Procès Beljanski
Quand l'assistance à personnes en danger devient un délit
Même en prenant un peu de recul, vous comprendrez qu'il est très
difficile de résumer le déroulement et surtout les émotions
de cette semaine. Personne, pas même la présidente du tribunal,
qui a pourtant déclaré avoir étudié de son mieux
ce "monstre de papiers" (terme employé par un avocat), composé
de 28 tomes et 8 annexes, ne peut prétendre avoir des réponses
précises sur ce dossier "mal ficelé" (autre qualificatif
d'un avocat) qui a justifié, dès l'ouverture du procès,
de soulever de nombreux cas de nullité tout à fait légitimes.
Sur les 95 personnes mises en examen, il aurait dû rester 20 prévenus, mais 4 d'entre eux sont décédés, dont Mirko Beljanski et celui qui restera le "héropositif" du Collectif Cancer Sida, Marc Crouzier.
Une justice à deux vitesses
Il me faut aussi préciser qu'un des pharmaciens, bouc émissaire,
avait été précédemment jugé et avait fait
l'objet d'un non-lieu (encore une belle démonstration d'une "justice"
à deux vitesses).
Il restait donc à la "justice" à convoquer quinze prévenus,
dont Monique Beljanski, moi-même, président actuel du Ciris, et
deux anciens présidents, un médecin, le directeur général
et l'ancien comptable du Ciris, un PDG et un gérant de société,
des pharmaciens.
Deux prévenus étaient excusés pour des raisons de maladie,
mais étaient représentés par leurs avocats.
Les treize personnes, normalement présumées innocentes, ont été
placées au premier rang des gradins de la salle des assises, mise spécialement
à notre disposition, à la demande de nos avocats, car sa capacité
permettait d'accueillir au total environ cent cinquante personnes.
Tout le monde devait, avant de pouvoir accéder à cette salle,
se soumettre à une fouille de sécurité.
Des chefs d'accusation sans rapport avec la réalité
Nous devions comparaître pour répondre des faits rappelés
par le tribunal, à savoir et pour mémoire : exercice illégal
de la pharmacie, absence d'autorisation d'un établissement de fabrication
de médicaments, absence d'autorisation de mise sur le marché,
publicité ou propagande en faveur de médicaments non autorisés,
tromperie sur la nature de la marchandise vendue, complicité, conformément
aux art. L512, L517, L518, L519, L596, L551, L556, L601, R5047 et suivants du
Code de la santé publique, L213-1 du Code de la consommation, 121-6 et
121-7 du Code pénal.
La date de ce procès a vraisemblablement été arrêtée
suite aux échanges qu'il y a eu au sein de la justice française
dans le cadre d'une autre requête engagée par Mme Beljanski pour
violation des dispositions de divers articles de la Convention européenne
des droits de l'homme.
Les directives du pouvoir étaient précises : stopper coûte que coûte la diffusion des produits Beljanski
Il est clair qu'au départ la justice a gonflé l'affaire Beljanski en mettant quatre-vingt- quinze personnes en examen (dont de nombreux médecins et pharmaciens à qui il fallait faire peur afin qu'ils ne participent plus aux circuits de diffusion des produits Beljanski, mais qui ne devaient surtout pas venir au procès pour témoigner de l'efficacité de ces produits). C'est pour cette simple raison que, le 19 mars, il n'est resté que quinze personnes concernées (peut-être pour l'exemple ?) et certains avocats ont logiquement plaidé l'inégalité devant la justice.
Mme Beljanski applaudie par le public, en pleine audience
A l'ouverture du procès, le 19 mars, lorsque la présidente a
appelé Mme Beljanski, le public a spontanément applaudi, ce qui
a fait immédiatement l'objet d'un très ferme avertissement du
tribunal qui a rappelé que nous n'étions pas au théâtre...
Après la lecture par la présidente du réquisitoire définitif
du procureur, elle résuma longuement l'affaire. Elle précisera
bien qu'aucune infraction n'avait été relevée par la brigade
financière.
Un défilé des témoins empreint d'une grande dignité
Le mardi après-midi une bonne vingtaine de témoins ont été cités. Ces dépositions qui se sont terminées à 21 h 15 ont été empreintes de beaucoup de dignité, de pertinence, d'une grande sincérité, d'objectivité de la part d'un journaliste et d'un écrivain. Tous ont pu s'exprimer librement sans qu'il n'y ait jamais eu de la part de la présidente de manifestation d'impatience ni de questions pièges. Cette dernière nous est apparue très intelligente, humaine et patiente. Elle restera très attentive pendant les cinq jours du procès.
Des parties civiles financées par les marchands de drogue
Le mercredi matin, on a entendu les plaidoiries des parties civiles. A savoir, les associations Act-up et Aides qui, selon nos avocats, ont reçu 1,6 million de francs en 1997 de subventions des laboratoires Glaxo Wellcome (?). Faut-il rappeler que, dernièrement, l'ancien président d'Act-up, Philippe Mangeot, était le fils de l'ancien PDG de la filiale Wellcome France qui diffuse l'AZT, concurrent direct de l'extrait naturel de Pao pereira de Beljanski.
Une association qui défend les intérêts des labos en oubliant ceux des malades
La Ligue contre le cancer s'était également portée partie
civile (comprendra qui pourra). Elle aurait, toujours selon les sources de nos
avocats, bénéficié de 29,4 millions de francs de subventions
de l'Etat en 1997.
Il est incroyable de constater qu'une opposition puisse émaner de structures
associatives censées justement défendre les intérêts
des malades.
Ce thème a d'ailleurs été plaidé avec une pointe
d'humour par un avocat : "Existe-t-il des bons et des mauvais malades ?
Les bons, ceux qui se plient sans discuter au pouvoir pharmaceutique et médical,
avec tous les risques qui sont à l'origine de tous les scandales de la
santé publique que nous connaissons ; les mauvais, ceux qui s'interrogent,
ceux qui ne sont pas des moutons, mais qui ont la chance d'être en pleine
forme comme M. Weidlich, en ayant choisi d'autres voies, non conventionnelles,
et des traitements non toxiques."
Enfin, le Conseil de l'Ordre des pharmaciens qui suit le plaignant qui est à
l'origine de ce procès : la direction régionale des affaires sanitaires
et sociales de la ville de Grasse, c'est-à-dire, pour être clair,
l'Etat. (Sans commentaire : CQFD.) Ensemble, ces loups réclament la bagatelle
de 1,3 million de francs, estimant avoir subi des préjudices (on aurait
aimé les connaître). Un de nos témoins qui a été
cité souhaitera que les parties civiles fassent repentance.
En Afrique du Sud aussi, les labos s'attaquent aux malades
Ceci nous rapproche de cette incroyable plainte pour perte de bénéfice qui a été portée par 39 laboratoires pharmaceutiques contre un Etat souverain, l'Afrique du Sud, afin d'empêcher nos frères africains de pouvoir se soigner avec des médicaments génériques ou autres. Mais l'abandon du procès de Pretoria ne signifie en rien la défaite de ces puissants laboratoires car la presse a déjà évoqué certains engagements.
Un procureur qui ignore la dure réalité de la vie des patients atteints de pathologies très lourdes
La fin de la matinée a été consacrée au réquisitoire
hallucinant du procureur de la République, Frédéric Campi,
qui a demandé un assortiment de peines allant de 18 à 24 mois
de prison et de 200 000 à 500 000 F d'amende. Nous avions relevé
que ce type de délit pouvait au maximum être sanctionné
de 30 000 F d'amende.
Il me faut dénoncer avec force tous les mensonges provocateurs proférés
par ce magistrat. A plusieurs reprises, il a cherché à faire réagir
la salle afin que la présidente, agacée, prononce le huis clos.
A un moment, il a même parlé volontairement en dehors de son micro
en déclarant, avec un geste de dédain vers la salle, que ce qu'il
avait à dire ne concernait que les magistrats. Le public n'est pas tombé
dans le piège et il s'est, à contrecur, discipliné.
C'est dans l'après-midi du mercredi qu'ont commencé les auditions
des prévenus. Moments qui furent souvent pathétiques et poignants,
l'émotion atteignant parfois son paroxysme, nous pouvions difficilement
retenir nos larmes.
On a même entendu un avocat oublier de défendre son client
En soirée, une médiocre tentative de faire déraper le
procès au profit des contrefacteurs a été orchestrée
par un avocat et son client qu'il n'a, étrangement, même pas défendu.
Les deux intéressés se sont contredits à la barre, la présidente
n'a pas été dupe de ces manigances. Agacée, elle lèvera
la séance, sage solution pour revenir sereinement aux véritables
objectifs de ce procès.
Mirko Beljanski revient au centre des débats
Les journées de jeudi et vendredi furent consacrées aux plaidoiries des avocats de la défense. Enfin, de grands moments réconfortants pendant lesquels nous avons pu entendre des arguments extrêmement importants et sérieusement étayés. Nous étions vraiment au cur du sujet. Toutes ses lettres de noblesse ont été rendues au chercheur Mirko Beljanski qui, à l'évidence, même mort, inquiète toujours les lobbies.
Le Ciris a tout fait pour l'obtention d'une AMM
L'avocat du Ciris a brillamment démontré la bonne foi de l'association,
qui a toujours voulu obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM)
et le remboursement par la Sécurité sociale pour ces produits.
Il a fait défiler, en brandissant chaque pièce vers le procureur,
tous les refus de l'administration à ses requêtes, preuves de l'absence
de bonne volonté de l'Etat.
Il a remarquablement bien expliqué toutes les connivences du "système".
Il a terminé sa plaidoirie en panégyrique à la véritable
Science, à l'utilité des produits Beljanski et aux véritables
intérêts des malades.
Le président est un "guerrier"
Me concernant, car il lui fallait conclure, il a déclaré : " Le président du Ciris est un "guerrier", un guerrier qui espère gagner ce noble défi contre des fléaux de la santé." L'ensemble des avocats a essentiellement plaidé l'état de nécessité et la relaxe : certaines femmes, avec une verve et une technicité impressionnantes, d'autres, avec un art associé à la sagesse et l'expérience des vieux routiers, d'autres, plus jeunes avec un professionnalisme magistral et beaucoup d'humanité.
Monique Beljanski satisfaite des différentes prises de parole
Monique Beljanski, à l'occasion de sa dernière prise de parole, a déclaré qu'elle avait apprécié qu'aussi bien les prévenus que les témoins cités aient pu s'exprimer. Les personnes présentes conserveront longtemps gravée dans leur mémoire l'expression bouleversante de la souffrance des malades.
J'ai exigé d'être mis en examen
Je suis le seul des prévenus à avoir exigé d'être mis en examen le 9 octobre 1996, afin d'avoir accès au dossier pour mieux défendre l'intérêt général des malades. J'avais été très choqué par la saisie de mes gélules Beljanski sur ma table de nuit et j'ai conservé quelques preuves que des malades sont décédés des suites de la privation de leurs produits. Libéré le 10 octobre 1996 à trois heures du matin, après vingt heures de garde à vue, je suis retourné, de mon propre gré, dans l'après-midi, à la gendarmerie de Rochefort, située à un quart d'heure de mon domicile, pour y retirer la notification que j'avais réclamée et qui avait été télécopiée depuis Créteil.
Si je n'avais pas insisté, je serais libre et pas concerné par ce procès
Si j'ai eu l'audace de faire cette démarche citoyenne, responsable et humaine, c'était surtout par amour de mon prochain et par reconnaissance envers le chercheur. Je trouvais mon geste naturel car il m'était difficile d'admettre avoir eu la chance dans mon malheur de pouvoir bénéficier un jour des produits Beljanski et de ne pas partager ce bonheur tout simplement par fraternité et égalité.
Je n'ai pas accepté de mourir dans la légalité. J'ai préféré devenir un survivant illégal
C'était mon choix ! Ne pas me conduire ainsi aurait été lâche. Mon courage me place, aujourd'hui, aux côtés de Monique Beljanski, au premier rang des ceux qui peuvent être condamnés à de très lourdes sanctions réclamées par un procureur de la République, en totale contradiction avec le procureur général qui avait osé prendre la défense, ne l'oublions pas, de Mirko Beljanski, lors du premier procès de Saint-Etienne le 10 mars 1994.
Le tribunal va-t-il sanctionner de nobles valeurs oubliées comme le courage, la fraternité, l'esprit citoyen ?
En 1985, la mort est venue frapper à ma porte dans les circonstances
que vous connaissez. J'ai pris ma santé en main pour sauver ma vie. Dans
le cadre du bénévolat associatif, mon devoir était d'informer
objectivement. J'ai pu ainsi sauver d'autres vies. Est-ce un délit ?
Plus que jamais, il faut que notre lucidité, notre solidité psychologique,
notre détermination, associées à notre sincère amitié,
à notre courage, à notre fidélité et à notre
cohésion, nous permettent de continuer à résister aux attaques
les plus sournoises.
Je compte sur votre indéfectible soutien pour aider au développement
de notre utilité sociale grâce à la diffusion d'une information
de qualité.
J'espère que vous serez tous des porteurs de ce flambeau de la vérité.
Gérard WEIDLICH
--------------------------------------© Votre santé - Juin 2001