La carotte : la société du marketing (World Company -- des couches super-absorbantes aux crèmes antivieillissement en passant par la TVHD et la nouvelle GTI Turbo 16 soupapes), le culte du corps, la valorisation de l'ego, les diplômes, les titres, la "carrière professionnelle", etc.
Le bâton : la peur du communisme (c'est fini maintenant, mais cela n'a-t-il pas fonctionner longtemps ?), la peur de perdre son emploi, l'insécurité et la peur du chaos.
Ne sois pas comme l'âne, analyse bien la réelle satisfaction que t'apportent les produits de notre société de marketing et examine aussi attentivement l'utilité réelle et donc la satisfaction authentique que peut te procurer ton travail ou futur travail. Le chaos ? La vie n'est pas un long fleuve tranquille, le changement, la transformation et les bouleversements sont continuels alors pourquoi avoir peur du chaos. Il est toujours là !
23.18. Le libéralisme : un jeu de gamins.
Le libéralisme n'est qu'un jeu de gamins qui se prennent très au sérieux. Je te vends et je t'achète n'importe quoi et je me fous complètement de savoir comment est fabriqué le produit (conditions de travail, exploitation des enfants, laogaï chinois, usines polluantes que l'on retrouve maintenant souvent dans les pays sous-développés, etc.). Dans les entreprises, les gens accordent beaucoup d'importance au "paraître", aux rapports hiérarchiques, à l'image produit, à l'image enseigne, bref, tous ces gens s'agitent huit heures par jour de réunions (produits) en réunions (vente), s'envoient des fax, se téléphonent, restent collés à leur ordinateur pour écrire des rapports bidons pour des supérieurs qui font la compilation de ces rapports afin d'écrire un ultime rapport qui passera au conseil d'administration afin de décider de quelle façon on va te vendre un produit dont tu ne soupçonnais même pas le besoin auquel il correspond. Moi je dis, comme mon homonyme avec un s en plus, Ya Basta ! Je n'ai pas envie de gaspiller ma vie à jouer à ce jeu puéril !
23.25. Ecole de commerce et publicité.
C'est un lieu d'apprentissage pour apprendre à exploiter au mieux la seule mine inépuisable : la connerie humaine ou comment tu feras con-sommer ton prochain. Les techniques deviennent de plus en plus subtiles, on y étudie toutes les facettes du comportement humain. Par exemple, dans les grandes surfaces, comme tu t'en doutes, rien n'est laissé au hasard. Grâce à des études de psychologie, de "merchandising" et de psychosociologie, tout est conçu pour te faire consommer un maximum. Bien évidemment, la publicité utilise tous nos espoirs, nos attentes, nos rêves pour nous vendre du bonheur. Malheureusement, cela marche de moins en moins bien, alors les publicitaires s'attaquent maintenant, aux plus vulnérables, les enfants et les adolescents.
23.58. les gens n'ont que le pouvoir qu'on leur accorde.
Le pouvoir est dans les mains de quelques financiers, politiciens ou actionnaires de multinationales. Certes c'est vrai ! Mais n'oublions pas que les gens n'ont que le pouvoir qu'on leur accorde. Si vous décidez demain, d'arrêter d'acheter toutes sortes de produits dont, dans le fonds, vous n'avez aucun besoin, si vous retirez votre argent de la banque, si vous arrêtez de prendre des primes d'assurance qui n'assure que les vieux jours des assureurs, et de surcroît si vous arrêtez de voter pour le politicien demago qui vous dit ce que vous avez envie d'entendre, alors ce pouvoir tombe instantanément. À ce propos, l'histoire récente du Québec nous donne l'exemple que les structures sociales et les pouvoirs cessent le jour où l'on cesse d'y croire. En effet, le Québec était avant " la révolution tranquille " un des meilleurs exemples de l'obscurantisme religieux du genre que tout ce qui avait paru après la révolution française était à l'index ou presque. Un jour un certain Borduas, écrivit Refus Global et fonda un groupe de peintre au nom de " Automatistes ". Ce livre contribua à la révolution tranquille. Après, le clergé avait perdu toute autorité. Terminé, liquidé le pouvoir des prêtres, plus personne dans les églises pour les écouter. La question est plutôt de savoir si nous sommes vraiment capables de nous assumer, de nous faire confiance, de nous prendre en main. Êtes-vous capables d'assumer votre liberté ?
23.65. On a tout pour être heureux mais pourquoi tant de haine ?
Réduire la durée du travail, tel est le nouveau leitmotiv de la gauche, c'est bien mais ce n'est pas assez. Surtout j'ai appris de la bouche d'un boucher-PDG d'un abattoir, en regardant l'excellente émission Capital sur M6, que la gauche revenait tranquillement mais sûrement en arrière sur son projet de loi des 35 heures. Soyons plus audacieux, essayons d'imaginer un monde où les richesses et le travail seraient simplement un peu mieux répartis qu'aujourd'hui. Constatons d'abord que les chômeurs, les assistés sociaux et autres exclus ne sont que la pointe de l'iceberg de l'inactivité où de l'activité correspondant aux sacrifices d'énergie humaine excédentaire -- le potlatch. Tous ces ingénieurs qui s'évertuent à concevoir et à fabriquer des objets qui cassent plus vite ou qui n'ont aucune utilité. D'autres qui se creusent les neurones à concevoir toute une panoplie d'armes toujours plus performantes (ceux-là feraient mieux d'aller élever des chèvres au Larzac). Tous ces publicistes, ces chefs de produits, ces cohortes de commerciaux qui passent leur existence à s'entre-déchirer pour promouvoir, développer et vendre des produits et des services à l'utilité incertaine. Tous ces banquiers, ces assureurs, ces boursicoteurs qui brassent du symbole d'énergie humaine afin d'en garder le plus possible dans leur poche.
23.67. Monde de pub.
L'incitation à la consommation était interdite ou du moins très
mal considérée dans les sociétés traditionnelles.
La fonction du commerçant se devait d'être une réponse aux
besoins et désirs du client mais pas, comme aujourd'hui, de les créer
et de les stimuler. Le chemin de la sagesse consiste en une libération
progressive par rapport aux désirs, et notre monde de "pub"
obéit à une logique inverse. Cette stimulation constante et frénétique
crée une société de servitude ou l'homme ne connaît
plus ni paix ni repos.