Écrit par Keith Dixon et publié chez Raisons D'agir cet essai
d'une centaine de pages nous explique le travail de subversion mené par
les conservateurs en Grande-Bretagne pour saper l'ordre Keynésien. En
effet, la "révolution" qu'a connue le Royaume-Uni, dans les
années 80, sous Thatcher, et qui a fait de lui le pays du " libéralisme
réel" fut largement préparé par un travail de subversion
intellectuelle. Travail mené d'abord à partir d'institutions privées
de recherche et de vulgarisation idéologique néo-libérales
fortement imbriquées sur le plan international. En l'espace de quelques
années, ces think tanks britanniques ont contribué à forger
un nouveau sens commun économique, dont l'actuel premier ministre, Tony
Blair, reste très largement prisonnier et qui est construit autour de
la privatisation, de la déréglementation et de la précarisation
du travail. Ce petit ouvrage retrace donc l'histoire d'une conquête intellectuelle
qui précéda une transformation des règles du jeu politique
et du rapport des forces sociales au Royaume-Uni : l'offensive néo-libérale
lancée au sein de l'élite intellectuelle britannique au début
des années 70, en pleine crise économique et sociale, suivi de
la victoire politique de ce qui les convenu d'appeler le "thatchérisme".
Il est important de réfléchir à l'expérience britannique
de ce dernier quart de siècle, non seulement parce qu'elle remet en cause
l'idée largement répandue selon laquelle les intellectuels et
les idées qu'ils produisent et diffusent n'ont aucun effet sur le monde
"réel", mais aussi parce qu'elle est proposée aujourd'hui
par les idéologues libéraux français comme lendemain qui
chanteraient. Il suffit d'écouter les propos de Madelin, de Seillière
ou de Guy Sorman pour se convaincre de la réalité des relais français
de l'internationale néo-libérale.