Agenda et déclarations

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Le 25 août 2008

Perspective d'espoir, politique, d'un autre monde possible !

Nous vivons aujourd'hui dans un pays où il n'y a pas eu de guerre depuis des dizaines d'années. L'efficacité des moyens de production s'est multipliée de façon considérable. Il y a une accumulation de travail humain fantastique dans les usines, les bâtiments, les inventions de toutes sortes et nous allons vivre une grave crise économique. Comment est-ce possible ? En fait, l'essentiel de nos problèmes sociaux, le chômage, le stress, la pollution, la délinquance, viennent de cette calamité pour l'humanité qu'est l'argent-dette. L'invention des banquiers : la monnaie fiduciaire puis scripturale a permis l'explosion de notre civilisation de la marchandise. Il est temps que cette invention tombe dans le domaine public pour servir au lieu d'asservir. Depuis plusieurs années, nos droits sociaux et démocratiques, fruits d'un siècle de luttes sont attaqués un à un. Aujourd'hui, c'est le capitalisme globalisé qui régente nos vies, un système incapable de répondre aux besoins sociaux et environnementaux, tout simplement parce qu'il est fondé sur la satisfaction du profit de quelques uns au détriment du plus grand nombre, en imposant des conditions de travail inhumaines, en produisant toujours plus au mépris des besoins sociaux, de la santé des populations, de la fragilité des écosystèmes, et en dressant les peuples les uns contre les autres. Ce système fou nous mène tous à l'abîme.

Depuis le début des années 90, je suis persuadé que le capitalisme est condamné et qu'il va mourir au cours du XXI e siècle. Cette idée, selon laquelle le capitalisme serait indépassable est extrêmement récente. Elle s'est installée progressivement au cours des années 80. Ce n'est pas être fou que de croire que le libéralisme économique va s'écrouler d'ici 2020. Que le capitalisme meure cela ne veut pas dire que la propriété, les échanges sur les marchés, les magasins et les petites entreprises n'existeront plus ! Non, bien sûr ! Mais, par contre, croire que les marchés de capitaux, les bourses, le contrôle de la monnaie par l'aristocratie financière et que la plupart des absurdités de notre société de consommation disparaissent et feront partie de l'Histoire, cela n'a rien de fantaisiste. La civilisation de la marchandise, la démocratie libérale est décrite comme étant indépassable. En effet, certains affirment, depuis l'implosion de l'Union Soviétique, que c'est la fin de l'histoire. Fukuyama a écrit en 1989 : « la démocratie libérale pourrait bien constituer le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et la forme finale de tout gouvernement humain, donc être en tant que telle la fin de l'Histoire » . Mais quelle prétention ! Se croire indépassable et immortel ! Comme si la civilisation occidentale était le summum de l'Humanité. Non bien sûr ! La démocratie libérale et le capitalisme qui va avec, est une forme d'organisation humaine parmi d'autres, c'est tout. Les civilisations naissent, vivent et meurent. La nôtre ne fera pas exception. La vision du monde des marchands qui s'est opposée au pouvoir ecclésiastique et aristocratique a été une contribution à l'histoire de l'Humanité. Mais cette vision est maintenant caduque. Le capitalisme est une idéologie, un paradigme avec son histoire, sa naissance, son apogée et sa phase de déclin. Non, le capitalisme n'est pas un état de nature. Non, ce n'est pas la fin de l'Histoire.

Il est urgent d'ouvrir une perspective d'espoir, celle d'un autre monde possible : un monde de justice sociale et de solidarités, débarrassé de l'exploitation et de toutes les oppressions, un monde écologiquement vivable pour les générations présentes et futures, un monde où le politique ne capitule pas devant l'économie, où l'on se réapproprie collectivement notre avenir. Plus que jamais il est nécessaire de rompre avec les idées inopérantes du réformisme antilibéral, comme le propose le Parti Socialiste, qui n'offrent aucune solution sérieuse aux fléaux du capitalisme. Ces constats, nous sommes nombreux à les partager. Mais comment agir tous ensembles ? Un vaste chantier s'ouvre. C'est à la construction d'un projet porteur d'espoir qu'il importe de s'atteler sans attendre. Les luttes ne trouveront leur pleine dynamique que si commence à exister une perspective de transformation radicale sur le champ politique. L'enjeu est bien d'entreprendre la refondation à gauche, l'élaboration d'un projet véritablement socialiste.

La plate-forme programmatique commune se doit d'être un projet de société véritablement alternatif au capitalisme. La base même de ce projet doit inclure une réappropriation du contrôle de la monnaie. Car sans capacité de battre monnaie le pouvoir politique n'est que la marionnette de la finance internationale. Ce premier point implique une abrogation du Traité de Maastricht, une réorganisation du système monétaire européen où seule la Banque Centrale, sous contrôle démocratique, aurait le pouvoir d'émettre la monnaie, quitte à ce que cela oblige la France à sortir momentanément de l'Europe et de l'€, le temps d'initier l'élan et de montrer l'exemple aux autres peuples. D'autres points importants de ce projet devraient être : un revenu citoyen d'existence, une nationalisation de toutes les entreprises cotées en bourse et donc une dissolution de la bourse des valeurs mobilières. Il faudrait, bien sûr, inclure dans ce projet toutes les mesures aux niveaux écologiques, sanitaires, agricoles, éducatives, administratives, judiciaires, policières et militaires qui s'imposent par le bon sens pour le bien commun.

Certains pourraient se décourager en pensant que la mondialisation capitaliste est allée trop loin et que la France ne peut plus décider, seule dans son coin, de changer les règles du jeu. Il y a deux siècles pourtant, dans une Europe complètement dominée par une aristocratie décadente, la France a t-elle demandé l'autorisation pour se débarrasser d'un régime millénaire fondé sur le droit divin ? La France pourrait, comme il y a un peu plus de deux siècles, montrer l'exemple d'un changement radical de régime. La France pourrait être le théâtre d'une vraie révolution non-violente, d'une révolution profonde des rapports sociaux et de notre relation à la nature.

J'ai choisi de participer à la refondation de la gauche dans ce pays en participant, entre autres, à la création du «  Nouveau Parti Anticapitaliste  » initié par la LCR, tout en restant attentif à toutes les volontés de rassemblement politique à l'extérieur du PS. Cela débouchera, je le souhaite, sur un parti pluraliste qui portera un programme d'urgence sociale, écologique et démocratique, un parti résolument à gauche et indépendant du PS. Tous ceux qui n'ont pas renoncé à construire un projet alternatif au capitalisme devraient s'orienter vers une unification de toutes les forces de résistance en un réseau résolu et organisé. Il faut rassembler toutes les énergies antilibérales, afin qu'elles finissent par devenir une authentique force politique. Je crois que la seule option susceptible de redonner du pluralisme et de l'unité aux « collectifs locaux du non de gauche du référendum du 29 mai 2005 sur le TCE », c'est de garantir aux comités citoyens départementaux l'autonomie la plus large dans un cadre national d'échange très souple.

Notre objectif, c'est de gouverner pour mettre en place un projet véritablement alternatif au capitalisme. Pour cela il nous faut faire naître un parti, un mouvement, une force politique structurée qui puisse négocier avec le PS dans un rapport de force à notre avantage. Notre objectif doit être de rassembler des comités citoyens antilibéraux plus forts et unis derrière des candidatures unifiées aux législatives (c'est à dire, un candidat unique par circonscription électorale qui rassemble toute les composantes de la gauche du PS, soit des écologistes à l'extrême gauche en passant par les communistes et les altermondialistes).

Le 21 novembre 2007

Pour une Politique citoyenne

La crise approche. Officiellement, la croissance et le commerce sont florissants. On produit toujours de plus en plus de marchandises. Les grosses boites font des profits et tout cela est possible grâce à la mondialisation de la finance et du crédit. Des spéculateurs empruntent pour acheter des actions et espèrent les vendre plus cher le lendemain. Parfois, les cours sont trop élevés. Se produit alors une correction du marché et les cours baissent pour revenir à un niveau normal. Les marchés s'équilibrent, tout va bien. Voici le discours officiel ! Mais en fait, nous sommes à la veille d'une crise financière sans précédent. Déjà, il y a eu les crises en Russie, en Thaïlande, en Indonésie, en Argentine et même la Chine connaît actuellement des tempêtes boursières… En fait il y a des montagnes de dettes publiques et privées qui ne pourront, bien évidemment, jamais être remboursées. Il n'y a pas que la France qui est en faillite, comme disait si justement l'abruti de premier ministre (stupide de le dire !), l'endettement des grandes entreprises est abyssal, tous les grands acteurs de l'économie sont ruinés, ils ne pourront jamais rembourser leur dettes. Alors les banques centrales balancent des centaines de milliards d'€ et de d'$, particulièrement depuis la crise des subprimes en août 2007, ce qui évite que le capitalisme s'écroule, pour que les banques continuent à prêter et à prêter encore (5 à 6 fois le montant des dépôts) et ne soit pas à court de liquidités et est l'idée saugrenus de demander le remboursement d'une dette ! Car les banques créent de l'argent ex-nihilo. Les intérêts ne sont que la cerise sur le gâteau pour les banques, au niveau global, ils créent un "trou noir" qui permet aux banques d'absorber petit à petit toute la richesse réelle, contre des chiffres "virtuels" sur des disques durs. C'est pour cela qu'il n'y a jamais assez d'argent, que toutes les entreprises sont forcées de s'accroître et qu'il y aura toujours de plus en plus de banqueroutes et de saisie d'immeuble. Contre un service "immatériel" les banques acquièrent petit à petit la totalité de la propriété privée. Ce qui explique qu'une infime minorité de personnes possèdent la moitié de la planète. Les banques ont le pouvoir de créer la monnaie scripturale, soit 90% de la masse monétaire. J. Duboin, M. Allais (Prix nobel d'économie en 1988) et tant d'autres ont dénoncés cette supercherie depuis la crise des années 30. Cela dit, il faut admettre que sans cette mystification bancaire, jamais ont aurait pu mobiliser l'énergie humaine nécessaire pour créer cette « merveilleuse » civilisation industrielle. Mais ceci est une autre histoire, c'est l'histoire du capitalisme, et très bientôt le capitalisme fera parti de l'histoire !

Mais revenons sur l'histoire économique et monétaire récente. A partir de 1934 on pouvait se procurer de l'or à la Réserve fédérale au taux fixe de 35 $ contre une once d'or. Lors des accords de Bretton Woods signés le 22 juillet 1944 la délégation des Etats-Unis, conduite par Dexter White fait triompher son plan contre celui de Keynes. C'est le « gold exchange standard » - système de change or – qui s'impose. Le roi « or » est mort, vive le roi « échange or » ! Concrètement cela veut dire que seul le dollar américain est reconnu comme « valant autant que l'or » ce qui lui vaudra le privilège de porter jusqu'en 1971, la mention « as good as gold ». Dans ce système, la monnaie américaine devient « La » monnaie de réserve internationale, l'or n'étant plus que la valeur de réserve de dernière instance. La parité est fixée à 35 dollars l'once, tandis que toutes les autres monnaies s'apprécient, elles, par rapport au dollar.

Pendant les 30 glorieuses une bonne partie de l'or américain va retourner vers les nations renaissantes qui, grâce au redémarrage de leur économie et aux investissements américains, ont du dollar à échanger. La planche à dollars tourne à fond. Pensez donc, il en faut du dollar dans le monde quand on est la devise du commerce international. Et tandis que la quantité de dollars augmente, le stock d'or lui, qui en garantit la valeur, diminue. Notez que 35 000 tonnes d'or dorment dans les coffres des Banques Centrales mondiales, ce qui représente "seulement" 600 milliards d'€ (novembre 2007) soit la moitié des échanges mondiaux spéculatifs journaliers, ou un peu plus que le budget annuel mondial de la publicité !

Entre 1960 et 1965 les USA perdent la moitié de leur stock d'or. En 1968 pour contrer la spéculation sur l'or, le gouvernement US annonce qu'il ne cédera plus de l'or au taux de 35 $/once qu'aux gouvernements, tandis que, pour les particuliers, le prix de l'or sera déterminé par le marché. Au début des années 70, la situation n'est plus tenable d'autant plus que l'Amérique, enlisée dans sa guerre au Vietnam, perd de son aura. C'est ce qui conduira le président Nixon, le 15 août 1971 à décréter la suppression de la garantie or du dollar, la convertibilité du $ en or est suspendue. Mais le dollar, même non garanti par l'or, reste la monnaie de réserve et la communauté internationale, qui a constitué au fil des ans des réserves dans cette devise, essentielle aux échanges, ne peut crier au scandale et le bouder sans s'appauvrir elle-même et risquer une crise majeure. Les Accords de Washington, le 18 décembre 1971, entérinent la décision du Président Nixon. « L'étalon dollar » est né ! Donnant aux Etats-Unis le privilège de pouvoir payer ce qu'ils doivent avec une monnaie qu'il leur suffit d'émettre, garantie par elle-même ou tout comme : les Bons du trésor de la Réserve Fédérale. Dorénavant, contre un dollar usagé, la Réserve fédérale ne donne plus qu'un dollar bien propre. A partir du 12 février 1973, c'est l'abandon des changes fixes ou quasi fixe (+/- 1% par rapport au $ qui était déjà passé à +/- 2,25% depuis 1971) des monnaies, le cours de toutes les monnaies est dorénavant fixé par l'offre et la demande sur le marché des changes. Entre 1971 et 1973, l'once d'or passe de 35 à 42 $. Le FMI rend une partie de leur or aux pays qui en avaient déposé et vend le reste. L'or n'a plus de valeur monétaire. En avril 1972, après plusieurs années d'études et de débats, intervient la première tentative des pays européens pour créer une solidarité monétaire entre eux, c'est le « serpent monétaire » européen, mécanisme collectif de contrôle des marges de fluctuations autour de parités fixes.

Le nouveau système monétaire international a été défini lors des accords de la Jamaïque en janvier 1976 ; ils ont modifié les statuts du FMI en prenant le contre-pied des principales règles issues des accords de Bretton Woods. Dans ces statuts rénovés du FMI, figure qu'il est interdit de fixer la parité de sa monnaie en or, ce qui était précisément obligatoire auparavant. Depuis cette date, plus aucune monnaie sur cette terre n'est reliée à une équivalence matérielle quelconque. L'argent n'est plus qu'une virtualité qui n'a d'autre valeur que la confiance qu'on lui accorde, répondant à la seule logique de l'offre et de la demande. La demande est conséquence du taux d'intérêt relatif par rapport aux autres devises et de la confiance envers la valeur relative de la monnaie et donc de l'activité économique du pays. Les conseils européens de Brême (7/07/78) et de Bruxelles (5/12/78) donnent au SME quatre objectifs principaux. Promouvoir une plus grande stabilité monétaire ; stabilisation des taux de change. Progresser vers une plus grande convergence des performances économiques, grâce à une coordination des politiques économiques. Exercer un effet stabilisateur sur l'économie mondiale en préfigurant un nouveau dispositif de changes stables. Créer un embryon de monnaie commune, l'écu, comme premier pas vers l'intégration monétaire.

Durant les « 30 glorieuses » ou les « 30 désastreuses » selon René Dumont, la forte croissance de l'après guerre a nourri les espoirs les plus ambitieux d'un progrès et d'une croissance indéfini. Pourtant, dès les années 50, des voix s'élevaient pour mettre en garde contre un retour aux crises cycliques de surproduction. Entre 1950 et 1973, le taux de croissance sera de 4,3% dans l'ensemble des pays de l'OCDE soit une production multiplié par 3 en 25 ans.

Ensuite commence les 30 médiocres (1974-2003).

Le revirement libéral commencera avec la nomination de P. Volcker en 1979 à la tête de la Federal Reserve Systems (Banque centrale, indépendante du pouvoir politique) qui marque l'arrivée des monétaristes à la tête de cette institution. La véritable rupture d'avec les pratiques d'inspirations Keynésienne date du sommet des chefs d'Etats à Tokyo en juillet 1979. Les 2 piliers de cette rupture néo-libéral sont le contrôle de la croissance de la masse monétaire et la réduction des dépenses publiques. La politique budgétaire étant par principe monétariste oblige, subordonnée à la politique monétaire.

Les années 80 sont marquée par la totale liberté de mouvement des capitaux entre les pays, donc une spéculation effrénée et les taux de changes aux mouvements erratiques. Des énormes masses monétaires en quête d'un bon taux d'intérêt ou d'un bon cours de la devise d'un pays. Ce sera aussi le temps de nombreuses innovations en termes de produits et de techniques financières.

Du Traité de Maastricht découle le « Pacte de stabilité et de croissance » c'est un ensemble d'engagements et de mesures visant à discipliner les politiques budgétaires des Etats membres de l'U.E. afin d'en assurer la compatibilité avec la politique monétaire unique qui a été mise en œuvre à partir du démarrage effectif de l'union économique et monétaire le 1 er janvier 1999. Formellement, ce Pacte est constitué d'une résolution du Conseil européens (chefs d'états) adoptée lors du sommet d'Amsterdam des 16 et 17 juin 1997 et de 2 règlements du conseil des ministres des Etats membres. Ces textes font suite à certaines dispositions du Traité d'Union Européenne signé à Maastricht le 7 février 1992. Ces restrictions à la libre conduite des politiques budgétaires ont été, évidemment, des conditions obligatoire pour le passage à la monnaie unique. La logique et les fondements juridiques du Pacte sont liées, bien entendu, au choix de la construction d'une Europe libérale avec un marché et une monnaie.

L'abandon de la souveraineté nationale en matière monétaire sans transfert aux Etats membres de possibilité d'agir sur la politique budgétaire serait logique. Puisque, selon les règles du jeu de l'économie de marché, le pilotage s'effectue par la manipulation d'instruments monétaires et budgétaires de façon harmonieuse. Une telle image idyllique de « policy mix » est depuis longtemps dépassé par la « vision supérieure » des technocrates libéraux qui considèrent que si l'Etat n'a pas la maîtrise de sa monnaie, il doit quand même lui rester la possibilité d'agir sur son budget. Les « Madarin-technocrate-libéraux-européens » se sont dit qu'il fallait bien laisser un os à ronger à l'Etat ! Si non que lui reste-t-il ? Mais il faut quand même pas trop lui en laisser ! C'est pourquoi il fallait quand même limiter la marge de manœuvre par ces « fameux » critères ou ces règles d'or du traité soit les articles 104, 104A,104B et l'article 104C qui stipule que les Etats membres évitent les déficits publics excessifs – pas plus de 3% pour le rapport entre le déficit public et le PIB et pas plus de 60% pour le rapport entre la dette publique et le PIB. Certains technocrates ont la conviction que le développement économique – encore lui ! – doit s'appuyer sur une monnaie stable laquelle ne se conçoit pas en dehors de finances publiques équilibrées.

Rappelons que selon l'idéologie de marché, dans le cas d'économies cloisonnées par des monnaies différentes, l'Etat peut recourir au déficit budgétaire pour relancer la croissance. Mais il subit les effets de sa politique de mauvais élève en termes de taux d'intérêt et de taux de change.

Nous sommes prisonnier de la croissance parce que pour maintenir la confiance en notre monnaie européenne, nous sommes lié par contrat – par ce foutu contrat : le traité de Maastricht qu'un « socialiste » Mr Mitterrand a signé et nous a même invité à dire « OUI » en 1992 – nous sommes condamné par ces critères à la croissance infini. Si l'Etat veut dépenser plus il faut augmenter le PIB.

La monnaie crédit est un outil indispensable pour mobiliser et exploiter l'énergie humaine. L'iniquité, l'injustice, la pauvreté, la corruption et la dévastation de l'environnement naturel et social ont pour origine une cupidité soigneusement camouflée : la création monétaire. L'histoire du capitalisme et son succès est, évidemment, lié à une invention, ou plutôt une mystification : l'argent crédit.

Les banques en prêtant de l'argent "scriptural" sont les créateurs, de fait, des neuf dixièmes de la masse monétaire en circulation. Notre monnaie nous est prêtée par des cartels bancaires privés. Le pouvoir politique a, au cours des siècles, remis aux banques son devoir de créer l'argent de la nation. La plus grande révolution monétaire de tous les temps a eu lieu le 5 août 1914 (selon J. Duboin), soit trois jours après la déclaration de la Grande guerre. Comme des milliers de gens voulaient retirer l'or qu'ils avaient déposé dans les banques à la place des billets qu'ils détiennent, le gouvernement français de l'époque a décrété le moratoire des dépôts et le "cours forcé" des billets de banques. Les nations belligérantes et les pays neutres suivirent l'exemple. Les belligérants ont ainsi eu les moyens d'orchestré une des plus grands boucheries de l'histoire. En effet les « spécialistes économiques » de l'époque prédisaient une fin rapide des hostilités faute d'or dans les coffres ! La nouvelle monnaie purement fiduciaire à donc permis de construire beaucoup de canons et d'enrichir quelques enfoirés.

Rothschild disait : « si vous permettiez aux banquiers d'émettre l'argent d'une nation, ils ne se soucieraient pas des lois. » . Une élite bancaire internationale détient le pouvoir suprême de création monétaire. Cela lui donne le contrôle - au moyen de l'argent-crédit - des destinées des nations et de l'économie mondiale. En fait, tous nos problèmes viennent de là. C'est parce que l'argent est prêté avec intérêt et avec pour seul objectif de faire des profits que nous observons l'absurdité d'investissement dans des technologies "gadget" alors que des besoins de base ne sont pas satisfaits.

Le contrôle de la masse monétaire en circulation et donc la création des crédits nécessaires aux activités bénéfiques est le droit régalien du pouvoir politique issu du débat démocratique. La capacité de battre monnaie sur un territoire et donc la création de la confiance dans l'échange marchand est le premier devoir de tout gouvernement souverain. Pourquoi le gouvernement devrait-il payer de l'intérêt à un système bancaire privé pour l'usage de sa propre monnaie qu'il peut émettre lui-même sans intérêt et sans dette ?

Le fait que le gouvernement ait abandonné cette fonction aux banques privées est une trahison abominable. Le gouvernement se refuse à lui-même un privilège qu'il a accordé aux banques par la loi, il se fait le serviteur des banquiers et méprise le peuple. L'objectif des banques privées n'est pas d'émettre l'argent en fonction des besoins de la population, mais de faire le plus de profits possibles, et d'amener gouvernements, entreprises et individus à s'endetter. L'oligarchie financière internationale était donc favorable à une banque centrale européenne, car c'est le meilleur moyen d'empêcher tout gouvernement national de recouvrer sa capacité de battre monnaie.

L'argent "scriptural" ou " électronique" est une bonne invention, et il ne s'agit pas de les remettre en cause, mais au lieu d'avoir pour origine la plume du banquier à l'état de dette, ils doivent naître sous la plume d'un organisme national à l'état d'argent serviteur. Pour qu'un gouvernement soit vraiment souverain, il faut qu'il reprenne son droit de créer l'argent libre de dette. Cet outil, cette invention, ce moyen qu'est la représentation de l'énergie humaine sous forme symbolique a été accaparé par des spécialistes : les banquiers. Les banquiers sont devenus les spécialistes de "la confiance". La monnaie-marchandise "or" s'est transformée en monnaie-fiduciaire et les banquiers, par un tour de passe-passe, se sont accaparé toute "la confiance". Ce sont eux qui jugent si votre projet est profitable et donc digne de confiance. Peu importe que votre entreprise produise un gadget inutile ou un service bidon, le principal c'est qu'il se vende. La divine loi du banquier c'est le profit ! Le monde appartient aux banquiers.

Les professionnels de l'argent vivent comme des parasites au détriment de ceux qui les nourrissent. Finalement que font les financiers qui passent leur existence à s'exciter devant 3 ou 4 écrans ? Rien ! Ils ne brassent que des symboles dans un monde virtuel. Finalement, si les premiers faux monnayeurs que sont les banquiers font faillites, ce ne serait que justice. Après tout, ils trompent, ils abusent la population depuis trop longtemps. Que les banques fassent faillite, bon débarras !

Pas de panique !

Mais cela pose quand même quelques problèmes. Cela veut dire que les gouvernements (de droite ou soit disant de gauche) les technocrates et bien sur les financiers nous mènent en bateau depuis trop longtemps. Il va falloir les congédier pour abus de confiance et foutage de gueule généralisé. Mais après tout, tout le monde n'est-il pas un peu responsable ? Qu'est ce qu'on apprend dans les écoles de commerce ? Que la seule mine inépuisable c'est la bêtise humaine. Alors les plus malins pensent qu'ils n'y a rien de plus légitime que de profiter du casino monnaie international.

C'est crise sera salutaire, on va remettre les compteurs à zéro. La partie de Monopoly est terminé !

D'autres part, d'après de nombreux participants à la dernière conférence de l'ASPO en Irlande le 18 septembre dernier, le pic pétrolier est déjà derrière nous. Ce pic est de 85 millions de barils par jour (86 en juillet 2006 et 84,5 en août 2007). La demande augmente, les réserves raffinées et non raffinées aussi, bien sur, diminues et la production va commencer à baisser. Très vite le prix du baril va grimper donc ralentissement de la croissance et tout le système va gripper. Bref, Il ne faut pas avoir 150 de QI pour comprendre qu'une énorme crise du capitalisme approche à grands pas. Cette crise sera différente de la crise des années 30. Ce sera l'arrêt de mort d'un système devenu absurde, qui a toujours été violent et qui est fondamentalement puérile. Il serait peut-être temps que l'humanité arrive à l'âge adulte, vous ne croyez pas ?

Dans une société civilisé, la politique c'est ce qui remplace la lutte armé. La vrai politique est donc, bien évidemment, au dessus de toute considération économique, financière, monétaire. Le retour de la Politique est donc souhaitable et indispensable. Il va nous falloir réfléchir, discuter et proposer des vrais solutions pour vivre ensemble sur notre territoire. La seule solution souhaitable est que tout ces débats politiques puissent exister sans violence excessive. Il y aura, fort probablement, des vitrines de banques fracassées, des grands bourgeois arrogant molestées. Vous savez le genre de mec qui prend quelques centaines de millions d'€ d'argent public et qui vous dit qu'il faut être plus dynamique, performant, battant, flexible, pour gagner la guerre économique ! Ceux-là, à mon avis, ils feront mieux de faire profil bas et de raser les murs. Enfin l'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas de morts dans les manifestations.

Pas de panique, je vous dis !

Les argentins se sont sortis d'une crise financière et maintenant, ils disent merde au FMI. La seule véritable richesse d'un pays, outres les richesses naturelles, c'est la capacité de sa population à s'organiser, à s'entraider et à se faire confiance mutuellement. La monnaie ne doit être rien d'autre qu'un instrument de mesure de ce que chacun donne aux autres. La fonction bancaire comme la fonction assurance se doivent d'être des institutions publiques.

Mais finalement, ces histoires de monnaies virtuelles, de disques durs de banques qui enregistrent les milliards que tous le monde leurs doivent et qui ne seront jamais remboursé, c'est pas très grave !

Ce qui pourrais être un peu plus problématique c'est que le Mossad et les dirigeants d'Israël réussissent à convaincre les US d'entrer en guerre contre l'Iran ! Avec Sarko et Kouchner qui vont embrayer directement derrière, la France va se retrouver impliqué assez vite dans un conflit qui risque de dégénérer !! Que l'Israël et l'Iran est envie de se castagner, c'est leur problème ! Mais supplions et prions pour que les Américains redeviennent isolationnistes comme autrefois ! Poutine a dit qu'il défendrait l'Iran, le fou d'Iran veut rayer de la carte Israël, c'est un secret de polichinelle qu'Israël détient l'arme atomique et qu'il pointe ses missiles sur la dizaine de bunker dans lesquelles les Iraniens s'amuse à enrichir de l'uranium…bref, tout va bien ! je vous dis.

M'enfin, tout irait quand même mieux si les citoyens commençaient à faire vraiment de la politique.

La première chose à faire : ne pas obéir à un ordre qui n'a pas de bon sens ! Espérons que les militaires Américains et Français soient bien désobéissant. La deuxième chose à faire : acheter le minimum (le 24 novembre c'est la journée sans achat !). Troisième chose à faire : arrêter de bosser si vous n'êtes pas convaincue que ce que vous faites est véritablement bénéfique aux autres (par exemple si vous travaillez dans la pub ou dans une usine de mines antipersonnelles, arrêter immédiatement et mettez vous au chômage, vous aurez l'esprit plus tranquille). Bref, commencez à devenir des hommes libres !

Le 9 juillet 2007.

Lettre ouverte à la secrétaire nationale du Parti communiste français.

Madame Marie-George Buffet,

Vous avez dit, juste après les élections législatives de juin, que « tout doit être examiné, réexaminé, plusieurs idées sont émises, comme celle de décider de la création d'un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d'autres ». Vous avez noté que le mot communiste, qui renvoie à l'échec du "socialisme réel'', représente un «poids» voire «un handicap» pour le PCF.

Bravo !

Le Congrès de Tours et les 21 conditions de Lénine sont maintenant très loin ! Les rivalités entre ceux qui croient que l'Etat exprime une classe  –  la bourgeoisie –  et ceux qui croient qu'il exprime un rapport des classes ou le rapport de leur force font partie de l'Histoire. De toute façon, qui peut penser sérieusement qu'un vrai changement de régime – une nouvelle Révolution – puisse se faire autrement que démocratiquement  ? Nous sommes tous pour la République. Les vieilles haines entre staliniens et trotskistes font aussi partie de l'Histoire. Par ailleurs , il est maintenant clair que le courant de l'écologie politique ne peut porter seul un projet de société alternatif à la mondialisation capitaliste, il a besoin de s'ancrer dans l'histoire des luttes d'émancipation de ces deux derniers siècles. Il doit travailler main dans la main avec le courant politique historique de lutte contre le capitalisme. On sait depuis 1983 que l'on ne peut pas compter sur le PS pour proposer une véritable alternative à l'idéologie dominante de la marchandisation du monde. Et les communistes n'ont-ils pas une petite revanche à prendre sur ces pharisiens du Parti socialiste ?

Ayons le courage de créer un nouveau parti qui fasse table rase de l'échec du socialisme réel et de la dictature du prolétariat. Revenons à Jaurès. A ses yeux, le socialisme devait être l'achèvement de la Révolution commencée en 1789. Il adhérait pleinement à l'idée centrale du socialisme, qui était la substitution, à une société fondée sur « la propriété individuelle et capitaliste, qui assure la domination d'une partie des hommes sur les autres hommes », d'une société égalitaire et finalement communiste, « un système d'universelle coopération sociale qui, de tout homme fasse, de droit, un associé ».

Ayons la détermination de proposer aux Français un projet de société vraiment socialiste, ce que le PCF ne fait malheureusement même plus aujourd'hui. On voit bien à quoi peut mener une acceptation des règles du jeu capitaliste. Les dirigeants du PS sont dans un phase de vide idéologique. Ils ne sont plus qu'une assemblée de loups, d'éléphants et de jeunes lions sans convictions qui cherchent comment manipuler l'opinion afin de reconquérir le pouvoir.

Le programme véritablement socialiste que nous devons construire ensemble, doit s'enrichir de réflexions sur les dégâts de la civilisation industrielle, sur l'absurdité d'une vision du monde purement matérialiste. Une vision de l'homme plus globale doit être envisagée. Le socialisme a tout intérêt de s'enrichir de philosophies extérieures au paradigme occidental. Je pense plus précisément à Gandhi ou au Dalaï lama. Ce dernier n'a-t-il pas dit, lors de son passage à l'Assemblée nationale en juin 1998 , qu'il se considère comme fondamentalement socialiste, pour partie bouddhiste , pour partie marxiste ? La réflexion socialiste ne peut pas non plus ignorer les penseurs de l'écologie politique, tels que René Dumont, Teddy Goldsmith, André Gorz, Ivan Illich, Serge Latouche, François Partant, Henryk Skolimowski … . Et pour finir on ne peut pas lutter efficacement contre le capitalisme si l'on n'informe pas nos concitoyens sur la mystification monétaire , l'immense escroquerie de la finance internationale.

Ce nouveau socialisme, ce socialisme du XXI e siècle finira par devenir, tôt ou tard, majoritaire dans ce pays. Et peut-être plus tôt que prévu ! L'Histoire nous réserve parfois la surprise de soudains retournements ! Qui aurait pu imaginer la Révolution en 1785 ou la crise des années 30 en 1925 ? Même si le capitalisme apparaît aujourd'hui comme indépassable à la plupart de nos concitoyens, il s'agit d'avoir une vision historique un peu plus large pour déceler que le capitalisme finira par n'être qu'une petite parenthèse de l'histoire de l'humanité.

Le 18 juin dernier, j'ai fait une proposition de texte pour un appel à la création d'un parti, mouvement, rassemblement, véritablement socialiste, écologiste et altermondialiste, à faire circuler parmi les militants du PCF, de la LCR, des Verts, d'Alter Ekolo, des Objecteurs de croissance, d'Attac, des collectifs unitaires antilibéraux, des Alternatifs…et de tous ceux qui n'ont pas renoncé à construire un projet alternatif au capitalisme. J'ai proposé le titre suivant : Appel pour l'union des mouvements populaires et socialistes . De nombreux citoyens ordinaires et des personnalités politiques plus ou moins connues font circuler sur Internet des textes qui vont dans le même sens. La rencontre-débat « Maintenant, à gauche » du 7 juillet est également une volonté de reconstruire une autre gauche. En fait, si le PCF accepte de se dissoudre sans arrière-pensées manipulatrices, alors un immense espoir à gauche va naître. Des dizaines de milliers de citoyens n'attendent que cela. Des déçus des Verts, des unitaires de la LCR, des altermondialistes et même des bouddhistes-marxistes-écologistes comme l'auteur de cette lettre seraient enchantés de participer à cette nouvelle aventure que serait la création du premier parti politique vraiment novateur de ce troisième millénaire.

Une suggestion pour le nom de ce nouveau parti : UMPS (Union des mouvements populaires et socialistes) juste pour faire un pied de nez aux deux partis qui détiennent 90 % des sièges à l' Assemblée nationale  !

Voilà ! je tenais à vous faire part de mes encouragements à cette grande idée que serait la dissolution du PCF. Mais, s'il vous plaît Madame, ne tardez pas trop, car cela prendra bien trois ou quatre ans afin de se préparer pour les prochaines échéances électorales nationales.

Bien à vous.

Marc Jutier

Note : les parties de textes en bleu/violet renvoient à des pages Internet

Le 25 avril 07,

Nous avons 5 ans pour nous organiser.

Bien évidemment je voterais, sans conviction, pour Ségolène le 6 mai. Les résultats du premier tour des élections présidentielles donnent l'avantage à Sarkosy, face à Ségolène Royal, pour le deuxième tour. Finalement, pas de surprises, les sondages le prévoyaient depuis des mois. Bayrou était le seul à pouvoir battre Sarko au deuxième tour. Pour Ségo c'est pas gagné !

Si Sarko gagne, ce qui est maintenant malheureusement le plus probable, la droite se trouvera en position de force pour les législatives. Depuis cinq ans, l'UMP a mené une offensive sans précédents contre les droits et les conditions de vie des travailleurs, imposant la régression sociale dans tous les domaines. Si la droite sort victorieuse des élections, il y aura un redoublement de cette offensive, au profit des capitalistes et au détriment de la vaste majorité de la population.

Sarko a bénéficié du soutien de l'industrie audiovisuelle et de la presse capitaliste. Une grande opération de manipulation de l'opinion publique a été orchestrée par les médias – dont les propriétaires figurent parmi les représentants du capitalisme les plus cyniques – dans le but de présenter Sarkozy comme le candidat de la « rupture » par rapport à la politique menée depuis 5 ans, et ce alors que, depuis 2002, il a été en première ligne de toutes les attaques menées contre les travailleurs et la jeunesse. Force est de constater que cette opération n'a pas été infructueuse.

Un autre facteur important qui a joué en faveur de la droite, dans cette campagne électorale, c'est l'absence de contenu dans le programme de Ségolène et du PS. Le programme actuel du PS est le plus ouvertement pro-capitaliste et le plus vide de substance revendicative de toute son histoire. Les dirigeants du PS sont tombés tellement bas, dans leur capitulation aux intérêts capitalistes, que nombre d'entre eux ont rallié le camp adverse en pleine bataille électorale.

Par exemple, le regroupement « Spartacus », composé de dirigeants socialistes proches des idées de Rocard et de Kouchner, a publié dans Le Figaro une déclaration dans laquelle il affirmait que Bayrou est « un espoir pour des millions de Français qui veulent croire à cette chance unique de proposer un travail en commun à des hommes et des femmes venus d'horizons différents mais unis par le seul idéal du bien public ». Selon ce regroupement, Bayrou peut « réconcilier la France ». Pratiquement tous les dirigeants du PS sont ouverts à la possibilité d'une coalition avec l'UDF – un vieux parti de droite complaisamment rebaptisé « centriste » pour l'occasion. Spartacus, le meneur de la révolte des esclaves contre l'empire romain, se retournerait dans sa tombe s'il voyait son nom associé à ces « socialistes » d'opérette. N'oublions pas qu'hier c'est précisément l'alignement du gouvernement Jospin sur les intérêts capitalistes qui avait préparé la débâcle de 2002.

Aujourd'hui, le programme de Royal c'est la gestion pure et simple du capitalisme, vaguement dissimulée derrière un bouquet de phrases creuses sur « l'ordre », « la justice », « l'équilibre », « l'harmonie », « le respect » etc. Ce programme ne contient absolument aucune mesure susceptible d'améliorer les conditions de vie de la masse de la population. C'est dans ce ralliement au capitalisme, dans cette faillite politique de la direction actuelle du Parti Socialiste, dans ce vide idéologique, dans cette absence de réponse au désastre économique et social engendré par le capitalisme, que réside l'explication fondamentale des résultats du premier tour.

Le PS est toujours le principal bénéficiaire de la mobilisation contre la droite. Les résultats du référendum du 29 mai 2005 aurait pu être un véritable bouleversement présageant l'effacement électoral du PS au profit de la « gauche du non ». Mais l'incapacité de notre galaxie alter-mondialiste, écologiste, trotskiste et communiste à trouver un candidat unique pour la présidentielle et surtout le manque de temps pour dégager un véritable projet alternatif au capitalisme à laisser un boulevard électoral au PS.

Plus que jamais il est nécessaire de rompre avec les idées insipides du réformisme « anti-libéral », qui n'offrent aucune solution sérieuse aux fléaux du capitalisme. Au lieu de défendre des mesures énergiques et concrètes contre le capitaliste, le PCF par exemple, a cherché à séduire l'électorat au moyen d'une véritable usine à gaz de mesures prétendument « anti-libérales » : des surtaxes et amendes pour les mauvais capitalistes qui spéculent ou qui ne créent pas des emplois, des primes et exonérations pour les capitalistes qui investissent ou qui favorisent l'emploi, etc.

Suivant les théories de certains réformistes, le projet de « sécurité d'emploi et de formation » permettrait tout bonnement d'éradiquer le chômage de masse et la pauvreté qu'il engendre, au moyen de simples réajustements fiscaux et d'une réorientation des dépenses publiques mais toujours sous le dictat de la doctrine capitalisme. Ce programme n'est tout simplement pas crédible. La raison fondamentale du déclin électoral du PCF réside dans l'incapacité de sa direction à présenter une alternative sérieuse à la politique du PS. Lorsqu'un grand parti réformiste coexiste avec un petit parti réformiste, c'est le grand qui l'emporte.

En ce qui concerne les collectifs anti-libéraux, Il était évident que ni Bové, ni la LCR n'allaient mener campagne pour le PCF. Leur idée était, au contraire, de mettre le PCF à la remorque de leurs propres objectifs. La direction du PCF voulait des « habits neufs » pour le PCF, pensant que cela lui donnerait une allure plus acceptable aux yeux des électeurs. Même lorsque la saga des « candidatures unitaires » fut close, elle a tenu à présenter la candidature du PCF comme celle d'une Gauche Populaire inexistante, ce qui n'a trompé personne. En clair, chacun a essayé de tirer la couverture pour lui, de manipuler l'autre.

Bref, s'il n'y a pas, dans les années à venir, une réorientation vers de grandes idées radicalement anti-capitaliste, vers un projet de société vraiment alternatif, l'immense espoir issue du non de gauche au référendum sur le TCE risque de retomber et les militants, les citoyens, le peuple français finira par ce résoudre à croire que c'est la fin de l'histoire et qu'il n'y a aucune alternative à cette idéologie de la marchandise.

Il est grand temps de changer de cap, de rompre avec le réformisme « anti-libéral » et de développer un autre projet. Cela ne sera pas facile, mais si nous acceptons de nous écouter les uns et les autres, sans toujours penser être les seuls, dans chacun de nos petits clans, à détenir la « vérité », sans toujours manipuler nos camarades des autres clans, alors un beau projet, un nouveau paradigme, une grande idée, une vision pour le futur de la France et du genre humain est possible.

Nous souhaitons tous la défaite de Sarkozy. Mais s'il l'emporte, les électeurs qui ont été dupés par sa démagogie s'en rendront rapidement compte. Les résultats des élections ne changeront pas les perspectives générales qui se dessinent pour la France. Sous la « gauche » comme sous la droite, il sera impossible d'inverser la régression sociale sur la base du système actuel et nous continuerons vers toujours plus d'absurdités, de violence et d'hypocrisie. Finalement si Sarko et l'UMP remportent ces élections, ils réussiront peut-être à pousser le bouchon suffisamment loin…

Depuis que le pouvoir n'est plus de droit divin, le pouvoir souverain c'est le pouvoir du peuple par le suffrage universel. Et cela veut dire qu'aucune considération macro-économique, financière, monétaire ne peut empêcher une décision politique issue du suffrage universel. Il n'y a pas de « dieu » économie ou de « loi » de la finance ou d'impératif monétaire. Certains pourraient se décourager en pensant que la mondialisation capitaliste est allé trop loin et que la France ne peut pas décider, seul dans son coin, de changer les « règles du jeu ». Voyons donc ! il y a deux siècles, dans une Europe complètement dominé par une aristocratie décadente, la France a t-elle demandé l'autorisation pour se débarrasser du pouvoir divin de la royauté ? Il est plus que temps de penser à se débarrasser de la nouvelle aristocratie financière.

Ne parlons plus des présidentielles ! Nous avons eu tout faux. Je doute que nous réussissions à trouver pour le 10 juin prochain des candidatures commune pour les législatives. Et d'abord, sur quelles bases ? sur le programme « Ce que nous voulons ». Non ! ce programme n'était pas suffisamment travaillé. Le rassemblement de gauche anti-libérale n'était, tout simplement, pas prêt pour 2007.

Nous avons 5 ans pour nous organiser. 5 ans pour construire des comités citoyens sur les ruines des collectifs unitaires. Espérons que les militants, et surtout les dirigeants, du PC, de la LCR, des Verts et autres petits partis accepteront que leurs boutiques disparaissent au profit des comités citoyens au lieu de jouer les « gagne petit » aux législatives avec le financement public. Sur la base des collectifs unitaires pour un rassemblement antilibéral, il s'agit de construire au niveau de la circonscription électorale des entités indépendante, souveraine et autonome capables de se structurer un minimum. Un groupe de citoyens qui se reconnaissent, signent une charte antilibéral et paye une cotisation annuelle symbolique de 10€ par exemple.

Notre objectif, ne l'oublions pas, c'est de gouverner pour mettre en place un projet véritablement alternatif au capitalisme. Pour cela il nous faut faire naître un parti, un mouvement, une force politique structurée qui puisse négocier avec le PS dans un rapport de force à notre avantage. Un rassemblement des comités de citoyens anti-libéraux pour une véritable alternative à gauche plus fort et unis derrière des candidats uniques aux législatives et unis derrière un seul candidat aux élections présidentielles en 2012. Voilà ce que doit être, dès maintenant, notre objectif.

Le mouvement d'émancipation humaine qu'aurait pu être le communisme est historiquement la base de ce mouvement, mais il doit s'enrichir, se « mixer » et même se fondre dans un creuset commun des réflexions et des cultures de toute l'humanité. Au capitalisme mondialisé ne peut s'opposer qu'un internationalisme.

D'autre part, compte tenu de la diversité des luttes alter-mondialistes, comment construire une alternative commune ? La base même, c'est la souveraineté populaire, l'appartenance à un peuple. Ils nous faut partir des l'identités des peuples qui composent les Etats pour défendre l'intérêt général contre celui des transnationales de droit privées.

Pour recueillir l'adhésion populaire et donc une majorité aux élections, il ne faut pas, bien que le combat contre la mondialisation libérale soit un combat internationale, nier l'identité nationale qui est un repère pour le peuple afin de résister et construire de nouvelles solutions « du vivre ensemble » sur un territoire. Mais gardons-nous, bien sur, de tomber dans l'étroitesse d'esprit du nationalisme qui consiste à caresser dans le sens du poil les idées et les émotions les plus simplistes.

C'est au peuple français de trouver les solutions particulières qui correspondent à sa culture, à son histoire, à son territoire. Et de toute façon, il n'est pas possible de lutter contre la mondialisation financière sans un réel pouvoir au niveau de la nation française. Un Etat fort qui puisse s'opposer fermement aux transnationales, aux fonds de pensions, au pouvoir financier mondialisé. Si l'Europe basculait dans ce nouveau paradigme, cela aurait, évidemment, encore plus d'effet. Mais comment se mettre d'accord à 27 pays ? D'autant plus que beaucoup des nouveaux membres de l'Europe sont à peine sorti du stalinisme et qu'ils n'envisagent, pour le moment, qu'un seul horizon : le capitalisme ! Donc, c'est uniquement au niveau national qu'il peut y avoir un changement politique radicale. Cela n'empêche pas, bien entendu, de « travailler » de concert avec les autres mouvement alter-mondialistes européens, sud-américains ou asiatiques.

Partir des aspirations populaires demande beaucoup d'exigence de la part des futurs élus. Celle de respecter ses engagements, de travailler au bien commun et d'avoir le courage de ne pas céder aux intérêts privés.

La France pourrait, comme il y a un peu plus de 2 siècles, montrer l'exemple d'un changement radical de régime. En essayant, cette fois ci, de donner un exemple un peu moins violent ! Et le meilleur exemple historique c'est : le Mahatma GANDHI. Ces indiens, ils se sont, tout de même, débarrasser du plus grand empire du 19-20ième siècle !

La France, terre d'accueil, de tolérance et d'échange, territoire relativement homogène aux niveaux linguistique, historique, géographique et culturelle pourrait être le théâtre d'une vraie révolution, mais contrairement à l'exemple sanglant de 1789, elle donnera l'exemple d'une révolution non-violente, d'une révolution profonde des rapports sociaux et de notre relation à la nature. Au trois mots de notre devise nationale, Liberté, égalité, fraternité, on pourrait rajouter quelques autres comme : démocratie, laïcité, solidarité, non-violence & force de la vérité. J'espère que nous réussirons, cette fois ci, à avoir un projet un peu plus construis, des comités citoyens mieux organisé, des candidats uniques dans chacune des circonscriptions et un candidat et un seul aux élections présidentielles. J'en appelle à l'intelligence populaire, forçons les partis de gauche à ce dissoudre dans des comités citoyens forts et autonomes. Rejoignez, si ce n'est pas déjà fait, les comités citoyens issus des collectifs du non de gauche. L'avenir politique de notre pays va se construire dans ces comités. Venez débattre de vos idées avec vos concitoyens pour une véritable alternative au capitalisme moribond. Venez construire le projet politique de 2012, un projet de société vraiment démocratique, écologique et social. L'avenir nous appartient. L'avenir sera ce que nous en ferons.

Lorsqu'un seul homme rêve ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité.

Le 25 mars 07,

Au nom du tiers état !

Je vais le prendre au mot, au nom du tiers état, je vais voter Bayrou. Je suis écologiste, alter-mondialiste et vraiment socialiste et je vais voter pour lui! D'abord parce que, évidemment, je ne veux pas de Sarkozy et que contrairement à Ségolène, au deuxième tour il battra ce défenseur du grand patronat et de la finance. Les citoyens du tiers états qui ont voté non au référendum sur le TCE devraient voter pour Bayrou. Nous, c'est simple, ce qu'on veut c'est se débarrasser d'une idéologie qui a fait ses preuves en termes de nocivité pour l'être humain et la planète. En fait, le clivage politique est toujours le même depuis deux siècles. Depuis la Révolution, il y a ceux qui croient en la vertu de l'économie et ceux qui croient qu'un autre monde est souhaitable et de plus en plus indispensable. Personnellement, je suis persuadé que le capitalisme que l'on appelle aujourd'hui néo-libéral n'est pas un horizon indépassable pour l'humanité. Ce n'est pas la fin de l'histoire et je crois que cette idéologie va mourir au cours des 20 prochaines années. Malheureusement, nous qui préparons ce projet de société qui tôt au tard remplacera cette dictature financière, nous avons cafouillé pour la désignation de notre candidat à la présidentielle. Mais on sait d'expérience et ils ne s'en cachent pas, que les socialistes n'ont aucune intention de s'attaquer aux seigneurs de la finance et à leur dogme : l'économie (voir : L'invention de l'économie de S. Latouche). Nous, les petits enfants de la Commune de 1871 sommes nombreux et surtout beaucoup moins naïfs que nos aînés. Nous, on s'en fout du président, puisque dans notre programme le rôle du président, dans la 6 ième république que nous souhaitons, est largement diminué.

La vraie bataille ce sont les législatives. Si Royal gagne, le PS va nous laminer aux législatives. L'UDF est affaiblie, beaucoup ont quitté le navire et ont choisi le Sarko. Même si Bayrou gagne, ils feront une piètre campagne. De toute façon quel peut-être le projet politique des centristes entre un libéralisme atlantiste et un social-libéralisme ? Les autres : PS et UMP auront été rejetés le 22 avril et le 6 mai. Nous, ce que l'on veut, c'est un vrai rapport de force avec le PS. Si Royal devient reine, c'est foutu pour nous. Et les élus communistes qui pourraient être tentés de négocier quelques strapontins avec le PS devraient faire attention. Si Bayrou gagne, cela entraînera une tension, voire même une division au PS. Imagine ! Résultats des législatives : UMP et apparentés : 150 députés ; UDF et app. : 132 d. ; PS/Vert : 140 d. ; Députés issus des collectifs anti-libéraux : 155. Dans ce cas, le Premier ministre sera du tiers état… sauf si le PS rejoint une coalition UMP-UDF-PS pro libéral ! Ce qui risquerait de diviser encore davantage le PS. Quant à Besancenot, Bové et Buffet, peut importe que vous fassiez 2 ou 3% et de savoir lequel de vous 3 fera le meilleur score, car vous deviendrez ministre !

Citoyens formez vos bataillons! Rejoignez les collectifs anti-libéraux, les collectifs du tiers états. Il en existe plus de 800 en France, organisons-nous. Trouvons de bons candidats pour battre les candidats PS au premier tour. Il faut 12,5% des électeurs inscrits pour se maintenir au 2 ième tour. Ce n'est pas le bout du monde, ce n'est pas une utopie, c'est possible. Le vrai combat politique c'est les 10 et 17 juin 07.

Le 2 février 07,

J'étais présent lors du rassemblement du 9 et 10 décembre 2006 à St Ouen comme délégué de Dordogne. Je trouve regrettable, évidemment, que nous ayons montré, nous, la gauche de la gauche, un aussi « bon » exemple de démocratie populaire, participative et/ou directe… ! 4 ou 5 candidats qui se réclament de la gauche alternative anti-libérale, ça fait beaucoup ! La grande bourgeoisie, les financiers, les décideurs doivent bien se marrer. Ils ne doivent pas trop s'inquiéter de perdre leur pouvoir.

Je soutiens José Bové pour la campagne présidentielle de 2007, malgré le fait qu'il ait d'abord déclarer forfait lors de la « primaire » et qu'il n'était pas présent à St Ouen le 9 décembre.

Espérons que nous pouvons mieux nous organiser pour 2012.

Quelques suggestions à ce propos :

Les collectifs anti-libéraux devraient se « constituer formellement ». C'est à dire par une inscription et une cotisation annuelle de 5 ou 10 € par an de ses membres. Il n'est pas nécessaire, pour autant, de donner un cadre associatif (loi 1901) à ces collectifs. Ces collectifs devraient aussi se regrouper par circonscription électorale, soit 555 collectifs pour la France métropolitaine et 22 pour les DOMs et TOMs.

Ainsi, seul, les membres inscrits pourront voter lors de la primaire qui sera organisée en 2011 pour désigner notre candidat. La campagne interne et le ou les scrutins pourraient se dérouler en octobre/novembre 2011.

De la même façon, les membres, regroupés dans des collectifs correspondant aux circonscriptions législatives désigneront leur représentant.

Et je ne vois pas comment on pourrait procéder autrement si on veut des candidats légitimes et incontestables ! Le double consensus, quelle blague !