission à la loi du marché devient totale et l'individualisme, la compétition se développent. L'indifférence face à ceux qui sont victimes de la misère se banalise.

Les détenteurs du pouvoir financier appuyés par leurs relais politiques, intellectuels et médiatiques, et servis par le prodigieux développement de la technoscience, ont entrepris et presque réussi la colonisation de la planète. Ces transnationales imposent à toutes les formes de vie - humaines ou non - une même civilisation qui se teinte des cultures qu'elle absorbe. Partout, des mémoires et des savoirs millénaires sont effacés, des danses et des costumes sont oubliés, des dieux et des temples délaissés, des peuples et des cultures disparaissent pour toujours. Partout des champs sont surexploités et des écosystèmes dévastés. Dans chaque pays les valets politiques et technocratiques des firmes transnationales trahissent les intérêts de leurs communautés en oeuvrant à la généralisation de la guerre économique et à l'uniformisation du vivant. Car, contrairement à ce que nous répètent les médias et quelques naïfs, ce n'est pas l'amour entre les hommes qui est le véritable moteur de cette mondialisation, mais, uniquement la loi du profit.

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Comment s'est imposé la technoscience en tant que croyance dominante ? Pourquoi la vision politique de la caste des commerçants devenus économie politique puis science économique s'est imposée comme la pensée unique ?

C'est à partir de la renaissance que l'économie politique -- l'expression apparaît en 1615 -- devint une discipline de pensée, détaché de la philosophie est préoccupé exclusivement de la création et de la circulation des biens matériels. L'économie politique se transformera en sciences économiques, cette mutation fut favorisée par le recours de plus en plus fréquent à l'arsenal mathématique -- essentiellement l'analyse et la statistique.

En fait la "science économique" est une imposture, elle n'a qu'un seul objectif : contribuer à convaincre et soumettre le peuple au choix philosophique, au choix politique qui a été fait au 18ème siècle par la caste des commerçants.

L'origine de la pensée libérale remonte à la renaissance. Face à l'obscurantisme religieux, émerge la foie en la raison comme idéal et comme moyen pour comprendre la nature. Donc, contre la recherche d'un bonheur dans l'au-delà, on propose l'optimisme de la science. D'un point de vue métaphysique, l'Occident a basculé progressivement de la croyance en l'existence d'une entité ou d'un soi permanent, unique, indépendant, créateur de l'univers -- la judéo-chrétienté -- à sa négation -- le matérialisme scientiste. Le libéralisme est un ensemble hétérogène d'idées qui se fondent sur la croyance que l'homme a la possibilité de se rendre maître de l'univers pour le conquérir et en jouir.

En 1970, le club de Rome nous avait déjà mis en garde contre les excès du libéralisme. Leurs avertissements sont restés lettres mortes, pour survivre, la société de consommation se devait d'aller toujours plus loin. La solution n'est ni de type Keynésien -- économiste qui a préconisé des dépenses publiques destinées à remplir les poches des consommateurs afin qu'ils se précipitent à consommer --, ni de type monétariste -- économie qui consiste en la manipulation des taux d'intérêts et de la masse monétaire ce qui permet d'accroître alternativement le pouvoir d'achat ou l'épargne. En fait l'argent, le capital, symbole d'énergie humaine cristallisé, n'est en soi rien d'autre qu'un instrument permettant de mobiliser les hommes pour l'action, qu'un canal pour utiliser l'énergie humaine et il ne doit être utilisé à des fins productives que s'il contribue au bien-être des hommes. La solution à notre soi-disant problème économique n'est pas de dépanner la croissance ou d'arriver à une croissance zéro, comme pouvait le recommander le Club de Rome. La vraie réponse, la seule issue à long terme c'est de sortir du paradigme économique dans lequel nous nous sommes enfermés. Nous devons réfléchir à la notion de croissance. L'augmentation de la production, de la consommation et donc de la pollution ne sont pas synonyme d'un accroissement du bien-être et de la qualité de la vie. Tout système vivant produit une énergie excédentaire et cette énergie doit être sacrifiée d'une façon ou d'une autre. À ce sacrifice, par manque d'imagination, nos solutions sont pitoyables : la société de consommation ou pire encore la guerre.
Citation : "Quand un problème nous résiste malgré de grands efforts de recherche, nous devons mettre en doute ses principaux postulats. L'imagination est alors plus importante que le savoir". Albert Einstein

Le problème de toute société peut se résumer ainsi :
comment canaliser l'énergie humaine, c'est-à-dire :
1. Comment produire les richesses ? Grâce à la technologie, ce n'est plus vraiment un problème !
2. Comment donner à chacun l'opportunité de se rendre utile à la communauté ou, autrement dit, comment donner une activité, un travail à chacun de sorte que chacun se sente intégré, inclus dans la société ?
3. Comment répartir les richesses produites ? Toutes les révolutions, les mouvement sociaux sont, évidemment, la conséquence d'une mauvaise répartition. Une bonne gestion de la cité doit donc amoindrir les trop grandes différences de richesses.
4. Comment sacrifier l'énergie humaine excédentaire ? C'est, en fait, le principal problème de l'humanité. Comment s'occuper ? Pascal disait que tous nos problèmes viennent du fait que nous ne sommes pas capable de rester tranquillement assis dans notre chambre. Heureusement ! sinon la vie serait bien triste. Une fois les besoins de base satisfait, que faire de notre temps ? La diversité de l'expression de la vie, l'art, la fête et toute activité non indispensable à la survie en sont des manifestations.

Pour bien comprendre ce point, il est utile de revenir à la théorie du potlatch (fête amérindienne) exposés par Mauss dans un essai sur le don, forme archaïque de l'échange, paru dans l'année sociologique de 1925 et sur l'essai de Georges Bataille, " la part maudite " écrit en 1949. D'après Bataille, il y a toujours excès, parce que le rayonnement solaire qui est à la source de toute croissance est donnée sans contrepartie, donc il y a accumulation d'une énergie qui ne peut qu'être gaspiller dans l'exubérance et l'ébullition. Dans l'ensemble, une société produit plus qu'il n'est nécessaire à sa subsistance, elle dispose d'un excèdent, c'est l'usage qu'elle en fait qui la détermine : le surplus est la cause de l'agitation, des changements de structures et de toute l'histoire. La plus commune des issues à cet excédent est la croissance. L'énergie (la richesse) excédante peut-être utilisé à la croissance d'un système (par exemple d'un organisme) ; si le système ne peut plus croître, ou si l'excédant ne peut en entier être absorbé dans sa croissance, il faut nécessairement le perdre sans profit, le dépenser, volontiers ou non, glorieusement ou sinon de façon catastrophique.

Le problème, c'est la décongestion.

Ces excès de forces vives, qui congestionnent localement les économies les plus misérables, sont en effet les plus dangereux facteurs de ruines. Aussi la décongestion fut-elle en tout temps, mais au plus obscur de la conscience, l'objet d'une recherche fiévreuse. Les sociétés anciennes la trouvèrent dans les fêtes ; certains édifièrent d'admirables monuments. Nous employons l'excédent à multiplier des services ou secteur tertiaire (assurance, banque, organisation perfectionnée de vente ainsi que le travail des artistes et de toute la société du spectacle), mais ces dérivatifs ont toujours été insuffisants.

Après un siècle de peuplement et de paix industrielle (1815--1914), la limite provisoire du développement étant rencontrée, les deux guerres ont ordonné les plus grandes orgies de richesses et d'êtres humains qu'eût enregistrées l'histoire. En définitive, c'est la grandeur de l'espace terrestre qui limite la croissance globale. Le potlatch occidental, c'est la société de consommation, certes c'est mieux que la guerre mais ne pourrait-on pas trouver d'autres moyens de sacrifier l'excédent ? La solution ultranéo-libérale c'est la croissance. Les apologistes des "30 glorieuses" prétendent faire revivre cette croissance par la seule application sans restrictions du libéralisme et refuse de reconnaître que cette "gloire" se paie trop chère par destruction de notre environnement. Ils ne se soucient guère des générations futures, des démunis, des exclus. Nous sommes passés de l'ère du progrès, à l'ère du gaspillage absurde. Essentiellement aveuglés par l'avidité de biens matériels et de reconnaissance sociale, nous avons oublié le sens véritable de la vie humaine, reliée à celui de l'univers : la progression vers l'éveil spirituel. Il est étrange de constater une quasi-totale passivité de la jeunesse occidentale au niveau de la remise en question du paradigme économique dans lequel ils vivent.

Le Bazarov occidental a bien appris sa leçon.

Pourtant, les jeunes gens de la fin des années soixante critiquaient la vanité de la rationalité occidentale, l'hypocrisie du mode de vie, l'absurdité de la société de consommation. Après avoir fumé quelques joints et faute d'avoir trouvé une autre voie, ils s'empressèrent de réintégrer la société en créant des agences de pub, de communication, de marketing, et/ou en créant de nouveaux objets comblant des besoins nouvellement créés. Aujourd'hui, l'élite de la jeunesse occidentale -- les nouveaux Bazarovs (voir Eco-philosophie de Henryk Skolimowski) -- la tête bien pleine de rationalité, ont bien appris leurs leçons -- la seule mine inépuisable c'est la bêtise humaine -- alors ils passeront leur existence à faire con-sommer et à con-sommer des GTI Turbo, des brosses à dent triples têtes, des couches super absorbantes avec retensorbe (mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?). Ceux qui se croient les plus intelligents font courir les autres avec des diplômes, des promotions, des titres et autres carottes ; ou leur font peur en brandissant la menace de l'insécurité, du chômage, de l'exclusion et autres bâtons.

L'ordre mondial néo-libéral ne doit pas être remis en cause.

Le problème de l'écoulement des marchandises deviendra même dans les années 60 comme l'a montré Vance Packard un devoir social du citoyen. Dans les années 2000, les données n'ont pas vraiment évoluées, il s'agit toujours de trouver de nouveaux besoins, d'accélérer le taux de rachat, de trouver de nouveaux marchés. Pourquoi considérer l'avancement d'une société en terme de production, de performance ? Nos technocrates -- porte-étendard du sacro-saint progrès -- disent qu'on peut toujours aller de l'avant. On pourrait croire que le nouvel ordre mondial néo-libéral ne peut et surtout ne doit pas être remis en cause. Pourquoi ? Par peur du changement et de l'inconnu peut-être ? Et puis surtout parce que, du bas en haut de l'échelle sociale, nous nous sommes trouvés un petit morceau de fromage et bien qu'il ne nous satisfasse pas toujours, nous avons peur de perdre ce territoire que nous nous efforçons de protéger de l'agression du monde extérieur. Et, comme disait notre Coluche national : plus il y a de fromage, plus il y a de trous et plus il y a de trous, moins il y a de fromage. Frère citoyen accroche-toi à ton travail et défends bien ton bout de fromage, car du travail, il en aura encore moins !

Le monde est rongé par la vision matérialiste. Suite au totalitarisme de l'église catholique romaine qui a régné sur l'europe pendant pratiquement un millénaire, il est bien normal que les européens aient eu envie d'individualisme et de liberté. La réforme, l'imprimerie, le combat de la science contre les dogmes de l'église, la découverte de l'Amérique au 16ème siècle ont donné naissance au capitalisme. Le siècle des lumières à formuler, à conceptualiser la vision du monde des marchands. Le postulat de base du dogme économique qui est que l'homme est fondamentalement mauvais et égoïste et que l'addition des intérêts individuels contribuent, comme par magie, au bien-être collectif ce qu'Adams Smith à appelé la main invisible du marché était un bol d'air indispensable après cette société coercitive et totalitaire dont le pire exemple a été l'inquisition et convenait à un monde où les moyens humains et techniques étaient négligeable par rapport à la grandeur de l'espace terrestre.

Au Moyen-Age, l'aristocratie, d'essence divine, méprise les activités productrices qu'elle réserve aux paysans. Au cours du 18ème siècle, l'échange économique devient le lien social reconnu, par le commerce et le travail. Dans nos pays industrialisés la valeur sociale de l'emploi salarié (et son corollaire: la consommation) reste ancré comme unique garant de l'insertion. Or la quantité de travail diminue. Cela pousse chacun à une lutte quotidienne pour rechercher ou conserver un emploi; à supporter la flexibilité, la précarité et les humiliations quitte à devenir des esclaves corvéable à merci. Le travail, arme du système, domine, contraint puis broie les individus. Aujourd'hui les lois du marché organisent la vie sociale. Et les rapports de proximité déjà détruits par la désocialisation représentent un gisement pour le profit et l'emploi sous la forme des services. Pour faire accepter la crise, conséquence logique et barbare du système capitaliste, les gouvernements et les multinationales agitent le mythe de la croissance. Cet "espoir" est un leurre. Les taux de croissance sont bel et bien en augmentation mais ils sont déconnectés du progrès social. L'augmentation des richesses ne peut en aucun cas résoudre la non-satisfaction des besoins élémentaires de l'humanité car c'est la confiscation de moyens matériels par une classe qui en est la cause. Le revenu garanti qui sépare salaire et emploi, la gratuité, application matérielle de l'égalité, sont des pistes à suivre pour une autre société. Il est nécessaire de donner sa vraie place au travail: une activité socialement utile, parmi d'autres. Nos rapports sociaux et nos désirs doivent déterminer le processus productif et non l'inverse.

L'écologie politique et l'économie politique sont deux paradigmes distincts.


Aujourd'hui, la plupart des citoyens confondent environnementalisme et écologie politique. L'environnementalisme s'enchasse dans l'idéologie dominante de l'économie de marché, elle ne remet pas en cause les dogmes fondateurs du capitalisme, elle vise seulement à essayer de limiter les dégâts du productivisme capitalisme. L'écologie politique est un projet de société radicalement différent de celui défendu par les laudateurs de la démocratie bourgeoise qu'ils portent l'étiquette de droite où de social-libéralisme de gauche. Radicalement, c'est-à-dire à la racine même des origines du capitalisme, les écologistes se sont penchés sur le problème de la sacro-sainte croissance, de la notion de progrès et sur le bonheur découlant de la religion de la technoscience. L'ouvrage théorique fondateur du capitalisme c'est " Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations " écrit par Adam Smith en 1776. Ce livre marque la véritable naissance de la théorie économique libérale. Depuis, à force de statistiques et d'analyse, les économistes ont réussi à convaincre une bonne partie des citoyens que les rapports humains se résumaient à des rapports marchands et que ces rapports obéissaient à des lois naturelles, les lois de l'économie. C'est une mystification orchestrée par les financiers qui se sont appropriés la capacité de battre monnaie. Marx est le premier qui a remis en cause les dogmes du capitalisme et c'est pourquoi les écologistes ont intégré la critique marxiste. Cela dit, le matérialisme a désacralisé la nature et a coupé l'homme de ses valeurs intrinsèques ce qu'il l'a rendu froid, calculateur, cynique et à la recherche de son profit individuel. L'une des grandes mésaventures de la pensée occidentale moderne a été le lien des valeurs intrinsèques avec les religions institutionnalisées. La faillite de l'une des religions institutionnalisées fut l'équivalent de la chute de la religion en tant que telle et de ses valeurs propres. Les religions, et surtout les valeurs intrinsèques, ne sont pas que des instruments permettant au clergé de fait régner l'ordre (même s'il est arrivé qu'il s'en soit servi à cette fin) ce sont des formes et des structures, élaborées au cours des millénaires d'expérience humaine, qui permettent à l'individu de se transcender et ainsi d'obtenir le meilleur de lui-même. L'erreur matérialiste, marxiste ou capitaliste, c'est de croire que le bonheur se résume à l'accumulation d'objet. Le capitalisme se nourrit de toujours plus de consommation de produits toujours plus éphémères pour des citoyens toujours plus isolés les uns des autres.

L'écologie politique c'est une remise en cause radicale de la prétention à l'universalité du projet de civilisation américano-euro-occidental et de la culture de supermarché véhiculée par les médias. C'est mettre fin à la colonisation culturelle, technologique, du monde par la civilisation industrielle moderne et l'idéologie "du progrès", pour que reprenne la progression, l'évolution, c'est-à-dire la poursuite de la différentiation et du perfectionnement de la vie sous toutes ses formes. L'écologie est un mouvement de décolonisation intégral, qui mérite mieux que de finir dans les fourgons des adeptes des utopies sociales du 19ème siècle. Il faut vouloir la mort de cette société qui agonise pour préparer celle qui est possible.

Un des problèmes clés de l'Occident est la croyance en la religion de la technoscience, le matérialisme scientiste. La science n'est pas une finalité en soi. L'homme n'est pas qu'une machine à commandes chimiques et la société n'est absolument pas une usine ou une mégamachine qui fonctionne selon des lois. La science économique est une imposture. Ce n'est ni plus ni moins que les règles du jeu de l'idéologie marchande qui veut s'imposer en dogme. Les économistes et mêmes les physiciens qui manipulent un langage conceptuel comme les mathématiques sont les sorciers modernes comme les prêtres qui étaient les seuls à savoir lire - le latin - au Moyen âge ou les brahmanes qui étaient les seuls à connaître par coeur les textes védiques dans l'inde ancienne étaient les détenteurs des dogmes de leurs époques. Il faut remettre les choses à leur place. Les techniques sont utiles pour nous rendre la vie plus confortable, un point c'est tout.

La vision quantique, né dans les années 20, a permis le développement d'outils intéressant (entres autres l'ordinateur qui me permet d'écrire ces lignes). Mais son entêtement à prouver l'existence de particules élémentaires est absurde. N'oublions pas qu'Albert a précisé à la fin de sa vie que la théorie, de la relativité n'était pas une découverte, mais une invention. La dernière invention des physiciens c'est la théorie des supercordes. Selon cette théorie, les particules élémentaires de la matière résultent de la vibration de minuscule "bouts de ficelle" dont la taille est égale à la longueur de Planck. Ce délire de physiciens est né suite au "problème" du mur de Planck et a pour but d'unifier les deux théories matérialiste du monde phénoménale que sont la mécanique quantique et la relativité. Depuis q'Edwin Hubble a observé, en 1929, que le spectre d'émission des galaxies était d'autant plus décalé vers le rouge que celles-ci étaient éloignées de nous, on a imaginé que l'univers est né d'une immense explosion d'un point infiniment petit : la théorie du big bang. En 1951, le Pape a même donné sa bénédiction au big bang en le comparent au fiat lux de la Bible. Le problème des astrophysiciens c'est qu'ils ne s'expliquent pas ce qui c'est passé avant 0,000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 1 secondes après l'explosion primordiale alors que l'univers était des milliars de fois plus petit qu'une particules de talc (longueur de Planck : 0,0... 29 zéros 001 cm), on est dans la mousse quantique selon leur propre vocabulaire ! A mon humble avis, il faudrait qu'ils arrêtent du fumer la moquette.

Plus sérieusement, je crois que les physiciens se sont fait piéger par le langage mathématiques et qu'ils en profitent pour asseoir leur pouvoir de sorcier moderne. Le monde phénoménal, l'univers, n'est pas "né" au sens où il serait passé de l'inexistence à l'existence. Il existe seulement selon notre vérité relative, mais est dépourvu de réalité ultime. La vérité relative, ou conventionnelle, correspond à notre expérience empirique du monde, à la façon ordinaire dont nous l'appréhendons, c'est-à-dire en attribuant aux choses une réalité objective. En ultime analyse, les phénomènes sont dénués d'existence intrinsèque. C'est la vérité absolue. Dans ce cas, le problème de la création est un faux problème. La création devient un problème lorsqu'on réifie les phénomènes. Cette position n'exclut cependant pas le déploiement du monde des phénomènes. Il est évident que les phénomènes ne sont pas non existants. Ils existent de façon interdépendante et non pas comme une "collection d'objet" autonomes existant par eux-mêmes. Le monde existe à la manière d'un rêve, d'un mirage, il est à la fois apparent et dépourvu d'existence propre. Les phénomènes tirent leur nature d'une mutuelle dépendance et ne sont rien en eux-mêmes. Leur évolution n'est ni arbitraire ni déterminée par un principe créateur, elle suit les lois de cause à effet au sein d'une interdépendance globale, d'une causalité réciproque. Le problème de l'origine de l'univers repose donc sur la croyance en la réalité des phénomènes et de l'existence réelle du temps et de l'espace.

Il est à souligner qu'un certain Gabriel Lafrenière a pondu une théorie très séduisante -- LA MATIÈRE EST FAITE D'ONDES - et qui va dans le sens qu'il est absurde de vouloir absolument que l'univers "existe" concrètement avec des "particules élémentaires". En clair on vit dans un champs "de force", "d'énergie", une sorte de rêve collectif dont le conditionnement mutuel fait que l'on croit très fort à "l'existence concrète" du monde phénoménal qui est là devant nous.

Du point de vue de la réalité absolue, il n'y a ni création, ni durée, ni cessation. Ce paradoxe montre bien le caractère illusoire des phénomènes. Le point de vue extrême du réalisme matérialiste est erroné tout comme l'est le nihilisme qui considère que rien n'existe. Le matérialisme est un point de vue réificateur qui postule l'existence d'une matière immuable et de constituants solides de cette matière. Si on s'interroge sur l'existence d'une réalité objective, on ne peut pas dire qu'il n'y a rien ni qu'il y a quelque chose. La science parle d'un univers comme un objet. L'univers n'est pas indépendant de la conscience, il n'est pas non plus qu'une projection de la conscience (idéalisme), mais en fait le sujet et l'objet, la conscience et les phénomènes se façonnent mutuellement.

Ce qui est vrai pour le monde phénoménal l'est d'autant plus pour le monde humain. La science économique n'est qu'une mystification, un dogme avec ses prêtres. Le monde humain est une projection collective de l'imaginaire de chacun. Nous sommes à la fois les créateurs, les réalisateurs et les acteurs de la société. L'imagination au pouvoir !

Idéalement, si on a une haute idée de l'Homme, on peut se dire que chacun a les moyens d'être critique, que rien ne nous empêche d'ouvrir les yeux. Dans la pratique, cela requiert de l'héroïsme. Et peut-on exiger que tous les gens d'aujourd'hui, pris dans ce système, soient des héros ? Il faut distinguer différents niveaux. Le cas de ceux qui veulent le pouvoir ou qui en profitent mérite d'être examiné de près. Les intellectuels qui ont des loisirs, qui ont du temps, qui en principe ont de la culture, ceux-là peuvent être soupçonnés de lâcheté. Mais pour ce qui est de l'ensemble des citoyens, il y a des gens de qualité, au sens humain, littéralement conditionnés par le système.

Le problème de la représentativité nous renvoie à la philosophie politique : que signifie voter de temps en temps pour quelqu'un qui va ensuite lui-même faire partie de cette espèce de classe dominante qui détient, sinon le pouvoir, du moins un certain pouvoir ? Les électeurs se retrouvent complètement aliénés. Ils ont remis leur mandat à un député ou à un président qui va faire ce qu'il voudra. Peut-être même la taille énorme des sociétés est-elle trop grande pour qu'une gestion humaine et même une réflexion humaine puissent être conduites. Et ne parlons pas de l'échelle planétaire, de la culture ou de l'économie mondiale...

Les anthropologues ont montré que la taille optimale d'une société qui pourrait vivre et se gérer humainement, est de 300 personnes. Se mettre d'accord, faire une démocratie directe à 300, ce n'est déjà pas évident. Mais à plus de 300, on ne peut plus intervenir individuellement et se faire entendre : on est forcé de déléguer. Alors on délègue au délégué syndical, au président du syndicat, au député... et on se met en position d'impuissance. Ce n'est pas pour rien que les sociétés dites primitives ont souvent des effectifs relativement restreints : c'est peut-être une condition nécessaire pour avoir une identité réelle et un contrôle réel sur sa vie.

De la compétitivité à la convivialité.
Nous vivons, aujourd'hui en Occident, dans un monde d'abondance avec une structure politico-socio-économique basée sur la rareté. De même que ce ne sont pas ceux qui possédaient de nombreux esclaves qui ont aboli l'esclavage, ce ne sont pas ceux qui sont les bénéficiaires du système basé sur la rareté, qu'est le capitalisme, qui vont l'abolir. La logique du fonctionnement du système bancaire international pousse les banquiers à prêter pour n'importe quel projet pourvu qu'il soit source de profit. N'oublions pas que le seul souci du banquier c'est de prêter l'argent qu'il crée. On en arrive donc, aux faillites des caisses d'épargne américaines ou au scandale du Crédit Lyonnais. En fait, les énormes masses monétaire investi dans les biotechnologies (OGM) ou des projet aussi absurde et à l'utilité pour le genre humain tout à fait marginal comme le fait d'envoyer 66 satellites afin de permettre à quelques dizaines de milliers de privilégiés de pouvoir communiquer du milieu du désert de Gobi ou du sommet de l'Everest (projet Iridium, principal actionnaire : Motorola, coût : 5 milliards de $) alors que les deux tiers de l'humanité ont des problèmes de nutrition et de santé sont symptomatiques de la stupidité et de l'hypocrisie des règles de fonctionnement de notre société, d'un système à la recherche de toujours plus de profit.

Les deux tiers de l'humanité ont des problèmes de nutrition et de santé mais nous investissons de grande quantité d'énergie humaine pour satisfaire l'avidité insatiable de quelques groupes de personnes. Ceci dit, les banquiers ne sont pas plus responsables que les ingénieurs et les techniciens qui réalisent ces projets stupides. Nous avons inventé " l'argent -- symbole d'échange et d'énergie humaine " parce qu'il simplifie les échanges et surtout parce que l'homme considère qu'il a besoin d'un symbole qui représente son mérite accumulé. La société "parfaite" pourrait être une société sans argent dans la mesure où chacun travaillerait par plaisir et pour le bienfait de la communauté. Pour qu'une telle société existe, il faudrait évidemment qu'il y ait un très grand climat de confiance parmi les individus. Comme chacun sait, dans le capitalisme, l'argent sert plus celui qui exploite le travail des autres que ceux qui travaillent véritablement. Les enfants des pays du tiers-monde, les petits exploitants agricoles, les ouvriers etc. ne sont pas les plus riches et pourtant ce sont eux qui travaillent le plus. Les technocrates de l'OMC, du FMI, de l'OCDE ou d'ailleurs, les banquiers, les fabricants d'armes, les mafias diverses et variées légales ou illégales, les "marketing-men" et tous les profiteurs de notre société de consommation ne sont pas ceux qui rendent les services les plus utiles à la communauté et pourtant ce ne sont pas les plus pauvres. Donc, l'équation idéale : argent = mérite accumulé est en grande partie faussé par la corruption. L'équation actuelle est plutôt : argent = capacité à être le plus malin à manipuler et à exploiter la nature humaine -- et la nature tout court. La suspicion, qui pourrait naître dans une société sans argent ( c'est à dire sur le travail que chacun accompli véritablement pour le bénéfice de la communauté ou autrement dit le travail réellement utile), pourrait difficilement être pire que la corruption actuelle. En effet, si on analyse les différentes fonctions sociales des individus dans notre civilisation, on arrive rapidement à la conclusion que le travail véritablement utile ou bénéfique représente un faible % de toute l'énergie humaine déployée. Il est évidemment méritoire de contribuer par son activité au bénéfice de la communauté. Ce qui est, par contre, contraire à l'éthique ; c'est de profiter et de manipuler autrui -- grâce à sa compréhension des mécanismes psychologiques de l'humain -- à son seul bénéfice.

L'utopie, aujourd'hui, c'est de continuer à croire qu'il est possible de gagner sa vie en détruisant le monde et que nous pouvons continuer à fonctionner avec des structures politiques et économiques qui date du 18ème siècle. L'argent n'est plus produit pour faciliter les échanges de bien et de services et permettre à la production de satisfaire les besoins de consommation mais pour satisfaire les besoins solvables et mercantiles et être prêté à intérêt. Quel monde avez vous envie de laisser à vos enfants ? Dans le système actuel, vos enfants seront soit des assistés soit les exploités. Pourquoi accepter d'être punis ? De perdre son emploi ? Alors que nos parents et nos grands-parents ont été assez géniaux pour créer des machines et des robots qui font et feront de plus en plus de travail à notre place. Et le pire, c'est que nous continuons à faire grève pour le plein emploi ! Cessons de perdre notre vie à la gagner. Depuis l'aube de l'humanité l'homme a utilisé son intelligence pour créer des outils qui rendront sa tâche moins pénible. Les nantis ont toujours profité du travail des autres. Pourquoi, les autres dont on n'a plus besoins aujourd'hui ne profiterait-il pas enfin du travail des machines ? Si les États avaient géré leurs biens en bon père de famille, il y a bien longtemps que nous ne serions plus des contribuables mais des "attributaires". L'argent fut inventé au départ pour faciliter les échanges commerciaux de biens et de services. Il développe aujourd'hui des effets pervers et les professionnels de l'argent l'ont récupéré pour le faire travailler à leur profit personnel Il nous faut donc éduquer ces ignares, renseigner ces niais, leur faire comprendre que nous ne sommes plus dupes et que nous en avons assez d'être exploités. Les professionnels de l'argent vivent comme des parasites au détriment de ceux qui les nourrissent et que si nos ancêtres ont créé l'argent afin de faciliter les échanges de biens et de services ce n'est pas pour qu'il soit prêté à intérêt. Le coquillage a été remplacé par la pièce de bronze, d'argent et d'or, l'or par le papier valeur et le papier valeur par une monnaie fiduciaire. Et, la valeur de cette monnaie -- qu'elle soit électronique ou représentée par des bouts de papier coloré -- est fonction uniquement de la confiance que nous voulons bien lui accorder. Depuis que les États ont perdu le droit régalien de battre monnaie en le déléguant aux banques, une part importante de la masse monétaire n'est plus créé pour faciliter le transfert de la production aux consommateurs mais pour être prêtée à intérêt. Pourquoi pensez-vous que les spéculateurs et les financiers tentent-ils aujourd'hui d'imposer une dictature monétariste ? Parce que c'est la seule manière pour eux de se maintenir au pouvoir. On privilégie la valeur symbolique de l'argent au détriment de la valeur réelle qu'il est censé représenter. C'est le plus sûr moyen d'appauvrir les citoyens et la planète entière, mais les "pros" de la finance n'en ont cure. Lorsque l'on détruit des tomates pour garder le prix à un prix surfait, cela ne profite ni aux producteurs ni aux consommateurs mais uniquement aux spéculateurs. Quand tout va trop bien, on organise une bonne guerre pour tout détruire et ensuite on prête de l'argent afin de tout reconstruire. Le problème, c'est que l'on est persuadé que cela a toujours été ainsi, que se sera toujours ainsi et que cela ne peut pas changer. Bien évidemment, c'est faux, il nous suffit simplement de nous mettre d'accord afin d'établir de nouvelles règles du jeu.

Base sociale et politique écologiste.
Depuis la Révolution Française et son droit universel, l'État démocratique Français ne se définit plus en opposition aux autres peuples. Les démocraties libérales (capitalistes) ne se définissent plus par leur opposition aux autres États comme le montre bien la domination des transnationales et la globalisation. Désormais, on le sait depuis Marx, l'opposition ami-ennemi s'est transférée en division intérieure entre classes, entre groupes sociaux. La grande différence est que l'État ne représente plus l'unité de la nation mais les intérêts de la classe dominante, bien qu'il se réclame toujours de l'idéologie de l'unité, de la volonté générale et de l'intérêt national. Dès lors, il devient évident pour la pensée sociologique et marxiste que la politique consiste dans la lutte entre différents groupes sociaux, entre différents "lobbies", entre des intérêts opposés. Chaque parti représente sa base sociale (principalement petite bourgeoisie ou salariés) et, bien que tous aient la prétention de représenter l'intérêt général, c'est bien l'absence d'unité, de cohésion sociale qui dégénère en lutte des classes institutionnalisée, en clientélisme, en corruption et, enfin, en désintérêt pour la politique. Les écologistes se distinguent justement en restituant la fonction du global, de la totalité, avec pour conséquence de n'avoir pas vraiment de base sociologique puisqu'ils s'adressent à tous ceux qui respirent, à tous les habitants de la planète. L'écologie ne sert pas simplement à limiter les dégâts, elle est la réappropriation de la vie pour tous, l'affirmation de notre communauté humaine.

Le culturel est bien plus profond que le politique, derrière des politiques apparemment différentes, on retrouve le même fond culturel. Prenons simplement l'exemple de la technique, de l'efficacité. La gauche, la droite, les anciens pays socialistes et les pays dits libéraux, tous ont eu ou ont finalement le même culte de la technique. La culture, c'est l'ensemble des grands choix qui structurent la vision du monde, la vision de la société, la vision des autres hommes. Or, on voit bien que tous ces grands choix sont beaucoup plus profonds que les choix politiques. Pour le dire autrement, la technocratie est l'aboutissement d'une tradition qui n'est pas une tradition seulement politique, mais une tradition culturelle. Depuis le Moyen-Âge, l'Occident a laissé le pouvoir aux marchands qui eux-mêmes se sont énormément servis des ingénieurs et de ce qu'on peut appeler la révolution technique. Cela rejoint presque une sorte de psychanalyse collective. On peut dire que l'Occident a été complètement fasciné et possédé par le mythe de la machine, par le fantasme de la mécanique. Les médecins ont mis au point une sorte d'ingénierie médicale. De même, depuis des siècles, on a conçu la société comme une sorte de grande mécanique. Saint-Simon explique qu'une société est une usine, et qu'il faut la gérer comme une usine. Le peuple, pendant des décennies et des décennies, s'est vu donner des leçons de mécanique et a fini par assimiler toutes les réalités -- que ce soit l'homme, la société, le monde ou la vie en général -- à de la mécanique. Il ne faut donc pas s'étonner que cela donne une technocratie. Technocratie qui peut avoir des formes de gauche tout comme des formes de droite.

Ce qui est en cause, c'est une longue tradition culturelle qui conduit à la technocratie. Les grands partis politiques ne font jamais que proposer des variantes de technocratie. Il n'existe pas de partis qui donneraient la parole justement à ceux qui sont peut-être des rebelles, des résistants, qui voudraient inventer autre chose. Le combat écologiste est avant tout un combat culturel. Ils ont démontrer que les bases métaphysiques de notre civilisation sont fondamentalement erronées et que si elles ont pu en leur temps avoir une certaine efficacité, elles sont maintenant caduques, absurdes et stupides. Finalement, parmi nos concitoyens, qui sont ceux qui croit encore aux mythes du progrès technologique, de la croissance, du bonheur découlant de la technoscience.

Les citoyens pressentent parfaitement que notre civilisation va droit dans le mur, mais, ils ont peur du changement et ils se demandent ce qui va bien pouvoir remplacer cette civilisation qui aura été finalement bien plus destructrice que glorieuse. Il existe une véritable attente, de la part des Français, pour une nouvelle vision. Et qui, a part les écologistes, pour porter cette vision d'un monde où l'homme vivrait en harmonie avec sa biosphère GAÏA ?

L'utopie d'hier est l'ordinaire d'aujourd'hui. Le fait qu'une idée soit prématurée ne signifie pas qu'elle ne soit pas réalisable un jour futur. Dans notre civilisation, avoir l'esprit ouvert, c'est-à-dire sans préjugés, est assez rare, non pas parce que l'intelligence en est absente, mais par conformisme socio-psychologique qui veut que l'on soit en accord avec la majorité, faute de quoi on risque de subir l'exclusion du groupe.

Les civilisations sont mortelles, elles aussi, et la nôtre se meurt, pendant que la nouvelle est déjà en gestation au sein même de l'actuelle. Et pendant ce temps-là, notre monde présente une face de plus en plus uniforme, internationalisée par l'économie, les sciences, les mass-médias et les toutes puissantes transnationales qui règnent en despotes quasi-absolus et pour lesquelles tout est permis.

L'histoire de l'humanité sur Terre nous a appris que c'est toujours un petit nombre qui met en doute le schéma mental établi comme dogme absolu, qui ose proposer ce que d'autres - par ignorance et par peurs de toutes sortes, peur du ridicule et de l'exclusion entre autres - n'oseront jamais.

L'écologie politique ce doit de mettre au pas les commerçants-financiers nihilisme et cynique. Ce n'est assurément pas à la politique de se soumettre à la loi des marchés. Cette loi qui n'a bien entendu rien d'une loi mais est simplement une invention des marchands. Il s'agit bien de renverser l'ordre des choses. Certes, les hommes continueront à produire, à échanger et à consommer mais, la politique qui est l'art de gérer la cité se doit de reprendre ses lettres de noblesse.

Le néo-libéralisme, aboutissement de cinq siècles d'histoire du capitalisme, ne peut perdurer éternellement. Les mythes fondateurs de la civilisation occidentale sont en train de s'écrouler. Comme tous êtres vivants, système, empire ou civilisation, le capitalisme a vécu et il va mourir, c'est dans l'ordre des choses. Le commerce et donc la consommation ne peuvent être une finalité. Les commerçants et les financiers ne doivent pas décider de l'avenir des hommes -- surtout quand la philosophie qui les anime est matérialiste et nihiliste --. Il s'agit de replacer l'ordre des priorités. L'homme ne peut pas vivre sans spiritualité (mais qu'est-ce que la spiritualité ? : c'est un ensemble de croyances qui considère que les êtres sensibles sont animés par un esprit qui perdure, d'une façon ou d'une autre, après la mort. Elle s'oppose à une vision du monde qui considère l'esprit comme un épi-phénomène de la matière, à "l'homme machine". Toutes les religions en sont des expressions adaptées aux différentes cultures de l'Humanité), c'est même le sens profond de l'existence humaine, étant donné que l'être humain est le seul être sensible à être conscient de sa finitude. Vient ensuite une éthique d'où découlent des valeurs humaines et environnementales. Puis la gestion de la cité des hommes -- la politique -- doit s'exprimer en accord avec des valeurs humaines justes, au sein d'une réelle démocratie, et non pas dans une démocratie hypocrite tenue par les commerçants-financiers. Enfin, après une spiritualité, une morale et une politique réellement démocratique, le commerce trouve sa place. Une voie existe, ni néo-libérale, ni totalitaire et forcément démocratique qui renoue avec notre nature profonde et notre mère à tous : la Terre. On pourrait s'arrêter de s'agiter, de travailler, de consommer, de polluer pour réfléchir, parler, partager et peut-être alors redécouvrirons-nous nos vraies valeurs, notre vertu et notre sagesse fondamentale pour repenser nos façons d'agir, notre travail, nos relations avec autrui et avec la nature.

Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants ?
Face à la crise de l'environnement, face à la crise globale et radicale de la civilisation industrielle, des solutions existent, on peut s'en sortir : il suffit de le vouloir. Mais n'attendez pas que les choses changent toutes seules, vous seuls avez le pouvoir de les changer. Les solutions sont individuelles et demandent un certain courage à s'engager à résoudre les problèmes à la racine. Entre autres : Limiter notre consommation effrénée d'énergie non renouvelable et de matières premières. S'engager plus activement aux différents niveaux de décision politique en vue de créer des processus véritablement démocratiques pour une meilleure répartition des richesses et du travail.


" Dans chacune de nos délibérations, nous devons réfléchir aux effets de nos décisions sur les sept générations à venir ". Ainsi commençait chaque réunion du conseil tribal des Iroquois par le rappel de cette obligation.


A propos des attentats du 11-09-01

Des terroristes fous ont commis des actes déments et sanguinaires et des milliers de morts seront à déplorer, mais ils nous toucherons bien plus que n'importe quel charnier du tiers-monde. Les USA connaissent en ce jour du 11 septembre le terrorisme, cela fait bien des années qu'ils le commettent sous d'autres formes dans une seule perspective : la prospérité économique de leur super-puissance.

Tout être humain normalement constitué ne peut éprouver qu'un profond rejet vis à vis de ces actes barbares et une compassion authentique à l'égard des victimes de ces attentats. Seulement, les pays riches se sentent d'un seul coup menacés, car, il faut le dire, les USA ont une force armée supérieure à celle de tous les autres pays réunis. On préfère pleurer à la vue du sort des victimes américaines que de celui des populations de l'Irak, par exemple, pays dans lequel les USA sont entrés et ont bombardé et tué 120 000 personnes, tout ça pour un pur intérêt économique : le pétrole.

Les politiques militaristes des Etats-Unis ont causé la mort de millions de personnes, de la tragédie de la guerre en Indochine, aux sanctions et aux bombardements aériens de l'Irak, en passant par le financement des escadrons de la mort en Amérique centrale et en Colombie. Ce pays est le premier fournisseur d'armes conventionnelles au monde - et ces armes alimentent le terrorisme le plus sanguinaire, de l'Indonésie à l'Afrique. Le génocide des indiens d'Amérique et le blocus de Cuba ont causé beaucoup plus de morts que l'événement du 11-09-01. De combien de morts l'état américain est-il responsable, de manière indirect, par le fait d'avoir placé volontairement des dictateurs fascistes au pouvoir tout au long du siècle dernier, dans le but de contrer la " menace rouge " ? Combien de morts ont causé NAGASAKI et HIROSHIMA, et ce durant des décennies ?

Les bourses du monde entier ne se portaient déjà pas bien et ce n'est pas terminé ! Cela démontre que le système sur lequel s'est basé l'économie mondiale n'est qu'un château de cartes, prêt à s'écrouler au moindre petit souffle d'un réacteur d'avion. Pour la première fois depuis la grande crise des années 30, l'économie mondiale était déjà entré en récession dans toutes les différentes partie du monde en même temps depuis quelques mois. Jusqu'à présent, quand une crise se déclenchait dans un pays ou dans une région du monde, il y avait toujours une zone qui se portait mieux et jouait le rôle de locomotive. La hausse des cours du baril de pétrole (37 $ le baril en 2000), le maintien par les autorités monétaires américaines de taux d'intérêt élevés l'année dernière et les déconvenues de la nouvelle économie qui ont provoqué l'éclatement de la bulle financière sont les origines de ce ralentissement planétaire. La recommandation des gourous de l'économisme afin d'éviter la crise est : " les gouvernements doivent réussir à maintenir le moral des consommateurs ".

Le consommateur est donc la dernière roue de secours, il est sommé de consommer ! Depuis les attentats en Amérique, le moral des con-sommateurs risque de tomber au plus bas.

Le bouclier américain n'a plus de sens. Depuis le début le gouvernement Bush se ridiculise lorsqu'il parle de dépenser des milliards de dollars pour son projet de " Guerre des Etoiles ", alors que le terrorisme peut frapper si facilement avec des moyens moins sophistiqués. Le contribuable américain dépense des milliers de dollars dans la sécurité et les services secrets, ce jusqu'à en crever de problèmes sociaux, étouffé par un système de criminalisation de la misère et par une absence totale de sécurité sociale, et tout ça pour du vent. Le responsable : Ben Laden, milliardaire islamiste, aidé par différents états. Rappelons que les groupes islamistes actifs sont le fruit de la guerre froide. Leur existence est étroitement liée a la guerre en afghanistan contre les soviétiques et les services secrets américains ont largement contribué à financer, armer et former ces fous de dieu. Le soutien apporté au départ à la résistance armée en Afghanistan a eu pour conséquence la victoire des talibans - et la création d'Osama Ben Laden.

Il ne s'agit pas de cautionner les actes terroristes aveugles que les USA ont subi. Le terrorisme est un acte de violence individuelle très éloigné d'une insurrection collective non-violente (démonter des Mac-Do, casser des vitrines de banque, investir les lieux ou se réunissent les maîtres du monde (OMC, Davos...), détruire des champs de culture OGM et tout acte de résistance à l'ordre néo-libéral à l'exclusion de la violence sur la personne humaine), essentielle au véritable changement. Des milliers de gens, pour la plupart des gens comme nous, employés, agents d'entretien, livreurs, pompiers, des Noirs, des blancs, des femmes et des hommes sont morts hier aux Etats-Unis. Dans les milliers de morts de cet attentat, il y avait certainement de pauvres exploités, victimes du système, que ces fanatiques ont massacré. Certes les personnes décédées dans ces attentats demeurent des victimes, mais on ne peut oublier qu'elles font partie d'un système, qu'elles en sont un rouage, qu'elles participent comme beaucoup au maintien de ces injustices. Il est facile de séparer les "décisionnaires" des citoyens lambda. Si les premiers dirigent, les seconds exécutent, ne serait-ce qu'en acceptant passivement la société dans laquelle ils vivent.

Les USA considèrent cet événement comme une "déclaration de guerre" et s'apprêtent à répliquer. Georges W. Bush a déclaré : " Les USA vont traquer et punir ceux qui sont responsables de ces actes lâches " et " Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et les pays qui leur donnent asile." C'est regrettable et très inquiétant.

La violence ? Parlons-en. Celle des images des attentats ne doit pas faire oublier le quotidien de milliards d'individus dont l'existence est joyeusement méprisée, détruite, tout cela au nom d'un néo-libéralisme d'une extrême violence.

Il nous faut œuvrer pour un monde où la sécurité existe grâce au désarmement, la coopération internationale et la justice sociale, et pas par l'escalade de la violence et de la vengeance. Nous condamnons sans réserve les attaques comme celles qui se sont produites le 11-09-01 qui frappent des milliers de civils. Nous condamnons également toute réaction d'hostilité visant les personnes d'origine arabe qui vivent dans ce pays et souhaitons ardemment que les Américains se rappellent cette partie de notre tradition qui condamne le fanatisme sous toutes ses formes. Nous appartenons tous au même monde. Soit nous vivrons dans un état de peur et de terreur, soit nous nous dirigerons vers un avenir dans lequel nous rechercherons des alternatives pacifiques à la violence, et une distribution plus équitable des ressources. Tandis que nous pleurons les nombreuses vies perdues, nous appelons à la réconciliation mais pas à la vengeance. Comment peut-on imaginer un monde globalisé où tout circule, tout est interconnecté et où, dans leur forteresse, les Maîtres du monde pourraient continuer leur course absurde et leur gaspillage à l'abri de la misère du monde ? Il est sans doute obscène d'observer des réjouissances devant tant de morts mais on doit les comprendre comme la revanche des sacrifiés de la globalisation marchande, de tant de morts ignorés, le retour du refoulé d'une civilisation mortifère. Pour ne pas reproduire de telles catastrophes, il faut en saisir toute la signification, en tirer toutes les conclusions.

On peut s'attendre d'abord à une intensification de la domination américaine et de la violence, mais qui ne sera pas durable et devra poser la question d'une véritable société planétaire, de la communication universelle et d'une réorientation de l'économie productiviste vers un développement humain et écologiste. Que pouvons-nous faire pour accélérer les solutions et réduire la violence ? Il faudrait un véritable parti écologiste, faisant preuve de l'intelligence qui fait défaut à ceux qui nous gouvernent. Un monde de plus en plus fou et dangereux, c'est un monde qu'il faut changer. Les milliards de dollars qui circulaient chaque jour dans les deux tours qui ont été détruites à New York représentent une richesse qui devrait permettre un monde d'abondance où la vie, la santé, le logement et l'éducation soient des droits et non des marchandises de plus en plus réservées à une minorité. Cette société basée sur la recherche du profit tue chaque année des millions de personnes de malnutrition tandis que d'autres meurent à cause d'aliments contaminés par la recherche du profit. On refuse à des populations entières le droit à la simple existence, en Palestine ou au Kurdistan. Les multinationales sèment la misère dans les pays pauvres et les Etats des pays riches traitent avec violence ceux qui veulent s'y réfugier. Des milliers meurent à cause de leurs conditions de travail. Cette violence, cette injustice, cette misère créent une violence du désespoir.

Comme tout le monde nous sommes atterrés par l'horreur des images transmises par nos écrans de télé. Mais nous sommes également révoltés par l'hypocrisie de tous les dirigeants, Bush et Sharon en tête mais aussi Chirac, Jospin ou Blair. Avant de les proclamer ennemis publics N°1 ce sont eux qui ont financé Saddam Hussein pour faire la guerre à l'Iran et Ben Laden pour contrer l'URSS en Afghanistan. Est-ce ce monde qu'il faut défendre dans une nouvelle croisade militariste et sécuritaire, comme ils le demandent aujourd'hui ? Les Etats-Unis s'apprêtent sans doute à bombarder en représailles les populations civiles de Kaboul. En France la réactivation d'un plan Vigipirate renforcé va de nouveau mettre à l'ordre du jour les contrôles au faciès. Ils en profiteront pour faire l'amalgame avec le mouvement anticapitaliste et réprimer davantage nos manifestations. Si nous ne savons pas distinguer la source du mal de ses conséquences nous laisserons faire des politiques qui ne font que renforcer le mal. Ceux qui ont commis les attentats de New York n'ont fait qu'adopter la logique mise en avant par les puissances de l'OTAN qui bombardaient les populations civiles en Serbie pour atteindre Milosevic, celle défendue par Bush et Blair en affamant la population irakienne pour atteindre Saddam Hussein. Ce qui choque nos dirigeants n'est donc pas la mort de milliers d'entre nous mais le fait qu¹ils se retrouvent visés, eux qui prétendent incarner le droit et la civilisation. Ce n'est pas en renforçant les pouvoirs de ceux qui conduisent le monde au chaos que nous trouverons la solution aux drames tels que celui du 11-09-01. Ce serait comme donner la responsabilité à des pyromanes de nous prévenir contre les incendies. Nous n'avons pas de solution clef en main à proposer contre ce type de drame. Nous savons par contre que, comme le disaient les Black Panthers dans les années 70, sans justice il n'y aura pas de paix possible. Le terrorisme est un substitut terrible à la capacité d'un mouvement de masse de défendre ses droits et d'en gagner de nouveaux. Terrible parce qu'il transforme en victimes ceux qui pourraient se mettre à lutter. Terrible parce qu'il justifie le renforcement des pouvoirs de ceux qui sont responsables des injustices. Construire un mouvement de masse qui lutte pour un autre monde est la seule alternative capable non seulement de gagner mais aussi de réduire l'attrait de cette solution du désespoir qu'est le terrorisme. Plus que jamais nos manifestations contre les sommets de l'OTAN à Naples, de la Banque mondiale et du FMI à Washington, d'ECOFIN à Liège et contre le sommet européen à Bruxelles sont nécessaires. Elles seront la meilleure manière de répondre à ce qui s'est passé à New York et Washington ce 11 septembre. Elles doivent être le moteur pour construire une alternative au capitalisme. Le mouvement de Seattle à Gênes se donne la tâche de changer le monde dans une période où ce monde est de plus en plus violent et dangereux. Notre colère est renforcée. Notre détermination doit l'être aussi.

En fait, la meilleure chose qui puisse arriver à l'humanité c'est une crise économique et financière globale. Le capitalisme a failli mourir dans les années 30, c'est finalement le deuxième conflit mondial qu'il l'a sauvé. Nous ne serons certainement pas assez stupides pour répéter l'histoire des années 30. Une crise économique ne débouche pas forcément sur une politique d'extrême droite nationaliste qui débouche sur une guerre !

Le cinquième cycle de Kondratieff n'aura pas lieu. Depuis les années quatre-vingt les laudateurs du capitalisme prétendent que les nouvelles technologies de l'information et de la communication ainsi que les biotechnologies constitueront les piliers de ce cinquième cycle. Le consommateur est donc prié de bien vouloir accepter les OGMs dans son assiette et le téléphone portable troisième génération à chaque oreille, sinon attention au ralentissement économique, au chômage, à l'exclusion.

Nous avons inventé une technologie qui nous rend la vie vraiment plus facile, il nous reste à inventer une politique qui nous sortent de l'absurdité, de l'hypocrisie et de la violence du capitalisme. La vraie politique est à l'ordre du jour. Il s'agit, aujourd'hui, pour les citoyens de débattre ensemble de la gestion de la cité. Comment répartir les richesses produites par les machines ? Comment répartir le travail indispensable et utile ? Comment préserver la nature pour les générations futures ?

À toi qui es né dans les années 60. À toi dont l'enfance a été marquée par l'espoir d'un changement radical, d'un bouleversement de l'ordre social, de l'avènement d'une société neuve plus juste et moins violente. À toi qui va bientôt diriger la société. À toi, donc, il appartient d'imposer ta vision du monde et de le transformer, de te présenter aux municipales et aux législatives, de résister à l'ordre néo-libéral, de te faire licencier avec indemnités de tout travail inutile ou nuisible, de militer pour des causes justes, de t'exprimer et d'affirmer tes souhaits, de travailler à l'instauration d'une société basée sur l'émulation plutôt que la compétitivité, le partage plutôt que l'isolement, l'ouverture plutôt que l'exclusion, le naturel plutôt que l'artificiel. Voulez-vous imaginer le Monde du 21ième siècle ? L'avenir de l'humanité sera spirituel et écologique ou... je préfère ne pas l'imaginer !


Marc JUTIER