Bulletin de LIAISON N° 15- troisième trimestre 2002
Tendance de fond et épiphénomènes
Une grande angoisse vient de parcourir les milieux financiers : le capitalisme
serait-il en perte de crédibilité ? les investisseurs devenus
prudents s'écarteraient-ils de la bourse ?
La raison de cette onde de choc, donnée par les analystes résiderait,
affirment-ils, dans les comptes falsifiés des grandes entreprises. S'il
est vrai que la publication de faillites et de malversations vient à
point nommé pour amplifier les effets d'une économie dépressive,
l'explication reste un peu courte. La crise asiatique n'a pas été
imputée à des malversations, aucune poursuite judiciaire n'a été
engagée. Dés avant le 11 septembre 2001, les grandes places boursières
amorçaient une chute vertigineuse. Dans le continent sud-américain
en plein effondrement personne n'est exposé à des sanctions pénales,
ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas de coupables. Il sont tout simplement
intouchables. L'économie mondiale était malade bien avant que
soient connues les falsifications comptables de Enron, Worldcom et d'autres.
Leur imputer le désordre mondial n'est pas plus sérieux que de
l'attribuer à l'attentat du 11 septembre 2001. Les uns comme les autres
ne constituent que des épiphénomènes bien insuffisants
pour expliquer la chute de la bourse qui tient bien davantage à une économie
chroniquement anémiée par la mise hors du circuit de la consommation
de prés de la moitié de l'humanité. Nombre d'entreprises
n'atteignant plus le seuil de rentabilité, le climat général
se dégrade, phénomène qui trouve naturellement sa traduction
en bourse.
Mais les "économistes", experts, analystes, presque toujours
complices du système se gardent bien de dénoncer l'insuffisance
globale de pouvoir d'achat dont la cause première est un système
financier qui contraint les peuples à s'endetter pour avoir accès
à leur propre production. Tout est fait pour occulter l'absurdité
d'un système qui fait que toute la monnaie est issue de l'endettement.
Lorsque celui-ci dépasse les limites tolérables, le FMI se porte
au secours des pays risquant le défaut de paiement comme la Turquie,
le Mexique, la Russie , le Brésil et peut-être demain le Nigeria.
Cela signifie que les pays "riches"qui alimentent le FMI devront s'endetter
encore davantage. Quand ceux-ci à leur tour seront eux-même à
bout de souffle, les banques centrales feront voler en éclat la logique
si âprement défendue aujourd'hui en émettant d'énormes
quantités de monnaie (argent public) pour éviter la faillite des
marchés (intérêts privés) à l'échelle
mondiale. La méthode a été testée lors des crises
asiatique et mexicaine et au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, comme
s'ils avaient servi de prétexte. Sans être devin, on peut constater
que toutes les conditions sont réunies pour qu'elle soit renouvelée
à une plus grande ampleur. Pour que les peuples ne découvrent
pas à quel point ils sont dupés, on comprend pourquoi l'obscurantisme
est si bien entretenu en matière monétaire.
Tout notre travail consiste à obtenir le rejet d'un système premier
responsable de toute la misère du monde et de ses conséquences
: insécurité et conflits de toute nature. L'écologie elle-même,
est partiellement dépendante des moyens financiers disponibles. Le problème
est global.
Notre association a adressé (début août)
la lettre (lettre-type) et le document (Une indispensable
.) ci-joints
aux groupes parlementaires et partis politiques suivants:
M. Jacques Barrot (Groupe Union pour la Majorité Présidentielle)
M. Jean-Marc Ayrault (Groupe socialiste)
M. Hervé Morin (Groupe Union pour la Démocratie Française)
M. Alain Bocquet (Groupe députés Communistes et Républicains)
M. Jean-Marie Le Pen (Front National)
M. Alain Krivine (Ligue Communiste Révolutionnaire)
Mme. Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière)
M. Philippe de Villiers (Mouvement pour la France)
M. Daniel Gluckstein (Parti des Travailleurs)
M. Jean-Michel Baylet (Parti Radical de Gauche)
Mme. Dominique Voynet (Les Verts)
Incroyable mais vrai
"We are completely dependent on the commercial banks. Someone has to borrow every dollar we have in circulation, cash or credit. If the banks create ample synthetic money, we are prosperous; if not, we starve. We are absolutely without a permanent money system. When one gets a complete grasp of the picture, the tragic absurdity of our hopeless position is almost incredible, but there it is. It is most important subject intelligent persons can investigate and reflect upon. It is so important that our present civilisation may collapse unless it becomes widely understood and the defects remedied soon."
Robert H. Hemphill, Credit Manager of the Federal reserve bank, Atlanta, GA
"Nous sommes complètement dépendants des banques commerciales.
Chacun doit emprunter chaque dollar qui est en circulation, espèce ou
crédit. Si la banque crée suffisamment de monnaie artificielle,
nous sommes prospères*;sinon, nous sommes proches de l'état de
famine. Nous sommes absolument sans système de monnaie permanent.
Lorsque quelqu'un parvient à une totale compréhension de cette
réalité, la tragique absurdité de notre situation désespérée
est presque incroyable, mais néanmoins réelle. C'est le sujet
le plus important sur lequel toute personne intelligente puisse se pencher et
réfléchir. Il est si important que notre civilisation actuelle
peut s'effondrer à moins qu'il ne devienne largement compris et que ce
système soit corrigé rapidement."
*prospères
..à condition de s'endetter et de préparer
des lendemains qui déchantent.
Mais Robert H. Hemphill fait malgré tout preuve d'une honnêteté
intellectuelle et d'une lucidité exceptionnelle dans sa corporation.
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